Axel consultant à St Marie

Sœur Marie Joseph sortit de la salle en grommelant. Elle f o r ç a i t le pas à grandes enjambées et son vêtement monacal, sa grande robe noire qui descendait bas sur ses chevilles et le tablier blanc traditionnel de son ordre, volait en désordre tout autour d’elle. Sa coiffe à cornette paraissait avoir du mal à suivre le rythme. Sa démarche contrastait avec le caractère solennel des lieux. Ici, à St Marie, institution vénérable s’il en était, on s’attendait plus à entendre des conversations feutrées et des déplacements précautionneux sous ces boiseries multicentenaires du bâtiment administratif de l’école qui, déjà sous le règne de Louis XIV, accueillait la progéniture en voie d’égarement de la noblesse et de la bourgeoisie fortunée.

La réunion du Conseil d’administration n’avait pas produit les résultats escomptés. Sœur Marie Joseph était directrice de cette grande maison qui accueille des garçons et filles depuis la sixième jusqu’à des classes post baccalauréat. Elle avait donc présenté les nouveautés de la rentrée aux administrateurs de la fondation propriétaire de cette école. Les changements étaient bien modestes. Nul ne songeait, au sein de l’institution, à révolutionner ce qui fonctionnait comme une machine bien huilée. St Marie avait la réputation de réussir à faire travailler même les plus paresseux et les plus récalcitrants des élèves. Certes, ses méthodes étaient franchement « vieille école » mais elles fonctionnaient si bien que nul ne s’en plaignait … sauf peut-être les élèves, mais aucun d’entre eux n’aurait osé rendre publiques ses récriminations, ce serait prendre le risque d’éprouver sur le champ l’efficacité des procédés en cours à St Marie.

En fait d’innovation, il avait fallu se contenter de l’achat d’un nouvel agrès de gymnastique, du renouvellement des quelques manuels scolaires arrivés en bout de course et du remplacement de la photocopieuse avec la perspective de pouvoir reproduire en nombre des textes que les élèves auraient à étudier. C’est à ce moment que la réunion soporifique avait pris une direction inattendue par la directrice.

– « Ne pensez-vous pas, Madame la Directrice, était intervenue Madame de St Foix, l’une des nouvelles administratrices, qu’il serait temps de regarder vers l’avenir ?

– Que voulez-vous dire ?

– La réputation de votre école tient sur l’excellence de ses résultats scolaires. Il ne serait pas bon que ceux-ci baissent pour rejoindre la médiocrité ambiante.

– Nous sommes d’accord là-dessus. »

Profitant de l’assentiment général autour de la table, Madame de St Foix, avait poussé son avantage.

– « Il pourrait être bon de regarder, avant qu’il ne soit trop tard, quelles sont les transformations que nous devrions apporter progressivement aux façons de faire de l’école. Il faut vivre avec son temps ! »

A la grande surprise de Sœur Marie Joseph, la proposition avait recueilli l’assentiment presque général et ceux qui n’étaient pas emballés par l’idée de changer St Marie, éteint restés muets.

Madame de St Foix avait continué.

–« Je ne dis pas qu’il faut révolutionner tout ce qui se passe dans notre bonne vieille école, mais examiner ce qui devrait être amélioré dans les années à venir pourrait être une très bonne idée. »

Sœur Marie Joseph savait quand il était contreproductif de s’opposer ouvertement à un Conseil d’administration. Quand une bataille est perdue, il est préférable de se rallier au camp qui l’emporte et de faire sienne l’idée combattue afin d’avoir la possibilité de la faire évoluer. Madame de St Foix était apparemment venue avec une solution toute prête.

–« Nous pourrions faire appel à des spécialistes des méthodes éducatives qui pourraient observer vos pratiques et nous faire quelques recommandations dont nous déciderions, dans cette instance, du bien-fondé et de leur éventuelle application. »

Sœur Marie Joseph fit contre bonne fortune, bon cœur. La proposition avait pour avantage de lui laisser du temps pour influer sur le contenu des propositions. Madame de St Foix n’était pas encore allée au bout de son idée.

–« Tenez, par exemple, il serait bon de savoir si la rigueur des châtiments corporels appliqués aux élèves désobéissants ou ayant des résultats scolaires insuffisants, sont des facteurs favorisant la réussite scolaire. »

Sœur Marie Joseph pâlit. En fait de châtiment corporel, c’est la fessée que recevaient garçons et filles, quel que soit leur âge, quand leur comportement la rendaient nécessaire. Cette punition était au cœur de l’identité pédagogique de St Marie.

–« Peut-être serait-il également bon de voir si le port de l’uniforme est encore une nécessité, poursuivit Madame de St Foix. »

Madame de St Foix menait une attaque en règle sur les fondements de St Marie. Rien qu’à l’idée de voir les élèves déambuler dans les couloirs en tenue de ville, Sœur Marie Joseph eut un haut-le-cœur. C’est l’autorité des professeurs qui était visée.

Sœur Marie Joseph se rappela alors que Madame de St Foix avait été pensionnaire dans cet établissement, il y a plus de vingt ans. Sans doute gardait-elle quelques souvenirs douloureux de quelques séances de discipline qu’elle avait eu à subir. La directrice se promit de vérifier, dans le dossier scolaire de cette ancienne élève, ce qu’il en avait été. Cette information devait encore se trouver dans les archives à condition de chercher un peu. Il était temps de reprendre la main avant que Madame de St Foix ne sorte de son chapeau un consultant de son choix qui serait alors probablement incontrôlable.

–« Si vous en êtes d’accord, s’empressa de dire la Sœur directrice alors que Madame de St Foix laissait un blanc, je vous propose de trouver avec un laboratoire universitaire en sciences de l’éducation afin de leur commander une étude sur nos méthodes pédagogiques. »

Sœur Marie Joseph avait encore une certaine autorité sur son Conseil d’Administration. Sa proposition qui lui permettait de s’emparer de la situation pour la faire évoluer à sa guise. Elle fut suivie à l’unanimité. Même Madame de St Foix apporta son assentiment à cette suggestion bien qu’elle eût visiblement envie de garder l’initiative. Chacune des deux femmes devait ménager l’autre. Madame de St Foix ne pouvait ouvertement s’opposer à une directrice qui avait donné toute satisfaction jusqu’à maintenant et la directrice ne pouvait négliger une si importante donatrice, même si son arrivée sur ce terrain était récente.

Dès le lendemain, Sœur Marie Joseph s’attela à la tâche. Il s’agissait de trouver un laboratoire universitaire qui acceptait de s’engager dans cette recherche qui devait débuter à la rentrée scolaire, c’est-à-dire dans moins de deux semaines. Les possibilités financières de la fondation résoudraient sans doute facilement cette question. Tous les laboratoires universitaires courraient après ce gendre de contrat de recherche qui leur assurait des subsides bienvenus. Sœur Marie Joseph monterait ainsi sa bonne volonté à appliquer les décisions du Conseil.

Il serait certainement plus difficile de trouver des chercheurs qui ne seraient pas des inconditionnels des méthodes progressistes. Avoir accès à tous les lieux à n’importe quel moment serait une aubaine pour bon nombre d’entre eux. Sœur Marie Joseph les voyait déjà dénoncer publiquement les méthodes qui faisaient la réussite de St Marie. Cela serait fatal. La discrétion avait permis de continuer d’appliquer les mêmes méthodes que celles qui étaient généralisées il y a encore moins de cinquante ans. Les parents y trouvaient leur compte. St Marie permettait de remettre dans le droit chemin leurs e n f a n t s quand tout le reste avait échoué. Beaucoup des élèves, une fois sorti de l’institution, reconnaissaient qu’ils devaient leur réussite à l’autorité qui leur était imposée, aussi douloureuse et embarrassante qu’elle ait pu être parfois.

Sœur Marie Joseph fit appel à une ancienne condisciple de l’université. Celle-ci l’aiguilla vers un laboratoire dirigé par une femme dont les travaux étaient reconnus dans le milieu de l’éducation, la professeur Girard, qui avait une vision traditionnelle de l’enseignement. Madame Bonnet, professeur à l’université fut enthousiasmée par le projet, d’autant plus quand elle comprit de quel genre d’école il s’agissait. Elle assura la directrice qu’elle avait sous la main un post doctorant qui cherchait un terrain de recherche. Il ferait l’affaire. En moins d’une semaine, la convention fut signée et il fut convenu que le consultant se présenterait le jour de la pré-rentrée pour prendre contact avec les protagonistes qu’il observerait durant les quatre prochain mois. Il fut convenu que le rapport final serait rendu avant les vacances de Noël.

C’est ainsi que moi, Axel Fournier, post doctorant, la petite trentaine, je fis mon entrée à St Marie

Axel, consultant à St Marie - chapitre 1

J’ai compris très vite que mon travail ici ne serait pas facile. Chacun s’attachait à me faire comprendre que je n'étais pas particulièrement le bienvenu. Dès ma première rencontre avec l’équipe d’enseignants, cela me fut expliqué on ne peut plus clairement.

En fait d’équipe d’enseignants, c’étaient, pour la plupart des enseignantes dont une grande majorité étaient des religieuses toutes vêtues selon la tradition de leur ordre. Celles qui n’avaient pas suivi cette voie étaient habillées à peine moins strictement.

J’appris, par la suite qu’il s’agissait de professeures laïques qui avaient été choisies pour leur croyance en l’efficacité d’une éducation très stricte. Il était difficile de donner un âge à toutes ces dames, mais elles semblaient au mieux dans leur âge mur. Il y avait quelques professeurs, certains assez jeunes, mais ils n’intervinrent pas dans le débat.

J’étais invité à venir présenter mon projet de recherche lors de la réunion de pré-rentrée. J’avais à peine eut le temps de présenter la méthodologie, qu’une main se leva pour demander la parole.

« Que voulez-vous que nous changions dans nos méthodes alors qu’elles ont fait leur preuve depuis si longtemps ? »

Je me réfugiais derrière le caractère scientifique de la démarche, arguant que je ne pouvais tirer les conclusions avant d’avoir mené à bien tout le travail d’observation.

« Savez-vous, jeune homme, poursuit une seconde, que nous sommes fait une spécialité et une réputation sur notre capacité à remettre dans le droit chemin des élèves en échec scolaire. Vous trouvez, dans les élèves qui ont fait un parcours chez nous, beaucoup de jeunes gens qui avaient été expulsés de nombreux établissement avant de se retrouver chez nous. Regardez leur parcours scolaire, vous serez étonné. Bien entendu, beaucoup d’entre eux ne sont pas dans cette situation, ils viennent pour trouver un établissement d’excellence.

" Effectivement, répondis-je, c’est une donnée importante à prendre en compte. »

Mes réponses exaspéraient mes interlocuteurs. Tout ce qu’elles pouvaient me dire était classé dans les paramètres à examiner. Je croyais m’en être sorti quand la discussion toucha le cœur du problème.

« Nous formons une communauté assez fermée, me dit une religieuse qui était resté silencieuse jusqu’à maintenant. »

Le silence se fit lorsqu’elle prit la parole et je sentais bien que j’avais en face de moi une contradictrice qui était respectée par ses collègues. Elle parlait d’une voix posée, comme quelqu’un qui a l’habitude d’être écouté.

« Nos méthodes pédagogiques, poursuivit-elle, sont légitimes au sein de notre institution, parce que chacun y a sa place, professeurs comme élèves. Chacun y a son rôle. Nous formons une petite société qui a ses règles et sa cohérence. Un observateur qui n’y participe pas, non seulement restera en marge, mais sera également une perturbation dont il est difficile de prévoir les effets. Cela a toutes les chances de rendre caduques vos conclusions scientifiques. »

Je sentis l’ironie qu’elle mettait dans ce dernier terme. Au-delà de cela, je ne comprenais pas bien de quoi elle parlait.

« Sœur Marie Joseph, continua-t-elle, ce jeune homme sait-il quelle type de punition nous utilisons fréquemment ? »

– Cela demande effectivement quelques clarifications. »

La directrice, après avoir laissé s’exprimer les doutes de ses collègues, reprenait la direction des débats.

« Sachez, Monsieur Fournier, que notre système repose sur un ensemble de récompenses et de punitions. Nous sommes très exigeantes envers nos élèves quant à l’ensemble ce qui touche à la vie de notre maison : résultat scolaire, mais également le comportement et bien entendu l’hygiène et la propreté. A chaque qu’il est nécessaire, les élèves, quels que soient leur sexe ou leur âge, sont punis. En général, cela signifie recevoir une fessée qui est presqu’à chaque fois donnée après avoir dénudé le postérieur du coupable. Je parle donc bien de fessées déculottées et nous ne nous cachons pas pour ce faire. Cela se passe là où la fessée est méritée, c’est-à-dire le plus souvent devant les camarades de classes. Les plus grands, même quand ils sont majeurs n’y échappent pas. »

Je restais sans voix. Je m’attendais à une institution rigoriste, mais pas à ce point. En une seconde, je réalisais ce que cela signifiait. Les plus jeunes élèves avaient 10 ou 11 ans. Il était déjà difficile de les imaginer la culotte baissée pour recevoir une fessée. Les plus âgés avaient presque 25 ans. Je ne les voyais pas accepter un tel traitement, qui plus est en public. Quelle humiliation !

« En fait, continua la directrice, notre réussite repose sur le fait que nous concentrons l’énergie des e n f a n t s sur leurs études. Tous les autres besoins sont secondaires. Pour cela, il faut leur faire oublier leur âge et les plaisirs qui vont avec. C’est pour cela que nous les traitons comme des petits e n f a n t s, aussi bien pendant les temps scolaire que dans les autres moments. Je crois que c’est cela qui constitue notre réussite. »

Bien qu’ayant un certain recul sur les questions d’éducations auxquelles je me consacrais depuis plus de dix ans, je ne trouvais pas la faille dans le raisonnement.

« Notre institution est basée sur un système cohérent très efficace. Il est donc difficile d’en changer une partie sans porter atteinte au tout. C’est pour cela que nous sommes assez réticentes à tout changement. Votre présence est donc une menace. Nous ferons donc ce qu’il faut pour que vous ne puissiez pas mettre en danger tout ce travail forgé par nos prédécesseurs et dont nous portons haut le flambeau. »

Cette déclaration avait le mérite de la clarté.

« Je n’ai pas l’intention de compromettre votre travail, répondis-je déstabilisé par l’hostilité du groupe qui se tenait en face de moi. Je m’engage à ne pas vous gêner dans votre travail et je respecterai toutes les limites que vous souhaiterez m’imposer. Je me conformerai à toutes les consignes que vous me donnerez pour me fondre dans le fonctionnement normal de St Marie. »

Cette déclaration fit son effet. Je sentis la tension retomber bien que certaines restèrent méfiantes. Je compris alors qu’elles m’avaient amené là où elles le souhaitaient quand je pris connaissance de ce qu’elles avaient préparé.

« Nous n’avons pas de raison de mettre en doute votre bonne foi. Après tout, cette idée-là n’est pas de vous. Comprenez, cependant, que nous vous accorderons votre confiance à l’épreuve des faits. Par contre, nous ne mettrons pas d’obstacle à votre travail. »

Je hochais la tête pour approuver ce compromis.

« Pour commencer, je vais vous demander de signer ce papier en gage de votre bonne foi. »

La directrice me présenta alors un document dont je pris connaissance.

Je soussigné Axel Fournier, chercheur en sciences de l’éducation, m’engage, durant tout le temps que je passerai à l’institution St Marie ou que je travaillerai sur cette institution à ne jamais interférer dans l’administration d’une punition quelle que soit la personne qui en bénéficie et quelle que soit sa sévérité. Je ne ferai aucun acte, je n’élèverai aucune protestation de nature à mettre en doute leur légitimité ou à empêcher leur administration.

Je m’engage, par ailleurs, à garder la plus stricte confidentialité sur les méthodes employées à St Marie. Je ne pourrai les décrire dans mes publications ou dans celles auxquelles je participerai qu’après autorisation explicite.

Enfin, je m’engage à suivre strictement les recommandations du Conseil des professeurs et de la Directrice en ce qui concerne la façon dont je me comporterai à St Marie.

Fait à St Marie le 31 août 2015.

Rien de tout cela n’heurtait l’éthique de la recherche. Il était habituel, dans des commandes comme celle qui nous avait été passée, que le contenu du rapport soit la propriété exclusive du commanditaire. Je signais donc le document, au soulagement général de mes interlocutrices.

La directrice exigea que je n’aie aucun contact avec les élèves durant le premier mois.

« Il est nécessaire que nous installions les règles de vie en dehors de toute présence étrangère. Si tout va bien, vous serez autorisé à circuler dans notre institution à partir du premier octobre. »

Comme j’émettais une protestation, il me fut rappelé que je m’étais engagé à suivre les recommandations que l’on me donnerait. Je dus reconnaître que cela entrait pleinement dans le champ de la lettre que j’avais signée.

Je me résolus donc à commencer mes observations en chambre. St Marie me facilita le travail en me donnant toute la littérature dont j’avais besoin : histoire de St Marie, compte rendus des Conseils d’administration et des Assemblées Générales, composition de l’équipe enseignante, comptes de l’association, publications diverses, …

C’est en consultant ces documents que je me rendis compte que le visage d’une des professeures de gymnastiques ne m’était pas inconnu. Lors de la rencontre avec les professeurs, je n’avais pas pu mettre un nom sur ce visage qui me disait quelque chose. Je fis quelques recherches avant de reconstituer l’histoire. Celle qui se faisait appeler maintenant Sœur Gabrielle, avait été une judokate de haut niveau. Elle avait fait partie de l’équipe nationale et avait échoué de peu, à plusieurs reprises, à devenir championne du monde. Lorsqu’elle s’était retirée dans un couvent, alors que sa carrière sportive n’était pas finie, cela avait les titres des journaux à la rubrique « sport ». Son parcours de religieuse l’avait menée à St Marie où elle enseignait le sport. Finalement je trouvais cela assez logique. Elle devait avoir une compétence certaine dans la matière qu’elle professait.

Je passais à ce qui me semblait la première vraie étape de connaissance de St Marie, du moins de ce qui était au cœur de la mission qui m’avait été confié : les résultats de cette école étaient-ils aussi bons que le prétendaient les enseignants ? Plus encore, était-il exact que des élèves, en échec scolaire retrouvaient un niveau scolaire bien meilleur suite à leur passage dans l’institution ?

Je demandais alors à pouvoir consulter les relevés de notes et les carnets scolaires des élèves de St Marie. Alors que je m’attendais à des difficultés, des copies de tous ces documents me furent livrés en quelques jours. Je commençais mon travail, un peu fastidieux, de classement et d’analyse de toute cette matière.

Je trouvais assez vite la réponse à ma première question. Le taux de réussite, que ce soit au brevet des collèges ou au baccalauréat était bien au-dessus de la moyenne que ce soit au niveau national ou académique. Il se situait presqu’à la même hauteur que ce qu’obtenaient les grands lycées parisiens. J’étais étonné. Cela ne se savait pas, même dans mon milieu censé être bien informé sur ces questions. Les plaquettes de communication que faisait St Marie n’insistaient pas sur ce point. Sans doute, ne pouvant pas communiquer sur les méthodes employées pour y arriver, les responsables de l’institution préféraient laisser faire le bouche à oreille. Dans cette perspective, ma présence et le travail que je devais faire constituait une prise de risque certaine.

Il me fallait tout de même aller plus loin et vérifier que cette réussite évidente permettait bien à des élèves en échec scolaire de retrouver un niveau satisfaisant. Je fis une étude de cohorte constituée d’élèves d’âges différents à leur entrée à St Marie mais qui arrivaient tous avec des difficultés scolaires évidentes. Il fut vite évident que pour presque chacun d’entre eux, le niveau s’était grandement amélioré et qu’après moins d’un an de séjour à St Marie, il était difficile de les repérer grâce à leur niveau scolaire. Ils étaient dans la moyenne de leur classe, ce qui aurait représenté un bon niveau dans presque tout autre établissement. Certains faisaient même partie des meilleurs élèves.

Je voulais m’assurer, en consultant les compte rendus des conseils de discipline, qu’une politique de renvoi des élèves n’était pas en place. Cela me fut impossible. Personne ne se rappelait quand s’était tenue une telle instance à St Marie.

« Vous comprenez, me dit la directrice, nous intervenons bien avant d’arriver à de telles extrémités. Nous avons des moyens bien plus efficaces pour faire comprendre, à l’élève récalcitrant, que son intérêt réside dans un travail assidu. »

Je sortis ébranlé de cette première partie de mon travail. Je ne pouvais que constater les résultats obtenus. L’honnêteté scientifique m’obligeait à les mentionner dans mon rapport. Il me restait à comprendre comment les Sœurs en arrivaient là.

Pour cela, il fallait pourvoir faire de l’observation en situation. Je dus patienter quelques jours encore puis je reçus l’autorisation de me mêler à la communauté scolaire.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 2

Mes premiers pas dans l’univers de St Marie furent on ne peut plus prudents. Je savais déjà que j’étais sous la surveillance constante des enseignantes qui n’attendaient qu’un faux pas de ma part pour m’expulser loin de leur champ d’action quotidien.

Je fus surpris de la prudence qu’adoptèrent les élèves lors de mon arrivée. J’étais pour eux un objet non identifié, dont le statut n’était pas très clair, dans cet univers où le monde se divisait en deux : ceux qui donnaient la fessée et ceux qui le recevaient. Ils ne savaient pas de quel côté j’étais. Il était difficilement concevable que je sois quelque part entre les deux, là où, normalement, il n’y avait personne.

J’abordais avec précaution les différents espaces de l’école. Il régnait partout une atmosphère de retenue qui dénotait avec la plupart des établissements qui accueillaient des e n f a n t s et des jeunes d’âges équivalents. Il y avait des rires et des courses (uniquement dans la cour) et des chamailleries, comme partout ailleurs, mais chacun, quel que soit son âge, contenait ses réactions et ses émotions en en édulcorant les extrémités les plus exubérantes. Cela donnait l’impression d’une société civilisée où chacun laissait une place à l’autre. Les rivalités qui apparaissent dans beaucoup de groupes d’e n f a n t , étaient ici traitées avec courtoisie.

Il faut dire que les débordements étaient traités avec une promptitude et une sévérité qui me laissa pantois. Lors de la première récréation à laquelle j’assistais, une jeune fille qui devait avoir 15 ou 16 ans, poussa une de ses condisciples qui, perdant l’équilibre, chuta sur les fesses. C’était une réaction un peu vive pour ponctuer une discussion animée. J’étais à proximité et je n’avais pas eu l’impression d’une intention de faire tomber sa camarade. Ce fut à cette occasion que j’ai assisté, pour la première fois à une fessée. L’écho du cri que la jeune fille avait poussé en atterrissant sur ses fesses avait à peine eu le temps de s’éteindre que la Sœur qui surveillait la cour était déjà présente.

« Qui a poussé Delphine, s’enquis la religieuse ? »

Elle n’eut pas à chercher bien loin. La coupable se tenait à proximité, blanche comme un linge, les yeux déjà plein de larmes.

« Est-ce vous Catherine ? »

Il n’y eut aucune tentative de dénégation. D’une voix étranglée, celle qui s’était dénoncée elle-même, confirma son implication. Elle ne tenta pas de se justifier.

« Venez ici, ordonna la surveillante en désignant le sol à ses pieds. »

Catherine, puisque tel était son nom, n’eut pas une seconde d’hésitation. Elle se rendit à la convocation de la religieuse. Celle-ci entoura la taille de la jeune fille de son bras gauche et la courba sous son bras. Elle releva la jupe jusqu’à ce que la culotte de la jeune fille soit totalement dégagée du tissu protecteur qui la dissimulait jusqu’à maintenant. Sans marquer la moindre pause, la surveillante glissa son pouce sous l’élastique de la culotte et le fit glisser jusqu’à mi-cuisses.

Il n’y eut pas une protestation, pas un grognement de protestation ou d’indignation, ni de la part de la punie, ni de de celui des spectateurs qui assistaient à la scène. Pour ma part, je restais abasourdi, mais ce sentiment de stupéfaction ne semblait pas partagé par les personnes qui m’entouraient. La scène que je trouvais ahurissante, paraissait normale et sans doute habituelle pour mes voisins et voisines.

La Sœur leva son bras à hauteur de son visage et abattit sa main sur les fesses de Catherine qui réagit par un cri étouffé. C’est sur l’autre fesse que la Sœur asséna la deuxième claque, puis elle prit un rythme régulier détachant bien chaque claque et en y mettant une énergie certaine.

Les réactions de Catherine se firent rapidement bien plus vives. Elle cria et supplia quasiment dès le début du châtiment. Elle se tortillait sous le bras de la religieuse et elle remontait ses pieds, l’un après l’autre, vers ses fesses nues, comme pour vouloir les protéger sans aller au bout de son mouvement. Ces mouvements réflexes ne gênaient pas l’administration de la correction. Catherine passa insensiblement des cris et des suppliques aux larmes qui coulèrent bientôt sans retenue. Elle s a n g lotait quand la Sœur relâcha la jeune fille.

En se relevant, sa jupe retomba, dissimulant de nouveau ses fesses.

« Relevez donc votre jupe, régit la surveillante, il faut que chacun puisse voir la rougeur de vos fesse. »

Catherine obéit sans attendre. Je n’avais pas prêté attention à ce « détail ». Ses fesses étaient fortement rougies. La main de la religieuse avait suffi pour enflammer le postérieur de Catherine et lui donner une couleur rouge soutenue.

« Allez donc vous mettre au piquet. Vous y resterez, dans cette tenue, jusqu’à la fin de la récréation. Vous êtes une ancienne, vous savez comment cela se passe. »

La jeune fille se dirigeait vers le lieu de sa pénitence quand elle fut rappelée.

« Votre carnet, jeune fille. »

La religieuse tendait la main. Catherine sortit un carnet de la poche située sur le devant de sa jupe et le remit à la surveillante. Puis elle reprit la direction du piquet. Une fois sous le préau, elle mit son nez en contact avec le mur, puis elle coinça l’arrière de sa jupe sous la ceinture dégageant complètement ses fesses. Enfin, elle mit ses mains sur sa tête et se tint immobile.

« Dites-moi, Delphine, interrogea la surveillante en se tournant vers l’autre protagoniste de l’altercation, pouvez-vous m’expliquer ce qui s’est passé ? »

Le malaise de la jeune fille était évident.

« C’est que, ma Sœur, j’étais … enfin c’est … il se trouve que …

– Ce que vous voulez dire ne semble pas très clair, soyez un peu plus explicite.

– Eh bien, … ce n’est pas de ma faute, je ne faisais rien … oui, ce n’est pas moi qui …

– J’attire votre attention, la coupa la surveillante, sur le fait qu’il serait préférable que vous ne mentiez pas. Vous en connaissez les conséquences lorsque le mensonge est découvert. »

La Sœur avait la situation bien en main. Elle laissa passer une poignée de secondes de silence.

" Vous êtes bien consciente que votre version doit être cohérente à celle que Catherine aura l’occasion de me confier, dès qu’elle sera autorisée à quitter le piquet. »

Je vis la jeune fille blêmir. Elle baissa les yeux qui se mouillèrent de larmes.

« Je lui ai parlé de la fessée qu’elle a reçue en classe, ce matin.

– Et c’est tout ?

– Non je lui ai dit que j’avais vu ses fesses."

Comme Delphine ne continuait pas son récit, la surveillante prit le relais.

« En fait, vous vous êtes moqué de votre camarade parce qu’elle a reçu une fessée en classe ce matin. Est-ce bien cela ?

– Oui, ma Sœur, répondit Delphine d’une toute petite voix.

– Vous partagez donc la responsabilité de ce qui s’est passé. Est-ce que je me trompe ?

– Non ma Sœur.

– Bon, nous avons fait un grand pas. Il est donc logique que vous partagiez la punition de votre camarade. Sommes-nous bien d’accord ?

– Oui, ma Sœur. »

La religieuse attrapa la jeune fille par le poignet et la rapprocha d’elle. Elle la ploya sous son coude et, comme elle l’avait fait précédemment, elle releva la jupe pour découvrir largement la culotte de la jeune fille, puis elle la baissa jusqu’au creux des genoux. Elle commença alors la fessée en alternant les claques entre la fesse gauche et la droite. La jeune fille éclata en s a n g lots. Puis, la fessée se poursuivant un petit moment, elle se tortillait et battait des pieds comme sa camarade l’avait fait quelques instant auparavant et comme elle, elle se gardait bien de gêner l’administration de la correction. Elle avait reçu un châtiment équivalant à celui de Catherine, quand la Sœur stoppa l’avalanche de claques, sans relâcher la jeune fille.

« Sachez, jeune fille, qu’à St Marie, tout élève qui se moque d’un autre, en particulier parce qu’il a reçu une fessée, est immédiatement puni. Que cela vous serve de leçon. »

La fessée reprit, ainsi que les cris et les pleurs de Delphine. La surveillante fessait maintenant la jeune fille sur le haut de ses cuisses qui prirent rapidement la même couleur que son postérieur. Aux cris redoublés de Delphine, on pouvait supposer qu’il s’agissait là d’une zone particulièrement sensible.

La fessée achevée, la surveillante redressa la jeune fille.

« Votre jupe ! »

Celle-ci était retombée à sa place, ce que Delphine rectifia le plus vite possible en la relevant au-dessus de ses reins.

« Allez dons rejoindre votre camarade au piquet. Vous y serez sans doute plus compatissante avec les autres quand ils reçoivent la fessée. »

Delphine n’hésita pas elle partit précipitamment vers le piquet. Elle avait fait la moitié du chemin quand elle fut rappelée.

« Revenez ici ! »

La Sœur attendit que la jeune fille fût de nouveau à ses pieds.

–« N’avez-vous pas oublié quelque chose ?

- Oh, fit-elle. »

Elle sortit de la poche de sa pupe un carnet qu’elle remit à la surveillante qui la fit pivoter et lui asséna une série de claque sur les fesses qui ponctuaient chacun de ses mots.

« Quand … on a … reçu une fessée, … on doit … donner son carnet … à la personne … qui a pris … le soin … de vous corriger… est-ce compris…

– Aïe, … oui ma Sœur … aïe … »

Delphine marcha encore plus vite vers le piquet qu’elle l’avait fait la première fois, aussi vite que sa culotte, entourant ses genoux, le lui permettait. Elle y prit la pose, identique à celle de Catherine.

Autour de moi, les conversations reprirent, reléguant cet intermède au rang d’un incident banal. Je fus le seul, me sembla-t-il, à éprouver le besoin de faire part de mon ébahissement et de connaitre le sentiment de mes voisins, une réaction bien naturelle, j’en eus l’impression, pour évacuer la tension créée par un événement singulier et dramatique auquel on vient d’assister de près. Cette correction, une fois terminée, était classée, par tous les spectateurs présents, dans les incidents m i n e u r s. Sauf pour Catherine et Delphine, je le suppose, qui, les fesses exposées et encore largement colorées, pleuraient encore tout en gardant une immobilité parfaite.

A posteriori, je me rendis compte de l’obéissance scrupuleuse aux ordres de la religieuse que supposait une telle scène. Je constatais, durant tout mon séjour à St Marie, que c’était une règle qui ne souffrait pas d’exception. Une demande exprimée par une « grande personne » comme on les appelait dans cette institution, était satisfaite sans délai par l’élève auquel elle s’adressait. Cela s’appliquait, bien évidemment, s’il fallait être déculotté et subir une fessée.

Il est difficile de donner simplement une appréciation sur le rythme des fessées auxquelles j’assistais dans les premiers jours de mon observation. Elles étaient ni extrêmement fréquentes, ni très rares. J’assistais toutefois à plus d’une fessée par jour. Elles se déroulaient dans des lieux les plus divers et à tous les moments de la journée. Chaque faute, quelle que soit sa gravité se concluait par une fessée déculottée donnée immédiatement et sur place par l’adulte qui avait relevé le méfait. La sévérité du châtiment était proportionnée à l’importance de ce qui l’avait motivé.

Je fus le témoin, dès le premier jour, d’une punition dont la rigueur m’impressionna.

J’avais été convié à dîner par la directrice, afin, me dit-elle, que je puisse me familiariser rapidement avec toutes les facettes de la vie à St Marie. Bien qu’étant dans la même salle que les élèves, les professeurs dînaient à part, sur une estrade, ce qui leur permettait de voir ce qui se passait y compris dans le fond de la salle. Si les « grandes personnes » devisaient entre elles, les élèves étaient totalement silencieux. Même le bruit des couverts semblait feutré par les précautions que l’on prenait à les poser.

Dans ce silence recueilli, l’éclat qui retentit au milieu du repas, prit l’allure d’un tumulte. Il était provoqué par un jeune homme qui, tiré par l’oreille, se levait précipitamment du banc sur lequel il était assis. Sœur Danièle qui surveillait le repas amena le garçon au bout de l’alignement de tables. Là, il y avait une chaise inoccupée. Elle s’y assit et sans plus attendre, elle déboutonna le pantalon du garçon et le baissa jusque sur ses mollets.

J’avais cru, tout d’abord, qu’il s’agissait d’un a d o l e s c e n t qui avait poussé prématurément tout en hauteur. Lorsqu’il fut plus près de nous, je rectifiais mon appréciation. Il avait une vingtaine d’années bien passées, sans doute près de vingt-cinq. Il était clair qu’il s’agissait d’une personne majeure.

Sœur Danièle lui baissa alors la culotte.

« Je vois que vos bavardages pendant les repas continuent, mon garçon ! La fessée reçue la semaine dernière n’a pas dû faire suffisamment impression. Elle était sans doute trop clémente. Je vais rectifier cela. Allez donc me chercher la règle ! »

Sœur Danièle désignait le mur, tout à côté de la porte du réfectoire. Il y avait là, suspendue à un clou, une règle plate en bois dont j’estimais la longueur à quarante centimètres. Le jeune homme parcourut la dizaine de mètres qui le séparait de l’instrument requis par Sœur Danièle. On aurait pu croire qu’il était indifférent à l’impudeur de sa tenue, alors qu’il traversait la pièce en offrant à la vue de tous ses fesses nues et son pénis érigé balançait de droite à gauche à chaque pas qu’il faisait. Lorsqu’il passa devant moi, je pus voir distinctement sa pâleur, mais également les larmes qui embuaient ses yeux. Pour lui, la punition avait commencé au moment où Sœur Danièle l’avait déculotté et, à son attitude, on pouvait juger qu’elle était déjà des plus sévères.

De retour près de la religieuse qui l’attendait, il lui tendit l’instrument de son châtiment imminent. Sœur Danièle ne laissa pas traîner l’affaire. Elle le coucha sur ses genoux et la règle commença sa danse sur les fesses du jeune homme. A chaque contact de la règle avec les fesses, il y avait un double écho. Le claquement sec du bois retentissait dans la pièce et était renvoyé avec un léger écho dans toute la pièce. En même temps, le garçon laissait échapper un cri qui emplissait l’espace sonore. Le bruit qui en résultait était amplifié et doublé par l’écho, ce qui augmentait l’impression de sévérité, alors que la correction que recevait le jeune adulte, couché sur les genoux de sa correctrice, n’avait pas besoin de cela pour être impressionnante.

Durant les premiers instants de la fessée, le bruit qu’elle provoquait s’organisait en un rythme régulier : deux temps forts, le son de la règle et le cri du jeune homme, suivis de deux temps faibles provoqués par l’écho. Cela donnait le sentiment de la recherche, par les deux protagonistes se répondant, d’un tempo harmonieux.

Ce fut le jeune homme qui, le premier, rompit cette harmonie. Ses cris se firent plus prolongés, puis ils s’achevèrent en s a n g lots dont le son chevauchait celui de la règle quand elle s’abattait de nouveau sur ses fesses. Puis Sœur Danièle changea de rythme en accélérant considérablement la fréquence des coups de règle qu’elle abattait sur les fesses nues à sa disposition. Il n’y eut bientôt plus aucune harmonie. La fessée continua dans un tintamarre qui soulignait parfaitement la rigueur du châtiment.

Le jeune homme, qui était bien plus grand que sa correctrice, ne cherchait pas à se dégager de cette situation qui était à la fois humiliante et très douloureuse. Il se contentait de battre des pieds, d’écarter puis de resserrer ses jambes. Sœur Danièle ne faisait pas d’effort particulier pour le maintenir en place. Sa main posée à plat sur le dos du garçon servait tout au plus à éviter que la chemise vienne recouvrir les fesses.

J’étais fasciné par la scène qui se déroulait sous les yeux. Je me sentais bien plus concerné que lorsque, pendant la récréation, les deux jeunes filles avaient été corrigées. Là, nous étions tous deux du même sexe et, au premier regard, la différence d’âge entre lui et moi ne semblait pas si évidente que cela. Pendant quelques secondes, je m’imaginais à sa place. S’il m’était difficile de me représenter la douleur provoquée par une telle fessée, je ressentais presque physiquement la honte de me trouver dans une position analogue bien qu’en en étant simple spectateur. Je me sentis rougir ce qui s’amplifia encore quand je me rendis compte que mes voisines pouvaient s’en apercevoir.

La fessée cessa sans que je puisse en estimer la durée. Le jeune homme avait les fesses cramoisies. Il resta en position, sans que ses pleurs se calment, jusqu’à ce que Sœur Danièle lui ordonne de se lever. De retour à la position debout, il semblait bien plus jeune avec son visage inondé de larmes et son sexe qui pendait flasque entre ses jambes.

« Filez au piquet, garçon désobéissant ! »

Sœur Danièle accompagna sa consigne d’une claque de sa main nue sur les cuisses du jeune homme.

« Raccrochez la règle à sa place. Nous en aurons bientôt de nouveau usage. Placez-vous au piquet tout à côté. Au cas où il vous prendrait l’idée de n’être pas parfaitement sage pendant votre pénitence, j’aurai moins loin à aller la chercher. »

Le garçon, ou plutôt l’adulte qu’il était en réalité, resta au coin jusqu’à la fin du repas. Comme les deux jeunes filles l’avaient fait, il conserva une immobilité scrupuleuse.

Le repas, un moment suspendu pendant la correction reprit son cours sans en avoir été exagérément perturbé. La plupart de élèves, après avoir suivi des yeux le déplacement du puni jusqu’au mur où il se tenait maintenant, revinrent à ce qu’il y avait dans leur assiette. J’avais une nouvelle fois la preuve que, d’avoir un élève adulte au piquet, la culotte baissée et les fesses écarlates, ne représentait un événement remarquable pour personne. Cela se déroulait dans l’indifférence générale.

Je remarquais cependant, qu’avant de le libérer, Sœur Danièle réclama quelque chose au jeune homme. Il se baissa et sortit de la poche de son pantalon un carnet qu’il donna à la religieuse. Celle-ci claque les fesses du garçon une bonne vingtaine de fois de chaque côté avant de noter quelques mots sur le carnet qui lui avait été remis. Puis, elle le lui rendit. Il dut alors recevoir l’autorisation de se reculotter, ce qu’il fit avec soin.

Je crois que j’étais le seul à être troublé par l’incongruité de la situation. J’avais du mal à reprendre mes esprits et je restais silencieux jusqu’à la fin du repas. Dès que je le pus, je pris congé auprès de la directrice.

« J’espère que vous avez pu vous faire une idée de nos méthodes et de leur efficacité.

– Oui, Madame, balbutiais-je.

– Je préfèrerai que vous me disiez « ma Sœur », à moi et à toutes les religieuses de cet établissement. C’est l’usage et tout le monde s’y conforme. Est-ce compris ?

– Euh, oui, oui ma Sœur. »

Le ton que la directrice avait employé n’évoquait pas une demande, mais plutôt une exigence. J’avais obéis par réflexe. Encore perturbé par la fessée à laquelle je venais d’assister, je ne me sentais pas les ressources suffisantes pour contester cet acte d’autorité.

J’empruntais les transports en commun pour rentrer dans l’appartement que je louais avec une collègue de l’université et l’un de ses amis.

Je me disais en moi-même que j’avais été chanceux de ne pas avoir eu, durant mon parcours scolaire, à fréquenter ce genre d’établissement. Celui dans lesquels j’avais fait mes études secondaires se contentait de nous infliger des heures de retenue. Je trouvais à l’époque, ce genre de sanction tout à fait disproportionnées et inadaptées à mon âge. Qu’aurai-je pensé dans un établissement comme St Marie !

Je me remémorais les quelques claques reçues sur le fond du pantalon alors que j’étais encore petit. Au regard de ce qui se pratiquait à St Marie, elles ne pouvaient pas être décemment qualifiée de fessée.

A la réflexion, je dus convenir que les élèves s’étaient apparemment adaptés au fait de recevoir la fessée. Cela semblait faire partie de la norme dans cet établissement qui n’était plus questionnée par personne. Chacun s’y soumettait, comme à un mal nécessaire.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 3

Le lendemain était un jour de rendez-vous avec la directrice de mon laboratoire de recherche. Elle resta un moment songeuse après que je lui ai fait part de mes premières observations. Je la sentais réfléchir aux implications de la situation, mais je ne la voyais pas étonnée sur l’emploi de ces méthodes qui, même après une nuit de sommeil, me semblaient toujours aussi décalée avec la norme en vigueur dans la quasi-totalité des établissements. Je me suis alors demandé ce que mon interlocutrice savait des pratiques disciplinaires de St Marie avant que j’y mette les pieds.

Je gardais pour moi mes questions sur le bien-fondé des méthodes employées à St Marie. Nous échangeâmes sur les méthodes à mettre en place pour répondre à la commande qui nous avait été passée.

La question des craintes des religieuses quant aux perturbations que risquait d’apporter ma présence fut largement débattue. Nous arrivâmes à la conclusion qu’il n’y avait pas de solution pleinement satisfaisante. Il était nécessaire que je me fasse discret, dans l’attente de l’émergence d’une idée plus brillante.

Nous conclûmes qu’il fallait que je passe par un inventaire des motifs de punition et de l’examen de leur adéquation avec la sévérité des punitions. Y avait-il une corrélation ? Pouvait-on mettre en évidence de l’arbitraire dans la façon de punir les contrevenants et dans la rigueur du châtiment qui leur était opposé ?

Pour ce faire, il me fallait une observation des plus larges sur les lieux où se déroulaient ces fessées, leurs motifs et leur sévérité.

Le fameux carnet qui jouait un rôle central, restait un mystère qu’il fallait éclaircir.

Je pris le reste de la journée pour formaliser ma méthodologie d’étude de la discipline à St Marie. En fin de journée, je téléphonais à Sœur Marie Joseph pour lui demander de me recevoir dès qu’elle le pourrait. Le lendemain, je me trouvais dans son bureau à la première heure.

–« Ma Sœur, en accord avec ma directrice de laboratoire, La professeur Girard, j’ai besoin d’avoir accès à tous les moments où la discipline s’exerce à St Marie. Je souhaite donc pouvoir assister, de façon durable, à une classe, afin de la suivre toute la journée. En fait, je souhaiterai pouvoir suivre plusieurs classes, peut-être une avec les élèves les plus jeunes et une autre avec des terminales. Il s’agit de pouvoir assister à tous les temps où vous punissez des élèves pour comprendre les logiques et les récurrences des punitions qui leur sont administrées.

– Je ne suis pas certaine que cela va réjouir les professeures aux classes desquels vous assisterez. Je me suis engagé à vous faciliter les choses tant que vous ne perturberez pas le fonctionnement de notre établissement. Je vais donc vous trouvez cela. »

Je m’étais attendu à devoir argumenter pied à pied pour obtenir une présence dans les classes. Je restais assez désarçonné devant la facilité avec laquelle j’avais obtenu gain de cause.

–« Vous dites, poursuivit la directrice, que vous souhaitez accéder à tous les endroits où nos pupilles reçoivent les corrections qu’ils ont méritées. Avec le plan que vous venez de me présenter, vous aurez une impasse difficile à combler. Comment pensez-vous aborder la question de la fessée à la maison ? »

Je ne compris pas tout de suite de quoi elle voulait parler.

–« Mais la fessée à la maison n’est pas une conséquence directe des punitions reçues à l’école.

– Croyez-vous ? Vous ne connaissez pas encore toutes les subtilités du système que nous avons mis en place. Avez-vous remarqué le carnet que chaque élève porte sur lui ?

La conversation s’orientait sur un sujet qui m’intriguait au plus haut point.

–« Toutes les fessées reçues à St Marie sont consignées sur un carnet de correspondance personnel, quel qu’en soit le motif. Il doit nous revenir signé par les parents dès le lendemain. Si ce n’est pas le cas, l’élève reçoit une nouvelle fessée qui est à son tour portée sur le carnet. »

Je comprenais enfin l’exigence du carnet que j’avais notée suite aux trois fessées que des élèves avaient prises sous mes yeux.

–« Bien évidemment, nous exigeons des parents qu’ils administrent une bonne fessée à leur rejeton pour chaque fessée reçue ici, selon le vieux principe : une fessée à l’école, une fessée à la maison. Quand il n’y a ni père, ni mère disponible ou volontaire pour administrer ces punitions, nous demandons à un autre membre de la famille de s’en charger. Quand il n’y en a pas, nous cherchons un tuteur dans le voisinage. Cette suppléance est souvent confiée à un parent d’un autre élève ou d’un ancien élève de notre établissement. »

Effectivement, cette partie-là m’avait échappé.

–« Je ne me vois pas demander à une famille, même à celles qui nous ont confié leur e n f a n t depuis la sixième, de vous accueillir pour assister à une fessée parentale. J’ai peur que cet aspect des choses doive échapper à votre sagacité. »

Cela m’ennuyait. Je voyais bien la directrice de mon labo contester l’ensemble de la méthodologie si je ne trouvais pas comment contourner cet obstacle. Un début de solution commençait à m’apparaitre.

–« Comment faites-vous, ma Sœur, pour les internes ? Echappent-ils à ce principe ?

– Evidemment non, c’est la maîtresse du dortoir dans lequel ils dorment qui se charge de cette discipline.

– Croyez-vous, ma Sœur, qu’il me serait possible d’observer ces fessées dans votre internat. Finalement, c’est l’équivalent de ce qui se passe en famille.

– Vous n’avez pas tort. C’est effectivement plus facile à l’internat. Si nous vous donnons accès aux classes, il n’y a pas de raison que vous ne puissiez observer ce qui se passe avec les élèves que nous hébergeons.

– Puis-je considérer, ma Sœur, que j’ai votre accord ?

– Je pense que nous pouvons considérer que c’est une question réglée. »

J’étais assez fier de moi. J’avais mené ma négociation avec une grande pertinence.

– « Ah, j’y pense, reprit Sœur Marie Joseph, il y a encore un obstacle. »

Avais-je crié victoire trop tôt ?

– « Les portes de notre établissement ferment dès que le dernier externe est sorti. Elles ne rouvrent que le lendemain. Bien entendu, je ne souhaite pas faire d’exception pour vous. »

Il ne fallait pas trop en demander. Résoudre cette question me sembla des plus simple.

– « Vous avez raison, ma Sœur. Il suffit alors que je passe la nuit dans l’établissement durant quelques semaines, un mois tout au plus. Vous devez bien avoir une chambre à mettre à ma disposition. »

La religieuse n’hésita pas. Elle était de très bonne composition et cela était de bon augure pour la suite de mon étude.

– « Cet arrangement est parfait. Vous serez logé dans l’aile réservée aux professeurs laïques. Il y a encore plusieurs chambres de libre. Je préfère vous prévenir, ce n’est pas le grand luxe, c’est même un peu spartiate. Vous devrez entretenir votre chambre vous-même. »

Je la rassurai sur mon niveau d’exigence. Je me présentais le lendemain matin avec un minimum de vêtements et un nécessaire à toilette pour le reste de la semaine. La chambre qui m’était attribuée avait un air des années cinquante, mais elle était propre et disposait d’une douche et de toilette privatives. C’est tout ce qu’il me fallait pour passer quelques nuits à St Marie.

Je voulais profiter de l’autorisation qui m’était donnée dès que possible afin de ne pas laisser le temps aux Sœurs de revenir sur leur décision. Je faisais le pari qu’une fois installé dans les classes, il serait difficile de m’en exclure.

Je choisis au hasard, une classe de sixième. Je prends cependant la précaution d’informer la professeure, Sœur Dominique, que je vais assister à son cours. Apparemment, elle a été mise au courant de l’autorisation que j’ai reçue de la part de la directrice. Elle se contente de froncer les sourcils et de m’autoriser à entrer.

–« Installez-vous au fond de la classe. Je vous demande de vous faire oublier. Pas de bruit, pas d’intervention. Je n’hésiterai pas à vous expulser. »

L’heure de cours commença par le moment où il s’agissait de réciter les leçons. C’était un cours de français. Les élèves avaient eu une poésie à apprendre. C’est une fille qui est interrogée en premier. Elle s’en sortit très bien. Le garçon interrogé ensuite ne réussit pas à aller au-delà du deuxième vers. La Sœur lui demanda de recommencer, mais il n’alla pas plus loin la deuxième fois.

–« Vous ne savez pas votre poésie, n’est-ce pas Valentin ? »

Les yeux du garçon se remplirent de larmes.

–« Pardon, ma Sœur, plaida-t-il. Je l’ai apprise, mais je ne la sais plus.

– Pas de souci, mon garçon. Tu vas être pardonné quand tu la sauras par cœur. Mais d’abord … »

Sœur Dominique fit approcher le garçon en l’amenant à elle en le tirant par le poignet. Il ne résista pas. Elle lui déboutonna le pantalon aussitôt. Puis, elle le ploya sous son bras et fit glisser la culotte jusqu’au milieu de ses cuisses. Valentin tournait le dos à la classe. Nous avions la vue sur ses fesses nues qui se crispaient dans l’attente de la punition. Il n’y eut pas un bruit dans la classe. Je sentais les e n f a n t s attentifs à la scène qui se déroulait sous leurs yeux.

Sœur Dominique ne fit pas attendre Valentin plus longtemps. Elle fit tomber sa main sur les fesses du garçon. Dans l’espace fermé de la classe, cela fit un bruit impressionnant qui me fit ressentir la f o r c e de la fessée, comme si une onde énergétique avait parcouru la salle. Valentin commença à pleurer dès la deuxième claque sur ses fesses. Il ne suppliait pas sa correctrice, il accompagnait juste chaque claque par un « aïe » sonore qui suspendait la monotonie de ses pleurs.

La fessée cessa. J’étais incapable de dire combien de temps elle avait duré. Trente seconde ? Une minute, deux ? Plus longtemps ? La Sœur relâcha le garçon et le dirigea vers le coin. Elle l’y installa alors, tournant le dos à ses camarades, montrant ses fesses nues et rougies. Elle lui donna le livre dans lequel se trouvait la poésie à apprendre.

–« Vous avez quinze minutes pour apprendre cette poésie. Je vous réinterrogerais à ce moment-là. »

La récitation des leçons se passa sans autre incident. Valentin, réinterrogé après ses camarades fut capable, à ma grande surprise, de répondre aux exigences de la professeure. Elle l’autorisa à se reculotter ce qu’il fit sur l’estrade, face à ses camarades. Puis la Sœur le prit contre elle, enfouissant son visage dans sa poitrine. Elle caressa son dos en le consolant.

–« Allons, ce n’est rien. La prochaine fois tu feras plus attention à tes leçons, n’est-ce pas ?

– Oui, ma Sœur, bredouilla Valentin. »

Valentin pleura encore un peu, puis il se calma. Sœur Dominique sortit un mouchoir et elle essuya les larmes qui roulaient sur les joues du garçon et elle lui moucha le nez. Le garçon entoura la Sœur de ses bras et il resta là quelques instants. Il était visible qu’il cherchait un réconfort entre les bras de sa correctrice.

J’étais stupéfait de son comportement. J’aurai volontiers cru qu’il chercherait à prendre ses distances avec celle qui l’avait si douloureusement puni. Il n’en était rien. Il ne semblait y avoir aucun ressentiment envers la personne qui l’avait fessée. Au contraire, il cherchait à se faire consoler. La légitimité de la professeure à administrer une fessée déculottée semblait une évidence. L’attitude de Valentin, mais également celle de ses camarades, le confirmait sans aucun doute possible.

Sœur Dominique le renvoya à sa place avec quelques petites tapes sur les fesses ce qui pouvait passer à la fois pour un encouragement et à la fois pour la promesse d’une prochaine fessée.

Le cours continua sans s’arrêter plus longtemps sur cette péripétie. Un élève avait été fessé. Il l’avait mérité. Cela ne valait pas le coup d’en faire une affaire, c’était un événement trop banal. Il s’agissait, pour la suite du cours d’analyser un texte pris dans le manuel de français. La Sœur avait une façon de faire qui impliquait beaucoup les élèves. Chacun donnait son avis et sa contribution était prise en compte pour constituer une analyse assez singulière.

Cependant, la professeure dut reprendre quelques élèves dont l’attention à ce qui se passait en classe était limitée. J’avais l’impression d’en être la cause. Beaucoup des élèves se retournaient régulièrement pour jeter un œil à ce que je faisais. Je sentais l’irritation de la Sœur monter. Il n’y avait pas vraiment de désobéissance, mais plutôt un intérêt limité pour ce qu’elle disait. La classe, très participative au début devint peu à peu apathique. Alors que deux élèves se retournèrent pour juger de ce que je faisais, Sœur Dominique décida qu’il était temps d’intervenir.

–« Je crois, dit-elle, qu’il est temps que cela cesse. Certes, la présence de Monsieur Fournier change nos habitudes, nous n’avons pas l’habitude d’avoir un observateur dans la classe. Sachez que cela ne doit rien changer à nos habitudes et à notre qualité de travail. Vous avez vu que cela ne m’empêche pas de donner la fessée quand elle est nécessaire. Comme je vous trouve peu attentifs, je préviens le prochain qui se retournera vers le fond de la classe, qu’il sera puni. »

La menace fit son effet, la professeure récupéra l’attention de la quasi-totalité de la classe. La distraction des élèves cessa aussitôt pour se reconcentrer sur le cours de français. Toute la classe resta focalisée sur le texte que proposait la religieuse. Environ dis minutes avant la fin du cours, deux jeunes filles, placées à l’autre bout de la classe se retournèrent vers moi.

–« Oh, pensais-je, en voilà deux qui prennent des risques avec la couleur de leurs fesses ! »

Les choses auraient pu en rester là si les deux demoiselles n’avaient pas insisté. Elles tinrent un court conciliabule derrière leurs mains. Cela se termina en un petit rire partagé qui était bien trop bruyant pour échapper à leur professeure. Inconscientes, elles me jetèrent encore un regard, juste au moment où la religieuse regardait par-dessus son épaule pour savoir d’où venait ce bruit inhabituel.

–« Sarah et Océane, venez ici ! »

Les deux jeunes filles se levèrent et se rendirent à la convocation de leur professeure. Sarah avait blêmit et les yeux d’Océane était déjà pleins de larmes. Elles savaient toutes les deux ce qui les attendait.

–« Il semble que je me sois pas bien fait comprendre quand je vous ai avertis tout à l’heure. Décidément, nous avons aujourd’hui dans cette classe quelques élèves énervés par la présence de notre invité. Y compris des élèves habituellement très sages sont aujourd’hui très dissipés. »

Les deux demoiselles se tenaient à portée de main de leur professeure, nous tournant le dos et la tête baissée.

-« Si je ne me trompe pas, Océane, ce sera votre première fessée.

– Oui, ma Sœur.

– Cela montre que, à St Marie, même les très bons élèves peuvent être punis. Allons, mesdemoiselles, relevez votre jupe ! »

Dans un bel ensemble, les deux jeunes filles obéirent, laissant voir leur culotte blanche. La religieuse attrapa la plus proche d’elle, la courba sous son bras, puis elle lui baissa la culotte. Sarah gémit et je vis ses fesses se crisper. Il n’y eut besoin que de quelques claques de la main nue de sa professeure pour que la jeune fille éclate en s a n g lots. Elle poussait un cri à chaque tape qu’elle recevait. La fessée ne fut pas bien longue, mais les fesses de Sarah avaient pris une teinte rouge soutenu tout à fait uniforme. La Sœur coinça la jupe de la jeune fille à hauteur de sa taille. Cela semblait un geste maintes fois répété.

-« Allez vous mettre au piquet, jeune fille ! »

C’était une routine bien établie. Il n’y avait pas d’hésitation ni de la part de la religieuse, ni de la part de l’élève. Je ne sais pas combien de fois Sarah avait reçu une fessée à St Marie, mais elle savait ce qu’on attendait d’elle. Elle se plaça le nez contre le mur, les mains sur la tête, à côté du tableau. Sa jupe relevée et sa culotte baissée laissait voir ses fesses portant encore les traces de la correction.

–« A votre tour Océane ! »

Il n’y avait que deux pas à faire pour qu’Océane se rende là où la fessée l’attendait. La jeune fille regarda à droite, puis à gauche, espérant sans doute qu’une intervention miraculeuse la sorte du mauvais pas dans lequel elle s’était mise.

–« Océane! gronda la religieuse. »

Cela suffit pour déclencher un réflexe d’obéissance. Une seconde plus tard, la jeune fille était immobilisée sous le coude de sa professeure, laissant ses fesses à la disposition de sa correctrice. Quand cette dernière saisit l’élastique de la culotte, Océane éclata en s a n g lots, mais elle se laissa déculotter sans esquisser le moindre geste de défense.

Autant que je pus en juger, la fessée qu’elle reçut était équivalente à celle de sa camarade quelques minutes plus tôt. Les fesse d’Océane prirent une teinte assez proche de les des fesses de Sarah : unies dans la désobéissance, unies dans la punition.

Océane alla rejoindre Sarah au piquet. C’est deux paires de fesses rouge, mais reprenant peu à peu leur couleur d’origine que toute la classe put contempler jusqu’à la fin de l’heure. Le cours continua son chemin. Cette correction avait ôté toute envie de me porter attention. La professeure disposa d’une concentration sans faille de la part de tous ses élèves.

A la fin du cours, après en avoir reçu l’autorisation par leur professeure, tous les élèves sortirent. Cela se fit en douceur et en silence, sans aucune bousculade. Je m’appétais à les suivre quand je fus interpellé par la religieuse.

–« Pouvez-vous rester un instant, j’aurai à vous parler. »

Je crus comprendre, au ton qu’elle employait, que ce n’était pas une demande, mais un ordre formulé poliment. J’acquiesçais. Sans me prêter plus d’attention, elle se tourna vers les deux jeunes filles qui étaient toujours au piquet.

–« Venez-ici toutes les deux. »

Les deux jeunes filles se retournèrent et elles se réfugièrent dans les bras de leur professeure. Elles y restèrent un court instant, pleurant doucement. Comme elle l’avait fait avec Valentin, la religieuse essuya les larmes qui coulaient sur les joues des deux e n f a n t s puis elle leur moucha le nez. Cela suffit pour faire cesser les pleurs. La Sœur examina les fesses de ses deux punies, y passant sa main pour un léger massage.

–« Bon, il n’y a pas grand dommage sur les fesses. »

Alors, elle remonta les culottes de ses deux élèves et remit leur jupe à sa place.

–« J’ai noté la fessée sur vos carnets. Etre de nouveau punies ce soir vous fera le plus grand bien. Dépêchez-vous de rejoindre votre prochain cours. Il ne faudrait pas que vous arriviez en retard, Sœur Françoise serait obligée de vous fesser. »

Elle donna une petite tape sur la jupe des deux jeunes filles qui sortirent pour rejoindre leur prochaine classe.

–« J’espère, dit-elle en se tournant vers moi, que vous n’êtes pas fier de ce que vous avez fait. »

Le sourire qui avait éclairé son visage durant le moment de tendresse partagé avec les deux jeunes filles, avait disparu. Elle avait repris un air sévère.

–« Je … je ne …, commençais-je en bafouillant, c’est que … je n’ai rien fait … je ne vois pas ce vous … enfin … ce que vous voulez dire.

– Eh bien, moi, je pense que vous savez parfaitement ce que je veux dire. C’est tellement flagrant. Il semble que vous cherchiez à vous sortir de la situation en mentant effrontément. En d’autres circonstances, j’aurai dû m’occuper de ce mensonge. Mais passons. »

Je ne savais plus comment me comporter devant la colère de Sœur Dominique. Je savais au fond de moi qu’elle avait raison.

–« Vous avez perturbé mon cours et c’est votre présence qui a été la cause de la fessée que Sarah et Océane ont reçue. Je comte, à l’avenir sur votre discrétion. Faites-vous oublier ! »

Je restais sans mots devant elle.

–« Si vous devez rejoindre le prochain cours, il est temps que vous y alliez. Il doit être commencé.

– Merci, Ma Sœur, réussis-je à bredouiller. »

Axel, consultant à St Marie - chapitre 4

Lorsque j’arrivais à la porte de la salle dans laquelle se déroule le cours suivant. Celle-ci était déjà close. Le cours avait commencé. J’étais en retard. Comme un flash, il me revint à la mémoire ce que Sœur Dominique avait promis aux deux jeunes filles au cas où elles se mettraient dans une telle situation : « Sœur Françoise serait obligée de vous fesser. » Je sens monter une angoisse que je n’arrive pas à contrôler.

« Bon, pensais-je en moi-même, il est sans doute préférable que je fasse l’impasse sur ce cours, il ne va rien s’y passer d’intéressant. »

Je me ressaisis, au prix d’un effort de volonté.

« Tu te comportes, me sermonnais-je intérieurement, comme si tu risquais de recevoir une fessée. »

La remontrance de Sœur Dominique m’avait impressionné plus que je ne voulais bien me l’avouer. Je ne pouvais cependant pas me laisser dicter ma conduite par des craintes irraisonnables. Dans mon plan d’étude, j’avais décidé d’être présent pour ce cours, il n’en serait pas autrement. Raffermi par ce conciliabule intérieur, je frappais à la porte.

« Entrez ! »

Je ne fis que deux pas dans la classe avant de m’immobiliser sur place. Sœur Françoise tenait un garçon allongé sur ses genoux. Il avait la culotte baissée et les fesses déjà bien rouges. Il s a n g lotait doucement.

« Ah, Monsieur Fournier, on m’avait annoncé votre présence. J’étais étonné de ne pas vous voir. Permettez que je règle d’abord le petit différent que j’ai avec ce jeune homme ? »

La fessée reprit et le garçon se mir à pleurer bruyamment et à battre des pieds. Il se tortillait sur les genoux de sa correctrice, mais comme pour toutes les fessées dont j’avais été témoin, il ne cherchait pas à se dégager de la position disciplinaire dans laquelle il avait été mis. Elle remit le garçon sur ses pieds et sans un mot elle lui désigna le coin de la classe. De la démarche dandinante qu’adoptaient tous les e n f a n t s quand ils devaient se déplacer la culotte baissée, le jeune homme rejoignit l’espace qui lui était assigné, le nez dans le coin et les mains croisées dans le dos.

Je fis un pas, pensant que Sœur Françoise touerait maintenant son attention vers moi. Je fus arrêté par un regard courroucé.

« Mademoiselle Camille, je vous ai entendu souffler une réponse à votre camarade.

– Oh, non ma Sœur !

– Comment ? Vous prétendez que je me trompe !

- Non, ma Sœur, répondit la jeune fille en baissant la tête.

– Bon, il est préférable que vous ne rajoutiez pas le mensonge à votre faute initiale. »

Sœur Françoise laissa un petit blanc s’installer, pendant lequel elle fit des yeux le tour de la salle. Elle finit par moi et comme l’avait fait tous les e n f a n t s, je baissais les yeux.

« Mademoiselle Camille, il est tout à fait improductif de donner à votre camarade, Mathis, des réponses qui lui seront inutile pour savoir durablement le contenu de ses leçons. Je gage que demain, quand je le réinterrogerais, il saura répondre sans faute. La fessée de ce matin et celle qu’il recevra ce soir à la maison auront produit leur effet, bien plus que ce que vous avez tenté de faire. »

Je voyais la jeune fille se décomposer sous le sermon de sa professeure.

« Ce que vous avez tenté est non seulement inefficace, votre camarade pourrait avoir l’illusion qu’il connait ses leçons et cela lui fera défaut à la première occasion ; mais de plus c’est explicitement interdit dans cet établissement. »

Sœur Françoise, au-delà du blâme adressé à Camille, expliquait à tous les élèves la vision de l’éducation en cours à St Marie. Elle s’eff o r ç a i t de faire comprendre à tous les élèves l’importance de ce qu’elle disait.

« Certes, cela partait d’un bon sentiment : épargner une fessée à votre camarade, mais en réalité vous lui avez nuit, non seulement dans la maîtrise de sa leçon, mais également parce qu’il n’aurait alors pas pu tirer profit de la fessée que je viens de lui donner. »

Le raisonnement était limpide, à la portée des jeunes oreilles que Sœur Françoise avait devant elle. Je ne trouvais pas de faille dans l’analyse que la religieuse venait d’exposer. Cela était tout à fait central pour mon rapport. J’étais impatient de noter ces phrases afin de ne pas les oublier.

« Pour n’avoir pas respecté le règlement de l’établissement et pour avoir nuit à votre camarade, il me parait normal que vous alliez le rejoindre, n’est-ce pas Camille ? »

Camille bredouilla quelque chose que nous n’entendîmes pas.

« Que dites-vous Camille ?

– Oui, ma Sœur.

– Il ne me reste plus qu’à appliquer ce qui est juste et mérité. Venez-ici, Camille ! »

La jeune fille vint se placer d’elle-même debout, à la droite de la chaise sur laquelle Sœur Françoise était toujours assise. Elle allongea Camille en travers de ses cuisses, relava sa jupe dans son dos et lui baissa la culotte. Elle lui administra une fessée énergique à laquelle Camille réagit tout de suite par des plaintes, des promesses de s’amender qui s’achevèrent quand les s a n g lots ne laissèrent plus à Camille le loisir d’articuler distinctement une quelconque parole. Ses pieds battirent l’air en vain tout au long de la correction. Elle ne fut pas particulièrement longue, mais on sentait bien qu’elle avait porté ses fruits, bien entendu pour Camille, mais également pour tous les élèves devant lesquels elle s’était déroulée. Je me surpris à me promette de ne plus jamais souffler de réponse à qui que ce soit.

Sœur Françoise prit le temps de passer le bas de la jupe de la jeune fille sous la ceinture afin de la maintenir relevée quand la jeune fille se retrouvera sur ses pieds. Sur l’indication de sa professeure, elle alla occuper l’autre angle de la pièce, celui qui était encore disponible.

Sœur Françoise se tourna alors vers moi. Une irrépressible bouffée d’angoisse monta dans ma gorge : pour mon retard, Sœur Françoise allait-elle me donner la fessée devant toute la classe ? Allait-elle me déculotter ? Me mettre au coin avec les deux précédents punis ? Je ne songeais pas un seul instant que mon statut me permettrait d’éviter cette punition.

–« En retard ! Vous avez de la chance de n’être pas un de mes élèves ! »

Elle me fixait droit dans les yeux. Je me réussis pas à soutenir son regard plus de quelques secondes, je baissais la tête. Je me rendais compte que j’avais tout d’un élève sur le point d’être puni. Satisfaite de l’ascendant qu’elle avait pris sur moi, elle m’ordonna :

« Allez vous asseoir à la table au fond de la classe. Je ne veux pas vous entendre. »

Sans un mot, en faisant le moins de bruit possible je pris place.

Je restais un petit moment inoccupé, le temps de récupérer de l’angoisse que j’avais ressenti. Je m’étais cru sur le point d’être puni comme il était de règle à St Marie : une bonne fessée déculottée. Cela s’était passé dans ma tête, mais j’avais eu l’impression, un petit moment, que c’était réel. Cela avait consommé, en un instant, une bonne partie de mon énergie.

L’atmosphère qui régnait dans l’établissement imprégnait tous mes raisonnements. Lucidement, je remarquais que j’avais craint de recevoir la fessée dans des situations où, si j’avais été un élève, j’aurai certainement été puni. Il s’agissait, en fait d’une conséquence de mon sentiment de culpabilité. J’espérais que cela n’avait pas transparu dans mon attitude. Si j’en juge par la façon dont Sœur Françoise s’était adressé à moi, il ne fallait pas me faire trop d’illusion. Elle n’avait pas explicitement évoqué la perspective d’une fessée, mais ses allusions ne laissaient aucun doute.

Après quelques temps d’introspections, je couchais sur le papier mes observations. Je tenais maintenant pour quasi certaine l’efficacité de la fessée sur le niveau scolaire des élèves. L’étude statistique que j’avais menée concordait avec mes observations, en particulier la facilité avec laquelle les élèves apprenaient leurs leçons après avoir reçu une fessée. Il était également de plus en plus patent que la légitimité des sœurs à administrer la fessée, quand elle était méritée, n’était contestée par personne. Les élèves étaient les premiers à le reconnaître. Ils cherchaient à être pardonnés par la personne qui les avait corrigés.

Cela construisait un environnement où les temps de sévérité alternaient avec les moments d’affection partagée. Il n’y avait donc pas de sentiment de v i o l ence latente dans l’air à St Marie, l’atmosphère était plutôt détendue, y compris pendant l’administration des fessées. A ces moments-là, l’attention à ce qui se passait était forte, la soumission des punis donnait plus le sentiment d’un acte de justice que de v i o l ence. Bizarrement, même les punis distillaient cette impression.

Je fus ramené à ce qui m’entourait quand Sœur Françoise interpella un garçon.

–« Romain, je suis curieuse de voir ce que vous venez de passer à votre voisin. Apportez-moi donc ce papier. »

Romain récupéra la note dans les mains de son voisin. Il se dirigea, le plus lentement possible vers sa professeure.

–« Faut-il que je vienne vous chercher afin que vous mettiez un peu plus d’entrain à venir jusqu’ici ? »

Romain accéléra nettement le tempo. Il fut donc rapidement au pied de l’estrade sur laquelle se tenait sœur Françoise.

–« Montrez ! lui fut-il ordonné. »

Romain lui remit le papier. Sœur Françoise prit connaissance de son contenu, puis elle le posa sur son bureau. Elle me jeta un regard rapide avant de porter son attention sur Romain.

–« Est-ce vous Romain l’auteur de cette missive ?

– Oui, ma Sœur.

– Vous en assumez donc la responsabilité ?

– Oui, ma Sœur. »

Je sentais bien que Romain abondait à contrecœur aux affirmations de sa professeure.

« Je ne vois pas le rapport entre ce qui est écrit sur ce papier et la civilisation grecque que nous étudions actuellement en histoire. Pouvez-vous me l’expliquer ? »

Romain baissa les yeux, mais il restait silencieux.

« Dois-je comprendre dans votre silence, qu’il n’y en a pas ?

– Oui, ma sœur.

– Vous vous permettez donc d’occuper votre esprit à tout autre chose que le sujet qui, en principe, nous intéresse tous. »

Romain, les yeux baissés ne disait plus un mot.

« Il me semble que cela doit être considéré comme une inattention grave. Etes-vous d’accord, mon garçon ?

– Oui, ma Sœur, répondit Romain d’une toute petite voix.

–Etes-vous au courant que dans cette école, il y a des punitions prévues pour les élèves qui sont occupés pendant le cours à tout autre chose que ce qu’ils devraient faire ? »

Romain restait silencieux. Sœur Françoise se baissa pour administrer une claque sur le haut de la cuisse du garçon.

« Je vous ai posé une question, jeune homme, j’attends une réponse.

– Oui ma sœur, je le sais »

Sortant de l’empathie que je pouvais avoir avec ce grand garçon qui, très probablement, allait recevoir une fessée, je remarquais, qu’une fois de plus la religieuse avait amené le garçon à admettre le bien-fondé de la punition qu’elle avait décidé de lui donner. Je fis l’hypothèse que cela faisait partie de la méthode qui permettait à chacun d’accepter la correction qui lui était promise, y compris quand on en était l’un des deux acteurs principaux, celui dont les fesses étaient sur le point d’être grandement échauffées.

« Eh bien il ne vous reste plus qu’à recevoir votre punition. »

Sœur Françoise fit monter, à Romain, la marche qui lui permettait de se trouver sur l’estrade. Tenant le garçon par la main, elle l’emmena vers la chaise sur laquelle elle prit place. Rien n’avait bougé depuis la précédente punition. Apparemment, c’était la place habituelle de ce siège qui restait là, le lieu où s’administraient les punitions.

Elle déboutonna le pantalon du garçon et le fit glisser jusqu’à ce qu’il passe en dessous de ses genoux. Puis, elle descendit la culotte qu’elle laissa juste au-dessus des genoux de Romain. Le jeune garçon laissa Sœur Françoise le coucher, à plat ventre, en travers de ses cuisses qu’elle avait écartées pour ménager une plateforme sur laquelle reposait maintenant le buste du garçon. Romain avait laissé la religieuse le positionner comme elle le désirait. Dès que sa culotte avait été baissée, il s’était à pleurnicher en sourdine.

La main de Sœur Françoise s’abattit et cela fit un bruit retentissant qui traversa la classe. Puis, régulièrement, en détachant bine chaque claque l’une l’autre, elle fessa le garçon. Comme à chaque fois, celui-ci arrêta bien vite les supplications pour passer à des s a n g lots bien nets. Comme à chaque fois, il nattait des pieds dans le vide, mais sans entraver l’administration de la fessée. Comme à chaque fois, ses fesses rosirent, puis rougirent, jusqu’à prendre une couleur uniforme. Sœur Françoise persista encore un petit moment, puis elle cessa.

Romain continuait à pleurer comme si la fessée continuait. Il avait toutefois cessé les gestes désordonnés que faisaient ses jambes et il restait passif sur les genoux de la religieuse. Il était clair qu’il avait reçu une punition qu’il n’oublierait pas et qu’il hésiterait probablement à plusieurs reprises avant de chercher à faire passer un papier à l’un de ses voisins.

Puis, ses pleurs se calmant, sœur Françoise le releva. Elle pointa du doigt le mur à côté du tableau.

« Je suis désolée, Romain, mes vos deux camarades occupent les deux coins libres de la pièce. Il n’est pas aussi courant d’avoir autant de punis dans cette classe. Je n’ai que le piquet à vous offrir. Ce sera donc les mains sur la tête. »

Romain s’exécuta. Les mains croisées sur le haut de son crâne, il marcha vers le mur, y posa son nez et il ne bougea plus. Seuls quelques gros s a n g lots résiduels lui soulevaient encore de temps en temps la poitrine.

Le cours d’histoire reprit. Les trois punis étaient oubliés dans leur lieu de pénitence. Au bout de quelques minutes, Sœur Françoise regarda sa montre.

« Bon, fit-elle, mes deux premiers punis ont passé un bon quart d’heure au coin. Il est temps qu’ils réintègrent la classe. »

Puis, elle appela Mathis qu’elle fit venir près de la chaise sur laquelle elle avait repris place. Elle prit les mains du garçon dans les siennes. Elle déposa un bisou sur son front, puis elle lui fit faire un quart de tour. Elle posa la main sur les fesses nues du garçon, et elle les caressa en un léger mouvement de massage circulaire. Elle rapprocha le garçon d’elle et il posa sa tête sur l’épaule de la religieuse.

« Encore un peu rouges, juste ce qu’il faut pour se souvenir de bien apprendre ses leçons ce soir, n’est-ce pas, Mathis ?

– Oui, ma Sœur.

– Bon, j’espère ne pas avoir à recommencer demain, qu’en dis-tu ?

– Oh non, ma Sœur. »

Elle tapota doucement les fesses du garçon, puis, elle remonta sa culotte et réajusta son pantalon.« Retourne à ta place ! »

J’eu l’impression que c’était à regret que Mathis quittait les bras de Sœur Françoise. Il poussa un gros soupir avant de regagner sa place.

–« Camille, je t’attends ! »

Les mains toujours croisées dans son dos, la jeune fille vint chercher le réconfort auquel, apparemment, tout puni avait le droit dans cette classe. Elle posa son visage sur l’épaule de Sœur Dominique et des petits s a n g lots secouèrent sa poitrine.

« Allons, allons, ma grande fille, gronda doucement Sœur Françoise, ce n’est pas si grave que cela. Ce n’est pas la première fessée que tu reçois à St Marie. Je me rappelle t’en avoir déjà donné une, dans la première semaine d’école et tu en auras d’autres. Même pour une bonne élève comme toi, une fessée de temps en temps fait beaucoup de bien, n’est-ce pas ? »

Camille, le visage hocha de la tête, toujours posée sur l’épaule de la religieuse, pour marquer son accord. La main de Sœur Françoise massait toujours doucement les fesses de la jeune fille.

« Aller, cela suffit ! »

Sœur Françoise remonta la culotte de Camille, puis elle remit sa jupe en place et, faisant pivoter la jeune fille, elle la renvoya à son pupitre.

Une dizaine de minutes plus tard, Romain eut également le droit à son câlin auquel il s’abandonna dans les bras de Sœur Dominique.

Le cours fut studieux jusqu’à la fin de l’heure.

Quand la cloche annonça la fin de l’heure, Sœur Françoise demanda aux trois punis de la matinée de lui apporter leur carnet de correspondance.

« J’espère que Maman ou Papa n’hésiteront pas à vous fesser ce soir pour vous rappeler qu’à St Marie, ce sont des e n f a n t obéissants et travailleurs que nous voulons. Pour toi, Mathis, je suis sûre que Sœur Catherine saura te chauffer les fesses, ce soir dans le dortoir. »

Chacun fit une grimace à la pensée de la fessée qui les attendait une fois les cours de la journée achevés. Puis tous les élèves sortirent en silence et en bon ordre, comme il était attendu qu’ils le fassent.

Je les suivais, espérant me faire oublier de la religieuse.

« Une seconde, Monsieur Fournier, il faut d’abord que vous voyez cela. »

Sœur Françoise me tendait le papier qui avait été la cause de la fessée de Romain.

« Lisez, me dit-elle. »

Il y avait juste une phrase écrite d’une main juvénile :

Je te parie que le grand au fond de la classe va prendre une fessée avant la fin de l’heure. Tenu ?

« Vous voyez, me dit Sœur Françoise, ce papier pose deux problèmes que je ne sais pas encore résoudre. Le premier, c’est que vous perturbez la classe. La présence inhabituelle d’un étranger à la classe incite certains élèves à être inattentifs pendant les cours. Au-delà du fait que cela nuit à leurs études, leur distraction les conduit tout droit vers la fessée. Il est habituel, à St Marie de donner la fessée aux e n f a n t s qui la méritent, mais nous ne souhaitons pas qu’elle soit trop fréquente. Une bonne fessée de temps en temps ramène l’ensemble des élèves à une obéissance et une assiduité à leur travail. Si elles deviennent trop fréquentes, elles pourraient être ressenties, par les e n f a n t s, comme de la maltraitance. Passé le premier mois, la fessée pour comportement inapproprié devient rare. Il reste celles liées aux résultats scolaires, mais celles-là, nous ne souhaitons pas qu’elles disparaissent. Nous montons tout simplement notre niveau d’exigence. S’il reste trop de fessées pour des raisons de comportement, nous ne pourrons pas le faire. C’est là où votre présence est gênante, si elle nous oblige à fesser certains de ces garnements uniquement parce que votre attitude dans nos classes les perturbe. Comprenez-vous ? »

Je n’avais pas imaginé que le système en œuvre à St Marie fût si complexe. J’étais loin de tout avoir découvert sur sa subtilité.

« Oui, ma Sœur.

– Il reste un second problème qui a été finement remarqué par Romain. Comment se fait-il que vous bénéficiez d’un régime de faveur ? Les professeurs ne se le permettent pas. Cela fait partie de notre éthique professionnelle. Les élèves qui se le permettent sont fessés. Et vous ? »

Sœur Françoise laissa durer un blanc, suffisamment longtemps pour que je commence à me sentir mal à l’aise.

« Je vois que vous n’avez pas de réponse. Cela ne m’étonne pas. Je suis certaine que vous n’aviez, jusqu’ici, pas pensé à tous ces aspects qu’implique votre séjour parmi nous. Que doit faire un professeur la prochaine fois que vous arrivez en retard ? Maintenir vos privilèges ? Vous déculotter et vous fesser ? Je dois avouer que je l’ai envisagé à votre entrée dans ma classe. C’est bien sûr valable pour les retards, mais également pour toutes les règles en vigueur à St Marie : l’attention en classe, la politesse, une tenue négligée, … Vous ne vous imaginez pas le nombre de règles que savent respecter nos élèves. »

La pause marquée une nouvelle fois par Sœur Françoise me laissa le temps de craindre qu’elle décide finalement de me fesser.

« Réfléchissez à tout cela, mais soyez bien conscient que votre statut singulier ne peut pas durer. »

Sur ce, elle me congédia.

Je me dirigeais machinalement vers le cours suivant. Quand j’arrivais devant la porte, elle s’était déjà refermée sur le groupe d’e n f a n t s certainement depuis plusieurs minutes. J’étais de nouveau en retard. L’angoisse qui m’avait assaillit devant la porte de la classe de Sœur Françoise remonta de mon estomac et resta coincée dans ma gorge. Je ne me sentais pas disposer des ressources nécessaires pour affronter une nouvelle arrivée en retard. Et si la sœur qui se tenait derrière cette porte fermée décidait de me donner une fessée ? Je préférais rentrer chez moi pour réfléchir sereinement à la situation, ma chambre à St Marie ne me semblait pas le lieu adéquat.

Je retrouvais la maîtrise de mes pensées, devant une tasse de café, une fois de retour dans mon appartement. Mes colocataires n’étaient pas là, j’avais donc tout le temps pour faire le point. Assez vite, j’arrivais à la conclusion qui s’imposait. Si les élèves étaient aussi dissipés par ma présence, c’est à cause de la différence d’âge qui nous séparait. Je dénotais dans le paysage. Avec des élèves plus âgés, ma présence passerait certainement plus inaperçue. Il suffisait donc que je poursuive mes observations dans une classe de terminale. Je résolu de mettre en œuvre cette décision dès le lendemain.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 5

Je me dépêchais, le lendemain matin, de me rendre au bureau de la directrice afin de négocier ma présence dans une classe de terminale. La directrice n’était pas là, mais sa secrétaire, Sœur Marie Madeleine, répondit obligeamment à ma demande.

–« Sœur Marie Joseph, la directrice m’a laissé des consignes afin que je vous facilite l’accès aux classes. Vous dites, une terminale … voyons ce que nous pouvons vous trouver … voilà, je crois que cela ira. Je vous propose une terminale scientifique. C’est Sœur Thérèse qui les a pendant les deux premières heures pour les matières littéraires. Elle enseigne non seulement le français, mais également l’anglais, l’histoire et la géographie. Je ne suis pas certaine qu’elle vous accueillera les bras ouverts, mais je pense qu’elle vous laissera accéder à sa classe. En troisième heure, c’est Sœur Gabrielle pour l’éducation physique. Là, je suis sûre que cela ne posera pas de problème.

– Où puis-je les trouver ?

– A cette heure-ci, ils sont encore dans la cour. Vous pourrez ainsi vous présenter à Sœur Thérèse. »

Je la remerciais et je me hâtais pour rejoindre la classe afin de ne pas être en retard.

Je réussis à trouver Sœur Thérèse avant que la cloche ne sonne le début du cours. L’accueil ne fut pas aussi froid que ce à quoi je m’attendais.

–« Votre expérience d’hier ne vous a pas découragé. Vous êtes persévérant. Je mets cela à votre crédit. Il est vrai que ce ne sont pas vos fesses qui sont en première ligne. Vous pouvez vous permettre d’être tenace tant que ce sont les autres qui sont punis. »

Mes mésaventures de la veille étaient visiblement connues de tout le corps professoral.

–« Je tiens à ce que vous ne dérangiez mon cours que le moins possible. Vous devez vous fondre dans la masse et vous faire oublier. Votre tenue ne vous facilitera pas les choses, mais je crains que nous devions faire avec. »

Sœur Thérèse tenait à ce que tout soit clair avant de m’intégrer dans sa classe.

–« Vous vous mettrez dans le rang, mais en dernière place. Je tiens à ce que vous aligniez votre comportement sur celui des élèves. »

Sur ce, la clocha sonna pour inviter à monter en classe. Il suffit d’un claquement de mains de Sœur Thérèse pour que tous les élèves de sa classe se rangent deux par deux en adoptant un silence absolu. En fait, le silence s’était fait dans toute la cour. Toutes les classes étaient parfaitement alignées, les élèves attendaient silencieusement les consignes de leurs professeurs. Ce silence complet, observé par plus de mille personnes si j’en croyais les effectifs de St Marie, était étourdissant. J’eu un frisson dans le dos en songeant au contrôle que cela supposait sur cette communauté de jeunes gens.

–« Avancez, ordonna Sœur Thérèse. »

Comme une seule personne, chacun suivant son prédécesseur de près, la classe de terminale C suivit Sœur Thérèse qui avait pris la tête du rang. La classe s’arrêtait quand Sœur Thérèse s’arrêtait, elle redémarrait quand Sœur Thérèse le décidait, sans qu’elle ait un seul geste à faire ou un seul mot à dire.

Je fus distrait par une religieuse qui grondait un élève. Cela sentait la fessée. Je ralentis juste un peu et quand je tournais de nouveau les yeux vers le rang que je suivais, il avait déjà pris une dizaine de mètres d’avance sur moi. Sœur Thérèse s’était retournée à ce moment-là. Je la vis froncer les sourcils et à son regard noir je compris qu’il était préférable que je rejoigne le rang au plus vite.

L’installation dans la classe se fit avec une discipline tout aussi rigoureuse. C’est à peine si l’on entendait le bruit des cartables posés sur le sol. Sœur Thérèse me désigna une table au dernier rang. Je m’y assis. C’est alors que je remarquais que chacun se tenait debout à côté de son pupitre, les bras croisés. Précipitamment, je me relevais et pris la pause qu’avait adoptée tous les élèves.

« Asseyez-vous ! ordonna Sœur Thérèse. »

Je n’avais jamais « entendu » si l’on peut dire, un tel silence alors que trente jeunes gens prenaient place à leur table de travail.

« Comme habituellement, nous commencerons par réciter les leçons, annonça Sœur Thérèse. Voyons cela … qui n’a pas été interrogé depuis longtemps ? »

Ses cogitations furent interrompues. On frappait à la porte.

« Entrez ! »

Sœur Thérèse laissait entr a p e rcevoir son étonnement. Une religieuse entra, tirant derrière elle une élève qui devait avoir sans doute un peu plus de vingt ans. Un murmure parcourut la salle :

« C’est Magali, elle est encore en retard !

- Silence ! »

Sœur Thérèse n’avait pas f o r c é sur sa voix, mais l’autorité qui émanait d’elle avait fait le travail. Tous les élèves furent réduits au silence.

« Sœur Thérèse, cette demoiselle fait-elle partie de votre classe ?

– Bien sûr répondit Sœur Thérèse. »

J’ai su par la suite que l’interlocutrice de Sœur Thérèse était la sœur portière, celle qui était chargée de gérer les entrées et les sorties de l’établissement.

« Cette jeune fille s’est présenté à la porte de l’établissement quelques minutes après leur fermeture. Elle a tenté de m’amadouer afin que je la laisse entrer. J’ai failli l’envoyer en salle des retardataires pour qu’elle y reçoive la fessée comme elle la mérite, mais je me suis dit que vous préféreriez sans doute régler cette question du retard avec elle.

– Je vous remercie, ma Sœur. Effectivement je vais me charger de cette demoiselle. »

La sœur portière contourna la jeune fille et après avoir soulevé la jupe de Magali, elle lui donna une claque sur la cuisse.

« En classe ! proclama-t-elle.

Sous l’impact, Magali fit un pas à l’intérieur de la classe. La sœur portière referma la porte, laissant Magali aux bons soins de Sœur Thérèse. Celle-ci n’hésita pas. Elle se dirigea vers Magali qui ne bougeait pas. Ses yeux étaient écarquillés, la peur se voyait clairement dans l’expression de son visage. Sœur Thérèse prit l’oreille de la jeune fille entre ses doigts, la f o r ç a nt à se courber pour suivre sa professeure. Sœur Thérèse l’amena sur l’estrade.

« Relevez votre jupe, Magali. Vous savez ce qui vous attend. »

Magali jeta un œil derrière elle, comme pour confirmer qu’elle allait montrer sa culotte à toute la classe. Cela ne retarda que de quelques secondes, le moment où elle releva sa jupe au-dessus de ses reins. Elle portait une culotte blanche de coton qui faisait partie de l’uniforme de St Marie. Ni les garçons, ni les filles n’étaient autorisés à porter d’autres sous-vêtements, quel que soit leur âge.

Sœur Thérèse à qui le coup d’œil de Magali n’avait pas échappé, fut sans pitié.

« Ne soyez pas si pudibonde, ma fille, ce n’est pas seulement votre culotte que vous allez montrer à toute la classe. »

Elle conclut sa tirade en glissant les pouces sous la culotte de Magali et en la baissant jusqu’à ses genoux. Magali commença à pleurer. La pudeur n’avait pas de place à St Marie, surtout quand il s’agissait de fesser un élève. Dénuder les fesses d’un élève, quel que soit son âge, relevait de la discipline et non de l’exhibitionnisme. Personne ne s’y trompait. Comme dans les petites classes, il n’y eut pas un chuchotement, pas un rire à la vue de cette jeune adulte déculottée devant toute la classe comme le serait une petite fille désobéissante.

Cette situation était habituelle pour tout le monde, sauf pour moi. Je n’étais pas habitué à voir un adulte se faire déculotter pour recevoir une fessée en public. Si nul ne semblait s’offusquer de la situation, Magali, elle, ne paraissait pas aussi sereine.

« Si j’ai bonne mémoire, c’est votre troisième retard cette année, Magali, dont un la semaine dernière et un autre cette semaine. Comment expliquez-vous cette négligence ?

– Je me suis réveillée en retard, ma Sœur.

– Comment se fait-il que vous vous réveillez aussi tard ?

– Je ne sais pas, ma Sœur.

– Avez-vous une télévision dans votre chambre ?

– Oui, ma sœur.

– A quelle heure l’avez-vous éteinte hier soir ?

– Oh, très tôt, ma Sœur, il devait être vingt-et-une heure trente.

– Qu’avez-vous fait, ensuite ?

– J’ai été sur twitter pour surfer avec mes amies.

– Jusqu’à quelle heure ?

– Je ne sais pas, ma Sœur.

- Je vais écrire à vos parents pour leur dire que je confisque la télévision qui est dans votre chambre. Vous serez dorénavant privée de téléphone portable et je n’autorise plus les ordinateurs dans votre chambre dès que vous avez fini vos devoirs.

La jeune fille baissa la tête. Elle savait que les demandes de sa professeure seraient suivies par ses parents.

« De plus, poursuivit Sœur Thérèse, je vais leur recommander de vous mettre au lit à vingt-et-une heure et de vous donner une fessée, chaque jour, à l’heure du coucher. Vous verrez comme une bonne fessée, juste avant de se coucher, aide à bien dormir. Je pense qu’à ce régime, vous serez plus fraîche pour vous lever le matin et arriver à l’heure à l’école. »

Magali ne réagissait pas. Elle voyait venir de grands changements dans son rythme de vie, ce qui la ramènerait probablement à ce qu’elle vivait quand elle avait moins de dix ans.

« J’ai l’impression qu’avec ma main, je n’ai pas fait grande impression la semaine dernière. Voyons si avec la règle je saurai être plus persuasive. »

Sœur Thérèse plaça une chaise au centre de l’estrade puis elle prit le coude de Magali pour l’amener juste à droite du siège dont chacun connaissait l’utilisation. Sœur Thérèse y prit place et Magali se retrouva immédiatement à plat ventre en travers des genoux de sa professeure.

« Thomas, pouvez-vous me donner la règle qui est sur mon bureau ? »

Une fois l’instrument punitif en main, Sœur Thérèse ne différa pas plus longtemps la punition. Elle commença par une série de coups rapides sur les fesses. Quand elle les claquait, La règle faisait un bruit sec bien moins retentissant que lorsque la fessée était donnée à la main. L’effet en était, par contre, dévastateur.

Ce sont des hurlements qui résonnèrent dans la classe à chaque fois que la règle faisait son effet. Magali arquait son corps sur les genoux de la directrice et ses jambes pédalaient dans le vide. Sœur Thérèse avait posé sa main sur le dos de la jeune fille et elle la maintenait en place, non parce que Magali cherchait à fuir le lieu de sa punition, mais parce que ses mouvements désordonnés risquaient de la faire chuter des genoux de sa correctrice.

Les fesses de Magali ne passèrent pas par toutes les nuances du rose. Elles rougirent en grandes bandes foncées, là où Sœur Thérèse appliquait la règle. La coloration n’avait le temps de diffuser qu’une autre partie de sa peau fonçait sous l’action de la règle s’abattant une nouvelle fois. En une petite minute, toute la surface des fesses de la jeune fille était rouge cramoisi.

Subitement, Magali cessa ses cris et ses gestes incontrôlés. Elle fondit en s a n g lots tout en laissant Sœur Thérèse continuer la punition. A chaque contact de la règle avec ses fesses, son corps était parcouru d’un frisson. Après quelques instants, Sœur Thérèse mit fin à la fessée. Elle releva la jeune fille et, la tenant par l’oreille, elle la plaça au coin. Elle releva la jupe qui était retombée durant ce petit déplacement, puis elle ordonna :

« Les mains dans le dos ! »

Magali obéit et Sœur Thérèse glissa le bas de la jupe derrière les mains de la jeune fille, laissant ses fesses totalement découvertes.

« Puisque vous aviez l’intention de passer cette heure en salle des retardataires, et non avec nous, je trouve qu’il est normal que vous passiez cette première heure au coin. Vous rattr a p e rez le contenu de ce matin plus tard, mais sachez que vous serez interrogée demain matin sur ce que nous allons étudier dans quelques instants avec vos camarades. Gare à vos fesses au cas où les leçons ne seraient pas sues. »

Puis, regagnant sa place sur l’estrade, elle reprit son cours là où elle l’avait laissé.

Des yeux, je fis le tour de la classe. Je cherchais dans le regard de ces nouveaux compagnons, ce qui devait se trouver dans le mien : l’effarement provoqué par l’intensité de la punition et le doute sur la légitimité d’un tel châtiment corporel appliqué à une jeune femme déjà adulte. J’en fus pour mes frais. A l’évidence, cette fessée avait frappé les esprits mais je ne lisais, sur aucun visage, un sentiment de révolte ou d’injustice. J’y voyais de la compassion pour Magali et des prières pour ne jamais mériter une telle punition. Mais il y avait aussi l’expression de la normalité de la situation. J’eus beau scruter les visages, ils n’exprimaient rien d’autre.

J’observais alors plus attentivement mes condisciples. Je fus surpris de voir qu’ils étaient, pour un bon nombre d’entre eux, plus âgés que ce à quoi je m’attendais. Il y avait une petite moitié de la classe qui avait sans doute dix-sept ou dix-huit ans. Parmi les autres, certains avaient plus de vingt ans, certainement proche de vingt-cinq pour trois d’entre eux. Il y avait deux ou trois élèves qui devaient être à peu près aussi âgés que moi. Une femme semblait bien plus près de ses quarante ans que de ses trente. Tous portaient l’uniforme règlementaire des élèves de St Marie, le même que celui que portaient les élèves de sixième.

Sœur Thérèse revint au temps de récitation des leçons.

« Nous avons un puni d’hier matin qui doit venir nous montrer qu’il a appris les leçons qu’il ne savait pas. Ludovic, venez-ici ! »

L’un de ceux qui devaient avoir mon âge se leva et vint se placer sur l’estrade, plaçant ses mains dans son dos. J’avais du mal à imaginer que la veille, il avait dû finir en pénitence, les fesses rougies par la fessée déculottées que lui avait administrée Sœur Thérèse. C’était pourtant certainement ce qui s’était passé. Il répondit sans hésiter à toutes les questions de Sœur Thérèse. J’avais encore une fois la preuve de l’efficacité de la fessée dans l’apprentissage des leçons.

Le garçon qui prit sa suite eut moins de chance. Dès la deuxième question, il bafouilla, puis se tut.

« Dois-je comprendre, mon garçon, que vous ne savez pas répondre à cette question ?

– Oui, ma Sœur.

– Pensez-vous, Nathan, que si je vous en pose une autre sur le même sujet, vous saurez répondre ? »

Le jeune homme hésita un peu, il eut un grand soupir et se résigna à répondre.

« Non ma Sœur.

– Vous n’avez pas appris vos leçons ?

– Pas celle-là, ma Sœur.

– Parce que vous pensez que vous pouvez n’apprendre qu’une partie de vos leçons ?

– Non, ma sœur, mais …

– Mais ?

– Je n’ai pas eu le temps parce que … »

Il suffit d’un froncement de sourcil de Sœur Thérèse pour que le jeune homme finisse sa phrase.

« Je n’ai pas eu le temps parce que je suis allé au cinéma.

– Au cinéma ! Rien que ça ! Au lieu d’apprendre ses leçons ! J’espère que le film était un chef d’œuvre qui vous laissera des souvenirs. La fessée que je vais vous donner, elle, vous en laissera certainement, au moins pendant quelques temps.

La chaise était encore en place. Sœur Thérèse désigna le sol à sa droite. Elle déculotta le garçon en un tour de main et il se retrouva dans la position qu’avait dû prendre sa camarade quelques minutes auparavant. Sœur Thérèse fit la preuve que bien qu’il ne s’agisse pas d’une fessée avec la règle, il était possible, à main nue, de transformer un jeune adulte en un petit garçon criant qu’il regrettait sa bêtise et qu’il ne recommencerait plus. Il était inévitable qu’il finisse en larmes.

Sœur Thérèse n’eut pas besoin de lui expliquer longuement que le coin l’attendait. Dès qu’il fut remis sur ses pieds, il se dirigea vers l’angle de la pièce encore disponible, et y enfonça son visage. Il croisa ses mains derrière son dos tout en remontant sa chemise, laissant voir ses fesses copieusement rougies.

Nathan n’eut à passer au coin qu’une quinzaine de minutes. Rappelé par Sœur Thérèse qui avait repris place sur la chaise, il vint se mettre à genoux entre ses pieds et lui demanda pardon. Sœur Thérèse le serra dans ses bras, tout en massant ses fesses. Comme je l’avais vu faire pour les élèves de sixième, ceux de terminale finissaient leur fessée par un câlin donné par leur professeur.

Magali resta l’heure entière dans son lieu de pénitence. Elle commença à éprouver des difficultés à rester immobile au bout de quarante-cinq minutes passées au coin. Une première admonestation de Sœur Thérèse ne suffit pas. Les claques sur les fesses qui accompagnèrent la deuxième, bien qu’administrées à main nue, la ramenèrent à une position figée qu’elle garda jusqu’à ce qu’elle soit rappelée par Sœur Thérèse. Après avoir demandé pardon, elle eut droit à son embrassade. Malgré les précautions que prit Sœur Thérèse quand elle massa les fesses de Magali, celle-ci ne put retenir quelques grognements. De retour à sa place, Magali fit une grimace quand ses fesses se posèrent sur sa chaise.

Le reste du cours de Sœur Thérèse se déroula sans autre incident. Les élèves étaient studieux. Il n’y avait pas de bavardage intempestif, chacun levait le doigt pour demander la parole et ne la prenait que quand il en avait reçu l’autorisation. L’atmosphère était plutôt détendue. L’autorité sans conteste de Sœur Thérèse n’avait pas besoin de démonstration autoritaire. Les deux punis du jour contribuèrent à la dynamique de la classe sans qu’il ait été possible de savoir qu’ils avaient été fessés pour qui n’avait pas assisté à la scène au début du cours.

A quelques détails près, les punitions étaient analogues à celles que les élèves de sixième avaient reçues. Le professeur prenait soin d’établir la nécessité de la fessée, ce que l’élève ne contestait pas, bien qu’il sache où cela allait le mener. Quel que soit âge, il laissait son enseignante le déculotter et le fesser aussi longtemps et aussi sévèrement qu’elle le jugeait mérité. Placé en pénitence, chacun exposait alors ses fesses, portant les traces de la récente punition, à tous ces condisciples. Aux réactions des punis pendant la fessée, on pouvait supposer que pour une même faute, la sévérité de la fessée était équivalente, si on tient compte de l’âge de celui qui la recevait

Il n’y avait pas d’excitation provoquée par ces fessées qui dévoilaient pourtant l’intimité de jeunes gens alors que leur âge aurait dû les en protéger. Pas un rire, pas une moquerie, pas un regard impudique. La fessée déculottée faisait partie des rituels bien établis ce qui laissait supposer une grand habitude de ces situations autant du côté de celles qui les donnaient que de ceux et celles qui les recevaient. Pas de rébellion, pas plus de contestation de ce mode de punition pourtant douloureux et humiliant.

Donner la fessée ou la recevoir faisait partie des situations naturelles à St Marie. Cela contribuait à faire de St Marie une communauté d’éducation harmonieuse.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 6

Je suivis le groupe d’élève vers le cours suivant. Ils se dirigèrent vers le gymnase qui avait été construit de l’autre côté de la grande pelouse qui occupait le centre de l’établissement. Comme Sœur Marie-Madeleine ne l’avait annoncé, nous continuions notre matinée par un cours d’éducation physique. Nous fumes rejoints par une autre classe de terminale. Alors, garçons et filles se séparent. Le cours d’éducation physique n’est pas mixte, contrairement à tous les autres.

C’est Sœur Gabrielle qui vient prendre en charge notre groupe. Tout de suite elle me remarqua. Ma tenue lui facilitait les choses, j’étais le seul qui ne portait pas l’uniforme réglementaire.

Je n’avais pas encore eu l’occasion de la rencontrer, mais Sœur Gabrielle était une sorte de légende à St Marie. Quand on voyait sa stature, on voyait tout de suite que c’était une athlète accomplie et aucun des garçons ne pouvait rivaliser avec elle dans la plupart des disciplines sportives. Elle était grande, autant que les plus grands des garçons de notre classe. J’étais d’une taille moyenne, elle me dépassait donc d’une bonne demi-tête. Elle ne portait pas le costume traditionnel de son ordre pendant les cours d’éducation physique, le survêtement était sa tenue de travail. Dès qu’elle se déplaçait, on sentait sa musculature qui avait l’habitude d’être sollicitée et qu’elle ne manquait pas d’entretenir.

Quand elle avait pris le voile, cela avait la couverture des journaux sportifs. C’était une championne de judo qui avait toutes ses chances pour remporter la victoire lors du prochain championnat du monde. Rentrer dans les ordres avait brutalement fin à sa carrière. Les commentateurs sportifs n’avaient pas compris cette orientation et ils avaient tenté de la faire changer d’avis en faisant monter la pression sur elle et sur son entourage. Rien n’y avait fait. Elle devait avoir à peu près vingt-cinq ans, à l’époque. Elle en avait environ dix de plus aujourd’hui.

Visiblement, avec Sœur Gabrielle, les garçons filaient droit. Dès qu’elle fut à proximité du groupe de garçons, le silence se fit.

« Rangez-vous correctement, ordonna-t-elle. »

Les garçons s’alignèrent en deux rangs parallèles. Je restais à côté d’eux, sans vraiment me mettre dans l’alignement.

« Vous êtes bien Axel Fournier, le consultant ?

– Oui, ma Sœur.

– Si vous avez l’intention de suivre ces garçons pendant le cours que je dispense, mettez-vous dans le rang. »

J’hésitais un court instant. Elle m’obligeait à me conformer aux règles qui s’appliquaient aux élèves. C’était nier mon statut différent au sein de l’école. Cependant, nous avions convenu avec la directrice que je devais me faire discret. Quoi de mieux que de me fondre dans la masse des élèves ?

–Oui, si ça peut vous faire plaisir. »

Je suivis les élèves qui pénétrèrent dans le gymnase vers le vestiaire des garçons. Chacun prit une place sur le banc qui était fixé au mur et commença à se déshabiller pour enfiler une tenue de sport. Dans la grande tradition des uniformes, chacun avait la même. Elle se composait d’un polo rayé jaune et noir, floqué aux armes de St Marie, d’un short noir qui s’arrêtait au ras des fesses et de chaussures de sport blanches.

Je regardais ce groupe de garçon qui s’appétait pour leur heure d’éducation physique, quand Sœur Gabrielle m’interpella

« Qu’avez-vous l’intention de faire durant cette heure ? Si c’est uniquement regarder, je ne souhaite pas que vous restiez. Vous nous gêneriez tous. Les garçons n’ont pas besoin d’un consultant qui les observe. Ce ne sont pas des animaux en cage que l’on observe, nous ne sommes pas au zoo. Le plus pertinent est que vous observiez de l’intérieur, en participant. »

La proposition me séduisait. J’étais las des insinuations des religieuses sur ma posture d’observateur et sur les privilèges qu’elle supposait. De plus, je ne disais pas non à une heure d’exercice physique qui me permettrait d’évacuer les tensions accumulées lors des deux premières heures de la matinée. J’étais un pratiquant assidu de différents sports, c’était une activité qui avait plutôt mes faveurs.

« Je participerais volontiers à votre cours. Ce sera un plaisir. »

Je m’apprêtais à suivre les élèves qui sortaient du vestiaire.

« Une seconde, Sœur Gabrielle m’arrêta dans mon élan, vous ne pouvez pas pratiquer une heure de sport en tenue de ville. Il faut que vous mettiez une tenue de sport.

– Je n’ai pas prévu ces accessoires, je ne savais pas que j’en aurai besoin.

– Ce n’est pas un problème, je vais vous en prêter. »

Sœur Gabrielle fouilla dans un placard qui se trouvait derrière elle en sortit un polo aux couleurs de St Marie.

« Approchez ici, mon garçon, que je voie si ce polo est à votre taille. »

Quand je fus assez près d’elle, elle me fit pivoter d’une poussée sur mes épaules. Cela me fit pivoter aussitôt, et je lui présentais mon dos. Elle y ajusta le polo.

« Cela vous ira parfaitement. Voyons le short. »

Sœur Gabrielle m’équipa de la tête aux pieds. Je me retrouvais avec une tenue complète antre les bras.

« Je vous remercie, ma Sœur. »

Je jetais un œil autour de moi.

« Allons, mettez-vous en tenue !

– Où puis-je me changer ?

– Prenez-une place qui vous convient dans ce vestiaire, il y a tout l’espace dont vous avez besoin.

– C’est que … j’ai l’habitude de plus de … d’intimité pour m’habiller. »

Sœur Gabrielle me regarda d’un air amusé.

« Que croyez-vous ? Que nous allons vous fournir un vestiaire privatif ? Vous savez, qu'il y a de nombreux garçons de tous âges qui se sont changés dans ce vestiaire sans que l’un d’entre eux trouve à y redire. Croyez-vous que vous avez quelque chose de différent ? Tout le monde ici a vu des garçons en sous-vêtements sans que cela offusque qui que ce soit. »

Comme elle voyait que j’hésitais toujours, elle rajouta :

« Vous cherchez décidemment toujours les privilèges. Ce que Sœur Françoise vous a dit n’a pas suffi pour que vous reveniez à plus d’humilité. A moins, que ce ne soit le prétexte que vous cherchiez pour rester encore une fois en dehors de ce que vivent les élèves de St Marie ? »

Je sentais le défi dans les propos de Sœur Gabrielle. Je haussais les épaules, trouvais une place disponible et je tournais le dos à Sœur Gabrielle. J’ôtais mes vêtements et je passais ceux qu’elle m’avait donnés. En passant devant elle, je vis son regard ironique, comme si elle avait obtenu ce qu’elle voulait à mes dépens. Je rejoignis les autres garçons.

Une fois dans le groupe, il fut clair pour moi que plus rien ne me distinguait des autres élèves. Certains étaient bien plus grands que moi et, comme j’avais toujours paru plus jeune que mon âge, je ne semblais pas le plus âgé.

Durant l’heure de sport, j’oubliais toutes les questions que je me posais sur St Marie, sur la place que j’y occupais et sur la façon de mener à bien l’étude qui m’avait été confiée. Je m’intégrais au groupe de garçons et je pris du plaisir à jouer avec eux. Il s’agissait d’un match de football et j’avais été assez bon à ce jeu lorsque j’étais plus jeune. Il m’en restait encore de beaux restes. Je me prenais au jeu et j’avais l’impression que les autres garçons avaient oublié que je ne faisais, en principe, pas partie de leur groupe. Comme les autres, je finis essoufflé, fatigué, mais complètement détendu, mon tonus renouvelé et prêt à m’engager dans les autres cours de la journée.

Sœur Gabrielle siffla la fin de la partie. Il n’y eut pas une seconde de jeu supplémentaire. Le plus près du ballon le prit à la main et, traversant le terrain d’une petite foulée, il le remit à Sœur Gabrielle. Celle-ci frappa deux fois dans ses mains :

« On rentre ! ordonna-t-elle en élevant à peine la voix. »

Chacun se dirigea promptement vers le vestiaire. Je suivis la troupe, content, après cet intermède, de retrouver mon statut et mon activité de consultant.

Le dernier garçon de retour dans le vestiaire, Sœur Gabrielle ferma la porte. Assis sur le banc à ma place, je fermais un instant les yeux pour récupérer un peu d’énergie avant d’entamer mon rhabillage. Quand je les rouvris, la première chose que je vis, c’était un garçon qui baissait sa culotte.

« Allons les garçons, à la douche ! annonça Sœur Gabrielle. »

Chacun entreprenait de se déshabiller et patientait nu comme un ver. Je venais de deviner l’usage de la pièce attenante : chaque élève se lavait sous la douche après une heure de sport. Aucun de ces jeunes adultes ne prêtait attention à Sœur Gabrielle, pourtant seule personne de sexe féminin dans la salle. Elle circulait entre les garçons, surveillant attentivement ce que faisaient ses élèves. L’un deux, qui rêvassait reçut une claque sur les fesses.

« Allons, Mathieu, à la douche. »

Bientôt tout le monde fut totalement nu, si on excepte Sœur Gabrielle et moi. La religieuse ouvrit la porte de la douche et tout le monde s’y engouffra. Sœur Gabrielle, au passage, attrapa un garçon par le bras un garçon qui avait pourtant pris soin de se tenir du côté du flot de garçons où ne se tenait pas la religieuse. Elle le rapprocha d’elle :

« Je compte sur vous pour prendre votre douche correctement, jeune homme, pas comme la semaine dernière. À moins que tu ne préfères que ce soit de nouveau moi qui te lave ?

– Non, ma Sœur, je vais faire attention.

– Si nécessaire, cela ne me pose aucun problème de faire prendre sa douche à un garçon, même s’il est aussi âgé que toi. Je viendrai vérifier si tu t’es parfaitement lavé et tu sais comment cela finira si ce n’est pas le cas.

– Oui, ma Sœur. »

Sœur Gabrielle donna une bonne claque sur les fesses nues du garçon qui ne put retenir un cri. Il en fut propulsé dans la salle de douche, sans émettre une quelconque protestation.

J’aurai volontiers pris une douche avec mes condisciples avec lesquels j’avais partagé ce moment de sport, mais je ne me voyais pas passer, dans le plus simple appareil, sous le regard de Sœur Gabrielle et encore moins prendre ma douche sous son œil inquisiteur. Je rassemblais donc mes vêtements et je me dirigeais vers la porte du vestiaire.

« Où allez-vous jeune homme ? »

Sœur Gabrielle se tenait sur le chemin que je devais prendre pour mettre mon projet à exécution. Je ne pouvais donc pas tout simplement l’ignorer.

« Je trouve que c’est une très bonne idée de prendre une douche après cette activité physique. Je vais donc faire comme mes partenaires de sport.

– Je suis contente que certaines de nos habitudes à St Marie trouvent grâce à vos yeux. Vous vous trompez juste de direction : les douches sont par là. »

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle souhaite me faire prendre une douche en même temps que ses élèves. Malheureusement pour elle, je n’en étais pas un et je n’étais pas soumis à son autorité comme l’étaient tous les garçons qui s’étaient déshabillés devant elle.

– J’ai bien compris qu’il y a des douches là-bas, mais il y en a une également dans ma chambre. C’est là que je vais prendre la mienne. J’ai l’habitude de faire ce genre de chose dans un espace plus privatif.

– Il n’en est pas question. Je tiens à vérifier que chaque garçon, après une heure de sport, se lave correctement pour évacuer toute la sueur produite. Je sais que même aux âges de ceux qui sont en terminale, beaucoup de garçon par paresse ou par négligence n’observent pas ces règles élémentaires d’hygiène. Dans ma classe, il n’y a pas d’exception : tout le monde prend une douche et je vérifie que c’est bien le cas. Cela fait partie de mon travail.

– Je ne doute pas que vous faites parfaitement votre travail, consciencieusement, surtout quand il s’agit de voir trente jeunes gens se déshabiller devant vous. Je suis désolé de vous annoncer que, n’étant pas l’un de vos élèves, je ne ferai pas partie de ceux qui se promèneront totalement dénudé devant vous. Je ne me sens pas obligé de respecter vos règles, surtout quand elles sont aussi douteuses. »

Les yeux de Sœur Gabrielle lancèrent des éclairs.

« Ah oui ? C’est ce que nous allons voir. »

Avant que je puisse réagir, Sœur Gabrielle m’agrippa le bras. Sa poigne ne me laissa pas le choix je dus la suivre, d’autant plus qu’elle souleva mon poids sans difficulté pour m’envoyer vers le banc d’où je venais. Elle m’arracha des mains mes vêtements de rechange. Puis, elle posa son pied sur le banc et me ceinturant de son bras droit, elle me souleva sans sembler f o r c e r.

Je mis une ou deux secondes à comprendre que je me trouvais, à plat ventre, courbé sur son genou, dans un équilibre instable. Je mis mes mains devant moi pour me protéger de la chute sur le sol que je voyais venir avant de pouvoir reprendre mon équilibre. Sœur Gabrielle me rattrapa et me colla contre son bassin. Cela se fit en tellement peu de temps que je n’avais pas encore repris mes esprits quand je sentis le pouce de la religieuse se glisser sous l’élastique de mon short. Je lançais en arrière ma seule main encore disponible, mais mon short était déjà descendu sous mes genoux, là où je ne pouvais plus l’attr a p e r.

Comprenant enfin les intentions de Sœur Gabrielle, j’agrippais ma culotte. Elle saisit mon poignet le remonta dans mon dos où elle le maintint fermement. Alors, de sa main libre, elle me baissa la culotte et l’abandonna à mi-cuisses.

« Non, non, vous n’avez pas le droit, lâchez-moi !

– Vous savez qu’il est interdit, à St Marie, de protéger ses fesses pendant une fessée. Vous n’êtes pas totalement un élève, pour cette fois je n’en tiendrai pas compte. Sachez que la prochaine fois que vous gênerez l’administration d’une punition, vous serez fessé une deuxième fois. »

La main de Sœur Gabrielle me claquant les fesses, une cuisson intense, un bruit éclatant dans toute la pièce, un cri de douleur. La séquence recommença avant que je puisse me remettre de la première : la main me claquant les fesses, une cuisson intense, un bruit éclatant, un cri de douleur. Encore une nouvelle fois : la main me claquant les fesses, une cuisson intense, un bruit éclatant, un cri de douleur. Puis encore … et encore … cela ne s’arrêtait pas. Je commençais à sentir un embrasement sur tout mon postérieur. La fessée cessa.

« Etes-vous prêt à aller prendre votre douche ? »

Je repris péniblement mon souffle, reprenant le contrôle de mon corps. C’est seulement alors que je m’aperçus que je battais frénétiquement des pieds dans le vide.

« Laissez-moi, vous n’avez pas le droit !

– Pas encore suffisant, commenta Sœur Gabrielle. »

La main de Sœur Gabrielle reprit son ballet douloureux sur mes fesses.

« Aïe, … laissez-moi, aïe, … partir, aïe, … vous ne pouv, aïe, … pouvez pas, aie, … me, aïe, … je, je , je, aïe, … »

Il ne fallut pas bien longtemps pour que, la douleur devenue trop intense et submergé par mon sentiment d’impuissance, j’éclate en s a n g lots. Il y eut une nouvelle pause dans l’administration de ma correction.

« Alors, décidé à aller prendre votre douche ? »

Je m’agrippais au mollet de Sœur Gabrielle et fort de cette prise instable, je tentais de me relever. Sœur Gabrielle pesa juste un peu plus sur mon dos et je retombais dans ma position d’origine.

« Bon, fit-elle je vois que nous ne sommes pas encore au bout.

– Non, criais-je désespérément. »

Je ne pus aller plus loin dans mes protestations cohérentes. Il suffit de deux claques sur chacun de mes globes fessiers pour que je n’arrive plus qu’à intercaler des « aïe » pitoyables entre mes s a n g lots. Assez vite, Sœur Gabrielle s’arrêta. Je la sentis examiner ma culotte.

« Dites-moi, mon garçon, cette culotte n’est pas très nette. Quand l’avez-vous changée pour la dernière fois ? »

Je sentis alors ses doigts s’insinuer entre mes deux globes fessiers qu’elle tentait d’écarter. Instinctivement, je crispais les fesses. La fessée reprit aussitôt de plus belle, mais plus lentement, chaque claque bien détachée de la précédente.

« Vous allez … me laisser … vérifier … la propreté … de vos… fesses.

Sœur Gabrielle m’assénait une fessée entre chacun de ses mots qui étaient évidemment ponctués par un cri que je laissais échapper. Elle reposa sa main sur mes fesses et je la laissais écarter mes globes fessiers.

« Les fesses ne sont pas mieux, commenta-t-elle. Et le reste est probablement à l’avenant. »

Elle releva mon polo et écartant mon bras, elle passa son doigt sous mon aisselle. Elle émit alors un grognement désapprobateur.

« Ecarte tes jambes ! »

Comme je n’obéissais pas assez vite à son goût, la fessée reprit.

« Je … vous … dis … d’é … car … ter … vos … jambes… »

Cette fois-ci, je m’empressais d’obéir. Elle déplia la peau plissée au niveau de l’aine entre mes jambes.

« Quand as-tu pris ta dernière douche, mon garçon ?

Je crois que, depuis le début de la fessée, je n’avais pas encore ressenti la honte liée à ma pudeur ignorée. Elle me submergea pendant cette inspection intime. Mon mutisme incita Sœur Gabrielle à recommencer à me fesser. Elle s’interrompit assez vite, peu de temps après mes premiers pleurs.

« Vous avez raison, peu importe maintenant. Vous serez propre dans quelques minutes. Prêt pour la douche ? »

Je n’attendais plus rien d’autre que la fin de la fessée. J’aurai obéi à tout ordre donné par Sœur Gabrielle. Elle voulait que je prenne une douche, j’en prendrai donc une comme elle l’avait décidé.

« Oui, oui, je vais obéir.

La fessée reprit aussitôt, pour une dizaine de claque sur chaque fesse.

« On dit : oui ma Sœur, rectifia-t-elle, comme tous les garçons polis. »

Encore quatre ou cinq claques.

« Alors ?

–Oui ma Sœur, oui ma Sœur !

– Enfin, nous y sommes ! »

Axel, consultant à St Marie - chapitre 7

Sœur Gabrielle me laissa dans la position dans laquelle elle m’avait fessé. J’avais compris qu’il était préférable d’obéir. Je ne bougeais pas, bien qu’en plus de mes fesses brûlantes, je commençais à avoir mal aux abdominaux qui peinaient à supporter d’être plié sur le genou de Sœur Gabrielle, tout mon poids reposant sur mon ventre.

Sœur Gabrielle se pencha et fit descendre mon short et ma culotte jusque sur mes chaussures. Elle leur fit passer l’obstacle et elle me les ôta. Alors, elle me releva et me fit asseoir sur le banc. Elle s’accroupit, défit mes lacets, m’enleva mes chaussettes. Je lui facilitais le geste en levant mes bras pour qu’elle puisse passer mon polo par-dessus ma tête. Elle me releva et, en me faisant pivoter devant elle, elle m’examina sous toutes les coutures. Elle fit une moue désapprobatrice.

« Décidément, cette douche est bien nécessaire. »

Une claque sur les fesses que j’accompagnais d’un petit cri, et je filais vers la douche, Sœur Gabrielle sur mes talons.

Il y avait une quadruple rangée de pommes de douches fixées sur des tuyaux qui couraient au plafond de la pièce. L’absence de cloisonnement ne laissait place à aucune intimité. Les garçons étaient, chacun de son côté affairés à se laver, couverts des pieds à la tête de mousse. Le vacarme provoqué par les jets d’eau sur le carrelage couvrait tous les autres sons, ce qui avait permis, du moins l’espérais-je, que personne ne se soit rendu compte du tintamarre qu’avait dû provoquer ma fessée. Je fus partiellement rassuré sur ce point quand je constatais que personne ne prêtait attention à mon entrée dans la salle de douche. A l’apparition de Sœur Gabrielle, chacun mit un peu plus d’ardeur à sa toilette.

« Prenez du savon ici, et là, il y a une douche disponible. »

La petite claque qu’elle me donna était plus un encouragement qu’une punition. Je me dépêchais de me réfugier sous l’eau tombant du plafond afin de dissimuler les larmes qui roulaient sur mes joues. Il y avait encore la probable rougeur de mes fesses qui pouvait révéler le traitement auquel m’avait soumis Sœur Gabrielle, mais ça je ne pouvais pas le dissimuler. J’espérais que la couleur de mes fesses, couvertes de savon, passerait inaperçue sous l’eau de la douche.

Je me lavais consciencieusement, mais j’évitais mes parties intimes, honteux de passer publiquement ma main dans ces zones que personne n’avait vu depuis ma puberté, sauf mes compagnes, mais elles étaient alors dans le même appareil que moi. Je remarquais que les garçons qui m’entouraient n’hésitaient pas à effectuer leur toilette intime en public. Je me résolus, toutefois à laver la raie de mes fesses attentivement, sachant que Sœur Gabrielle vérifierait certainement sa propreté.

Je ne remarquais pas de regard posé sur cette partie de mon anatomie. En fait, chacun était centré sur sa toilette et évitait d’entrer dans l’intimité de son voisin. C’était une façon de se reconstituer une bulle privée d’intimité.

Sœur Gabrielle entrait dans ces bulles sans hésiter. Elle circulait entre les rangs de ces grands garçons surveillant ouvertement ce que faisait celui qui était sous son regard. De temps en temps, elle en sortait un de sous la douche pour examiner la propreté d’une des parties de son corps que ce soit les oreilles, les doigts de pied, les fesses ou le sexe.

Elle désignait le sol à ses pieds et le garçon ainsi appelé se rendait à la convocation. Elle le disposait afin d’avoir une bonne visibilité de la partie qu’elle voulait contrôler. Quand elle n’était pas satisfaite, après une brève gronderie, elle renvoyait l’élève concerné sous la douche pour parfaire sa toilette. Cela s’accompagnait immanquablement de quelques claques sur les fesses.

Je la voyais se rapprocher inexorablement de la place où je me tenais. J’essayais d’imaginer quelle partie de mon corps j’aurais pu oublier de récurer. Finalement, Sœur Gabrielle se planta devant moi.

« Venez ici ! »

Je n’envisageais pas un seul instant de ne pas obéir. Sœur Gabrielle, avait gagné le droit de me donner ce type d’ordre, depuis qu’elle m’avait fessé. Ruisselant encore d’eau et partiellement couvert de savon, je me rendis à ses pieds. Elle m’inspecta des pieds à la tête. Partout où elle le jugeait nécessaire, elle passait sa main sur ma peau pour en éprouver la propreté. Elle examina avec attention les zones qu’elle avait identifiées, pendant la fessée comme étant d’une propreté incertaine. Sa main se glissa entre mes fesses pour éprouver la propreté de mon anus, puis, mon entrejambe bénéficia du même examen. Enfin, elle s’empara de mon sexe et le décalotta.

Je n’osais pas bouger, mais je sentais ma verge durcir sous la main de Sœur Gabrielle. Fort heureusement son examen ne dura pas.

« C’est heureusement plus propre que tout à l’heure, mais il semble que votre quéquette nécessite une toilette plus approfondie. Comme pour vos camarades, quand leur propreté est approximative, cela mérite une petite fessée pour qu’à l’avenir vous n’oubliez plus de laver cet endroit, même s’il est habituellement caché »

Elle me fit pivoter, me plaçant de côté par rapport à elle. Elle tenait mon bras gauche dans sa main gauche. Sa main s’abattit sur mes fesses une dizaine de fois. Je trépignais sur place, mais je n’essayais pas de m’éloigner de cette main qui, insistant là où j’avais déjà reçu la fessée juste avant ma douche, raviva la douleur. Mes cris passèrent presqu’inaperçus, comme l’avaient été ceux de mes condisciples qui avaient subi le même traitement. J’étais de nouveau au bord des larmes quand elle cessa.

« Lave-moi ta quéquette correctement et viens me la montrer avant de sortir d’ci. »

D’une claque sur les fesses, elle me renvoya sous la douche. Je repris du savon, décalottais mon sexe et je frottais énergiquement toute la zone intime qu’il y avait autour.

Sœur Gabrielle frappa deux fois dans ses mains.

« On rince le savon ! »

Une petite minute plus tard, l’eau cessa de couler.

« C’est fini, tout le monde sort ! »

Certains élèves regagnèrent directement le vestiaire, d’autres faisaient la queue devant Sœur Gabrielle. L’un lui montrait la propreté de ses pieds, l’autre soumettait ses oreilles à l’examen de la religieuse, le troisième écartant ses fesses et soumettait leur netteté à l’épreuve de Sœur Gabrielle. Chacun repartait avec une petite claque sur les fesses, c’était l’autorisation de passer dans la pièce d’à côté. Je faillis passer à côté, puis je compris que c’est là que je devais montrer à Sœur Gabrielle que j’avais diligemment exécuté ses consignes. Je me plaçais en dernière position.

Le quatrième soumis son entre-jambe au regard scrupuleux de la religieuse. J’arrivais après lui.

« Montrez-moi, exigea Sœur Gabrielle. »

J’hésitais une seconde sur ce qu’il fallait faire, mais c’était du bon sens. Je saisis d’une main ma quéquette comme l’appelait Sœur Gabrielle et je la décalottais. Son extrémité fut examinée sous toutes les coutures ce qui nécessita que Sœur Gabrielle en relève, elle-même, l’extrémité. J’avais l’impression qu’elle était parfaitement propre, mais je ne savais pas si cela conviendrait à la religieuse.

« Voilà qui est bien ! Tu peux aller te sécher. »

Comme mes prédécesseurs dans la file, j’eus droit à une petite claque sur les fesses, ce qui me semblait presque naturel. Sœur Gabrielle nous traitait tous, moi y compris, comme des petits e n f a n t s dont elle supervisait la toilette. Les attouchements n’avaient pas de caractère sexuel. Mais il fallait bien surveiller l’ensemble de la toilette ce qui comprenait une attention aux endroits habituellement négligés par les petits garçons. Qu’elle ait dû reprendre la toilette de plusieurs d’entre nous justifiait cet attention particulière.

Une pile de serviettes nous attendait dans le vestiaire. Mes camarades avaient déjà commencé à s’essuyer, ce que chacun faisait sans montrer une quelconque pudeur, ce que je commençais à comprendre. Il était difficile, à St Marie, de considérer que la décence voulait que des vêtements cachent en permanence ses fesses.

Evidemment, compte tenu de l’âge des élèves, cela aurait dû être le cas. Il est admis que de jeunes e n f a n t s peuvent se trouver les fesses nues dans un espace publique. Un adulte peut être amené à les déculotter en public pour prendre soin d’eux, que ce soit pour leur administrer un châtiment ou pour les assister dans l’apprentissage de leur hygiène corporelle.

En général, dès avant la puberté, ils apprennent qu’il n’est pas décent de se montrer nu devant une autre personne. Si on met de côté les exceptions que constituent les docteurs et les infirmières, il est rare que des grands e n f a n t s aient l’occasion d’être vus par une autre personne alors qu’ils sont dénudés. La pudeur se construisait alors de façon tout à fait naturelle, comme une obligation sociale des grandes personnes. Les parents qui, considérant que la fessée est un mode de punition adapté aux grands e n f a n t s, déculottent les jeunes garçons et les jeunes filles pour les fesser, sont de plus en plus rares. Chacun doit alors se débrouiller pour trouver sa voie en cas de désobéissance ou de comportement inadapté et pour finaliser l’apprentissage de la propreté. Certains n’y arrivent jamais. Cela donne des adultes bancales. Il arrive cependant parfois que le conjoint soit celui qui finalise ces apprentissages.

A St Marie, les religieuses avaient pris en charges ces temps d’éducation intime. Elles traitaient les élèves, quel que soit leur âge, comme des petits e n f a n t s. Elles continuaient le parcours d’éducation de chaque élève, prodiguant les fessées nécessaires et surveillant le comportement de chacun ainsi que son apprentissage de l’hygiène. Tous ces moments obligeaient à dévoiler publiquement les parties du corps qui restaient dissimulées dans d’autres lieux. L’habitude aidant, les velléités de pudeur prenaient moins de place. Je venais d’en faire la découverte.

« Dès que vous vous êtes correctement séché, on se rhabille, ordonna Sœur Gabrielle. N’oubliez pas de mettre une culotte propre ! »

Elle passait entre les garçons qui finissaient de s’essuyer. Elle n’hésitait pas à d’emparer d’une serviette et à éponger ce qui ne lui semblait pas assez sec. Les garçons la laissaient faire. Chacun se rhabillait peu à peu.

La porte s’ouvrit au milieu de cette activité. C’était Sœur Marie Madeleine qui entra dans le vestiaire. Je fus surpris et indigné par cette intrusion. Je remarquais bien vite que j’étais le seul. Il paraissait normal à mes condisciples qu’une femme, membre de l’encadrement de l’établissement, puisse entrer dans une pièce où une trentaine de jeunes hommes se tenaient dans la tenue d’Adam.

Sœur Marie Madeleine se dirigea tout droit vers Sœur Gabrielle. Elle passa tout près de moi et je lui tournais le dos, angoissé à l’idée qu’elle me reconnaisse. Les deux religieuses échangèrent quelques mots, Sœur Marie Madeleine remit un document à Sœur Gabrielle qui en prit connaissance, puis elle le signa et le rendit à Sœur Marie Madeleine. Cette dernière fit demi-tour. Je croisais alors son regard, mais elle ne montra aucun signe qu’elle me reconnaissait. Je soufflais de soulagement quand elle referma la porte derrière elle. Je n’étais vraiment pas reconnaissable quand j’étais noyé dans la masse de mes condisciples.

La tournée d’inspection de Sœur Gabrielle la conduit près de moi. Elle s’empare de ma serviette et m’essuie le dos, puis elle descend sur mes fesses et elle passe la serviette entre mes jambes.

« Rhabillez-vous Axel ! dit-elle en me tapotant les fesses. »

Je me tourne vers le banc sur lequel sont posées mes vêtements et je prends ma culotte.

« Ah, une seconde, se ravise-t-elle. Vous ne pouvez pas remettre une culotte sale maintenant que vous êtes tout propre. Attendez, je vais vous en donner une propre. »

Elle sortit de son armoire une culotte de coton blanc, qu’on aurait pu prendre pour une culotte pour femme. Elle me la présenta devant moi. Ses doigts écartaient le sous-vêtement, ménageant une place pour y glisser mes jambes.

« Allons, enfilez cette culotte ! »

Je passais une jambe puis l’autre. Elle remonta ma culotte, en insistant pour que ma verge se place au bon endroit.

« Finissez de vous habiller tout seul Axel. »

Les élèves, une fois rhabillés, sortirent pour rejoindre le cours suivant. Je faisais partie des derniers. Je pris soin de plier convenablement la tenue de sport et j’allais la rendre à Sœur Gabrielle.

« Je pense, me dit-elle, que vous devez la garder. Je vous attends dorénavant à chaque séance de sport de cette classe de terminale, c’est-à-dire trois fois par semaine. Si je constate que vous n’êtes pas présent, j’irai vous chercher où que vous soyez. Je vous y administrerai alors une fessée. »

Sœur Gabrielle me fixait droit dans les yeux. Je voyais qu’elle ne plaisantait pas.

« Est-ce compris ?

– Oui ma Sœur ! »

Son ascendant sur moi était réel. Je n’osais plus la contredire.

« Comme tous les élèves, poursuivit-elle, vous apporterez votre tenu de sport. Je tiens à ce qu’elle soit propre. Vous vous chargerez de son entretien. Quand un élève oublie sa tenue de sport ou si elle n’est pas propre, c’est la fessée devant toute la classe, ainsi tout le monde profite de la leçon. Vous ne bénéficierez d’aucun privilège. M’avez-vous bien entendu ?

– Oui ma Sœur. »

Je venais d’accepter de recevoir la fessée en public. Accepter, me disais-je, est un bien grand mot. Avais-je le choix ?

« Dernière chose, vous viendrez me rendre, dès demain, à la récréation du matin, la culotte que je vous ai prêtée. Vous l’aurez lavée, bien entendu. J’en profiterai pour vérifier que vous avez bien pris une douche. »

Je sentais l’emprise de Sœur Gabrielle se resserrer.

« Filez à votre prochain cours. Vous allez être en retard. »

Je ne me rendis pas au cours suivant. En premier lieu parce que je serai probablement arrivé en retard et je ne tenais pas à tester la résolution du prochain professeur à me traiter comme l’un de ses élèves. De plus, j’avais besoin de prendre de la distance avec ce qui m’était arrivé durant le cours d’éducation physique.

Je passais la soirée, dans ma chambre à l’internat, à me convaincre de continuer l’étude en cours à St Marie. Je m’y sentais vulnérable. Maintenant qu’une enseignante avait résolu de me traiter comme ses autres élèves, je craignais une rapide contagion. A part Sœur Gabrielle, nul ne semblait avoir remarqué que j’avais reçu une fessée déculottée dans la grande tradition de St Marie. Combien de temps cela durerait-il ?

D’un autre côté, je ne pouvais pas abandonner cette mission sans une bonne raison. Je ne me voyais pas annoncer à ma directrice de laboratoire que je ne pouvais continuer parce que je risquais de recevoir une fessée déculottée. Renoncer à achever l’étude, c’était renoncer à ma carrière au sein du laboratoire, c’était donc abandonner tout l’avenir professionnel que j’avais patiemment construit depuis le début de mes études universitaires.

J’hésitais encore le lendemain matin. Puis, je résolus de reprendre le cours de l’étude. Il me faudrait juste être attentif lorsque je serai sous la coupe de Sœur Gabrielle. Participer aux cours de sport trois fois par semaine n’était pas pour me déplaire. Il faudrait m’accommoder des douches collectives. J’avais fait le premier pas, les suivants devraient être plus faciles.

Lors du petit déjeuner, dans le réfectoire, je fus intercepté par Sœur Marie Madeleine.

« Sœur Marie Joseph, la directrice veut vous voir immédiatement. »

Ces religieuses avaient une propension certaine à convoquer leurs interlocuteurs de façon autoritaire. Je pouvais difficilement ignorer cette injonction. Je fus introduit immédiatement dans le bureau directorial.

« Axel, mon garçon, … »

Je notais qu’elle ne me donnait plus du « monsieur » mais qu’elle m’appelait par mon prénom. C’était de cette façon qu’à St Marie il était coutumier d’appeler les élèves.

« … le conseil des professeurs s’est réuni, hier soir. Nous y avons fait le point sur votre présence. Et nous avons pris quelques décisions qui vous concernent. »

J’eus un coup au cœur. M’avait-elle fait venir pour m’annoncer qu’elle mettait fin à l’étude ?

« Il est patent que votre présence dissipe les élèves, en particulier dans les petites classes. Nous ne vous autoriserons donc plus à suivre les classes de sixième. Nous ne tenons pas à ce que cela conduise des élèves habituellement parfaitement sages, à recevoir la fessée. »

Intérieurement, je soufflais. Je croyais bien que j’avais échappé au pire.

« Dorénavant vous assisterez aux cours dans une classe de terminale. Il y a cependant deux conditions. La première est que vous ne serez plus le bienvenu que dans une seule classe. Les professeurs de celle dans laquelle vous étiez hier ont accepté de continuer à vous y recevoir. C’est la seule à laquelle vous aurez accès. »

Cela m’allait plutôt bien. J’avais compris le système d’ensemble en place à St Marie. Il était en place de façon analogue dans toutes les classes, quel que soit l’âge des élèves. Une observation plus continue compléterait mes informations. Suivre une seule classe allait dans ce sens. De plus, cela me permettait de me rendre aux cours de Sœur Gabrielle et ainsi de répondre à ses exigences.

« La deuxième condition consiste à vous demander d’être présent à tous les cours de cette classe, de leur début à leur fin. Il ne vous sera plus autorisé de papillonner comme vous l’avez fait ces deux derniers jours. Nous espérons ainsi que votre intégration plus grande dans le groupe d’élève, permettra d’éviter les plus importantes des perturbations que votre présence provoque. »

Elle me laissa un peu de temps pour intégrer cette nouvelle donne, tout en m’observant attentivement.

« Ces conditions ne sont pas négociables. Vous y plierez-vous ? »

Je donnais mon accord.

« Dépêchez-vous, le premier cours commence dans cinq minutes. Vous êtes donc attendus dans la cour pour vous mettre en rang.

C’est Sœur Thérèse qui dispensait le premier cours. Chacun avait correctement appris ses leçons, il n’y eut donc pas de fessée au début du cours. L’heure passa, monotone, sans événement notable. Ce fut pareil lors de la deuxième heure. Je commençais à m’ennuyer ferme au fond de la classe. Le contenu qui passionnait la professeure et les élèves ne m’intéressait pas. Je ne savais pas quoi faire de tout ce temps inoccupé.

« Il faudra que j’apporte de quoi remplir mon temps, pensais-je, sans quoi je vais mourir d’ennui. »

La fin de l’heure et la récréation qu’elle signifiait vint apporter un peu de changement à cette routine qui me pesait déjà. Ce fut un soulagement de courte durée. J’avais rendez-vous avec Sœur Gabrielle.

J’avais lavé la culotte qu’elle m’avait prêtée et elle avait séché pendant la nuit. Un sac plastique contenant le sous-vêtement à la main, je toquais à la porte de son bureau situé dans le gymnase. Sœur Gabrielle arriva derrière moi, ce qui me fit sursauter. Elle ouvrit la porte.

« Entrez donc, je vous attendais. Je suis contente de voir que vous êtes à l’heure. »

Sœur Gabrielle s’installa derrière son bureau.

« Avez-vous rapporté la culotte ?

– Oui ma Sœur, elle est là, dis-je en montrant le sac que je tenais à bout de bras.

– L’avez-vous lavée ?

– Oui, ma Sœur, elle est propre.

– Approchez que je vois cela ! »

Je contournai le bureau et je lui remis le sac. Elle déplia la culotte et en examina le fond.

« Parfait, me complimenta-t-elle, c’est propre exactement comme il faut. Voyons ce qu’il en est de vos fesses. »

J’avais espéré qu’elle oublierait cette promesse qu’elle m’avait faite. Elle me fit approcher plus près d’elle, puis elle déboutonna mon pantalon puis le baissa. Elle se leva alors et me ceintura pour me courber sous son bras. Je prenais soin de montrer ma coopération. Je la laissais me placer comme elle le voulait. Elle baissa alors ma culotte. Je crispais involontairement mes fesses.

« Allons, détendez-vous. Si ces fesses sont propres, il n’y aura pas de fessée. »

Elle me tapotait doucement les fesses.

« Il faut, cependant, que vous me laissiez voir. Si vous m’en empêchez, je serai contrainte de sévir. Laissez-moi faire. »

Elle frotta mes fesses de sa main jusqu’à ce qu’elle sente que j’avais détendu mes muscles fessiers.

« Maintenant, il faut me laisser faire ! »

Elle écarta mes fesses et passa sa main dans la raie, essayant mon anus avec un mouchoir en papier qu’elle avait pris dans le paquet posé sur son bureau. Je réussis à réprimer le réflexe de contraction.

« C’est bien, voyons le devant maintenant ! »

Elle me redressa et me fit pivoter pour me placer face à la fenêtre. Je ne m’étais pas aperçu qu’à travers la vitre, on voyait le terrain de sport qui longeait le bâtiment. Il était évident que si on avait une aussi bonne vue de l’intérieur, il en allait de même depuis l’extérieur. Lors de mon déculottage et de l’inspection de mes fesses, je tournais le dos à cet extérieur maintenant si présent. Il y avait quelques élèves qui passaient à l’autre bout du terrain, mais il suffisait que l’un d’entre eux se rapproche pour découvrir ma nudité.

J’eus un réflexe malheureux en couvrant mon sexe de mes deux mains. La réponse de Sœur Gabrielle ne tarda pas. Elle me claqua le haut des cuisses trois ou quatre fois tout en me grondant.

« Cela suffit, j’ai vu des fesses de grands garçons bien plus souvent que vous. Les vôtres n’ont rien d’exceptionnel. Il n’y a donc rien à cacher. »

J’avais enlevé mes mains dès que j’avais réalisé mon erreur. Etre vu de l’extérieur n’était qu’une probabilité, être fessé par Sœur Gabrielle si je continuais était une certitude. Sœur Gabrielle s’accroupit devant moi. Elle souleva mes bourses et mon sexe pour vérifier la propreté en dessous. Puis elle passa sa main dans le pli de l’aine entre mes jambes. Enfin, elle décalotta mon sexe.

« C’est bien, dit-elle. C’est propre. »

Elle reprit sa place sur la chaise derrière son bureau.

« Je repère rapidement les garçons et les filles qui négligent leur hygiène intime. J’étais persuadé que vous étiez de ceux-là. Je ne me suis pas trompée. Maintenant, avec vos trois douches obligatoires par semaine, que vous serez obligé de doubler afin de ne pas arriver à mon cours avec les fesses sales, vous serez à peu près propre toute la semaine. Ce n’est pas encore l’idéal, mais c’est beaucoup mieux qu’avant. Je suis également certaine que vous changerez de culotte au moins trois fois par semaine. »

Plus le temps passait, plus le risque d’être aperçu depuis l’extérieur grandissait. J’avais hâte que Sœur Gabrielle m’autorise à me reculotter.

« A propos de culotte, continua-t-elle, je n’apprécie pas les culottes de couleur comme les vôtres. Je préfère les blanches. On voit bien mieux si elles ne sont pas impeccables. Si vous portiez l’uniforme de St Marie, cela en ferait partie. Il est vrai que vous n’êtes pas un élève. »

J’aurais aimé qu’elle en prît conscience plus tôt.

« Reculottez-vous, il est l’heure de retourner en classe. »

Je me rhabillais le plus vite possible, soulagé de n’avoir pas été vu dans cette tenue embarrassante. Je saluais Sœur Gabrielle et je me dirigeais vers la porte. Du coin de l’œil, j’aperçus un groupe d’élève qui passait juste devant la fenêtre. Il s’en était fallu de moins d’une minute.

Je repartais vers mon prochain cours, le cœur léger. Certes, j’étais soulagé de ne pas avoir reçu de fessée, mais il y avait quelque chose de plus. Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour comprendre de quoi il s’agissait. J’étais fier des compliments que Sœur Gabrielle m’avait faits.

Au fond de moi, je savais qu’elle avait raison. Les questions d’hygiène corporelle n’avaient jamais été une de mes préoccupations prioritaires. Vers l’âge de six ans, considérant que j’étais grand, mes parents avaient considéré que j’étais désormais autonome sur ce point. Ma mère intervenait de temps en temps, notamment sur le rythme auquel je changeais de sous-vêtements, mais j’étais seul décideur des moments où je prenais une douche. C’était devenu rapidement assez irrégulier.

J’avais du mal à me lever le matin et, quand j’étais en retard, je n’hésitais pas à sauter une douche. Parfois, cela m’arrivait deux ou trois jours de suite. Je faisais attention à ce que mon apparence extérieure soit satisfaisante. Ce qui ne se voyait pas était secondaire. En moi-même, je me reprochais ce laxisme, mais je me trouvais toujours une bonne excuse pour déroger aux bonnes résolutions que je prenais régulièrement.

En me réveillant ce matin-là, j’avais décidé de passer le quart d’heure de marge que j’avais à paresser dans mon lit, enfoui sous la chaleur de la couette. A la pensée de la fessée que cela me vaudrait lorsque Sœur Gabrielle se rendrait compte que je n’avais pas pris de douche, je sautais de mon lit et je filais vers la salle de bains. J’apportais un soin minutieux à ma toilette, en particulier à tous les endroits que je laissais souvent de côté. En me séchant, je pensais à Sœur Gabrielle et à l’inspection qu’elle me ferait subir.

« J’espère qu’elle sera contente de moi, avais-je pensé. »

Sœur Gabrielle, après avoir identifié cette négligence, avait posé une exigence et elle avait les moyens de la faire respecter. Je savais quelle punition résulterait de mon laisser-aller et elle était suffisamment dissuasive pour que je la prenne au sérieux.

Dans mon esprit, elle faisait maintenant référence, un peu comme un parent de substitution, celle qui savait punir quand je le méritais, mais également celle qui savait me récompenser et me féliciter. La veille, j’avais eu la fessée, mais elle était tout à fait justifiée, aujourd’hui j’avais eu ses félicitations qui l’étaient également.

Je me sentais un peu plus en sécurité. Mes sentiments, envers elle, pouvaient paraître ambivalents : d’une part la crainte qu’elle m’inspirait et de l’autre mon attente de son approbation. Ce n’était, en fait que deux facettes du même besoin de repère.

D’un côté, j’avais besoin qu’elle exerce sa sévérité quand je m’étais livré à un relâchement répréhensible. Cela exorcisait la culpabilité que je ressentais, culpabilité découlant de la faute que j’avais commise, mais également de ne pas être à la hauteur des espoirs que Sœur Gabrielle plaçait en moi. Je n’avais pas senti de ressentiment de sa part après la fessée qu’elle m’avait donnée. Cette punition avait soldé mon compte, j’étais pardonné.

De l’autre côté, j’avais besoin de ses encouragements et de son assentiment lorsque mes efforts avaient porté leurs fruits. Ils me montraient que j’étais capable de devenir responsable, y compris sur ces questions. C’était, à chaque fois grandir un peu.

J’espérais bien que Sœur Gabrielle continuerait longtemps à me porter attention, même si elle devait se traduire par de sévères punitions douloureuses et humiliantes.

Je me pris à regretter de me pas avoir pu bénéficier d’un moment de tendresse maternelle, dans les bras de Sœur Gabrielle.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 8

La routine s’installa dans mon activité à St Marie. Les rituels bien en place constituaient des repères dans le temps qui rythmaient la vie quotidienne. Il fallait être prêt pour le petit déjeuner à sept heures trente. Je me levais donc à sept heures, mais quand je n’avais pas cours d’éducation physique avec Sœur Gabrielle, il m’arrivait fréquemment de m’accorder un quart d’heure de plus au lit. C’était alors un jour sans douche.

Les cours commençaient à huit heures et le déjeuner à douze heures trente venait clore la matinée. La récréation sonnait à dix heures, nos avions alors droit un quart d’heure de pause, dont nous bénéficions également avant le repas de midi. Avant que les cours ne reprennent à quatorze heures, il y avait une longue pause qui suivait le déjeuner. Une récréation à quinze heures coupait l’après-midi qui s’achevait à dix-sept heures quinze, sauf le vendredi où chacun était libre à seize heures quinze. Les externes étant partis, il y avait une étude jusqu’à dix-neuf heures. Le repas s’achevait un peu après vingt heures. Là, les maîtresses de dortoirs prenaient le relais jusqu’au lendemain matin.

Ma journée était donc maintenant totalement occupée de mon lever jusqu’à un peu après dix-sept heures. Je pouvais vaquer à mes occupations à partir de ce moment. Les élèves internes étaient pris en mains à tous les instants. Ils étaient en permanence sous le contrôle d’un adulte. Il se distendait un peu pendant les récréations, mais, comme j’avais pu m’en apercevoir dès mon premier jour à St Marie, une surveillance attentive était la règle et elle n’était jamais très distante.

Chaque heure de cours avait son rituel et il se reproduisait presqu’immuablement. Tout commençait par des élèves silencieux se tenant debout à côté de leur pupitre, les bras croisés devant eux. Il y avait alors le moment du bonjour. Le professeur attendait que chacun se tienne parfaitement immobile. Les retardataires à exécuter cette consigne non formulée était tancés vertement. La récidive conduisait à la fessée.

Chaque professeur avait son seuil de tolérance et sa manière bien à lui de sévir. Sœur Thérèse était peu patiente. Deux ou trois secondes de distraction à ce moment-là suffisait à déclencher son courroux. Elle se dirigeait alors vers le ou la coupable. Elle ordonnait à l’élève concerné de baisser son pantalon ou de relever sa jupe, puis elle le courbait sous son bras pour le déculotter. S’en suivait une courte fessée, mais qui rougissait pourtant les fesses du récalcitrant.

L’ordre ayant été rétabli, le professeur lançait les salutations :

« Bonjour les e n f a n t s !

– Bonjour Sœur Thérèse, lui était-il répondu dans un parfait ensemble.

– Asseyez-vous. »

L’installation se faisait dans un silence religieux. Quand je questionnais Sœur Thérèse sur la raison de ce rite, elle m’expliqua qu’ainsi, les professeurs obtenaient l’attention des élèves dès la première minute du cours. Cela permettait à chacun de laisser de côté les soucis extérieurs à la classe et d’être totalement attentif à ce qui allait suivre. J’en tirais encore des enseignements pour mon étude. Les méthodes en vigueur avaient été poussées très loin. Chaque moment était réfléchi et la cohésion de l’équipe éducative était impressionnante.

Suivait alors le temps, tant redouté, de la récitation des leçons. Il se concluait fréquemment par une ou deux fessées, le niveau d’exigence étant très élevé. Avant la fin de l’heure, les sœurs dictaient les leçons à apprendre et les devoirs à faire pour le prochain cours. J’appris qu’une concertation entre les enseignants permettait d’équilibrer dans la semaine le temps à consacrer, une fois les cours achevés, à ce travail à la maison.

La sortie de classe se faisait en silence, dans l’ordre. Le rang le plus proche de la porte sortait en premier. Il était suivit par celui qui était à son côté, jusqu’à celui qui se tenait près de la fenêtre. Chacun attendait, debout et en silence, son tour. Le professeur supervisait l’ensemble, sans avoir besoin d’intervenir.

Il n’y avait pas de fessée administrée à chaque cours, mais rares étaient les journées où il n’y avait pas au moins un élève de la classe qui en reçoive une. Il était courant qu’une journée se conclue après que j’avais assisté à trois ou quatre fessées. Quand on approchait la dizaine de fessées en une journée, nous étions dans un jour exceptionnel. Les professeurs les appelaient des journées électriques au cours desquelles les élèves multipliaient les bavardages, les inattentions et le travail bâclé. Cela arrivait plus souvent, m’expliqua-t-on, à certaines périodes de plus grande fatigue, comme les fins de trimestre. La direction de St Marie faisait alors passer aux familles et aux tuteurs des consignes de couchers avancés afin d’allonger les nuits pour mieux récupérer. L’internat de St Marie suivait bien entendu cette consigne. C’était alors l’occasion de nouvelles fessées pour les récalcitrants à ces endormissements prématurés.

La fessée était une solution efficace aux écarts dont les élèves se rendaient coupables, mais sa fréquence était également un baromètre de leur état de fatigue et d’énervement. Tout cela était suivi attentivement par l’équipe d’encadrement de l’établissement. J’étais admiratif de la complexité du système mis en place et de l’habilité de l’ensemble des adultes à le piloter. Sœur Marie Joseph, la directrice menait la barque avec compétence.

Il y avait toutefois des circonstances exceptionnelles qui expliquaient une recrudescence soudaine de punitions. Je fus témoins de l’une d’elle au cours de la deuxième semaine de suivi de la classe de terminale.

Ce jour-là, après la récitation des leçons qui avait été brève et s’était finie sans qu’aucune fessée ne soit distribuée, Sœur Thérèse rendit un devoir qui avait été réalisé sur table quelques jours auparavant. La tension monta dans la classe. Ceux qui pensaient avoir raté leur devoir sentirent une boule se former dans leur estomac. Sœur Thérèse commença par les meilleures copies dont les auteurs furent chaudement félicités. Elle descendait dans les notes et s’arrêta à ceux qui avaient eu juste la moyenne en leur recommandant des efforts supplémentaires.

« Qui sont ceux à qui je n’ai pas rendu leur devoir ? »

Six élèves levèrent le doigt. Le silence dans la classe s’était fait pesant. On pouvait presque le toucher de la main.

« Levez-vous ! »

Je compris, avec un peu de retard sur mes condisciples, que ces six jeunes gens avaient une note en dessous de la moyenne. C’était un motif évident de fessée.

« Allez vous aligner sur l’estrade ! »

En silence, pâles ou les joues rouges, certains des larmes déjà dans les yeux, les six élèves s’alignèrent face à nous, les mains dans le dos. Cela ressemblait à un ballet bien réglé par l’habitude.

« Clément et Inès, allez vous mettre au coin ! »

Les deux élèves ainsi désignés prirent la position habituelle chacun le nez dans un angle de la salle de classe.

« Nous avons ici quatre élèves dont le devoir est très nettement insuffisant. Nicolas : huit, Laura : sept, Pierre : cinq et Alexis : trois.

Elle posait les copies une par une sur son bureau.

« Quatre notes bien en-dessous de la moyenne. »

Sœur Thérèse laissa cette phrase faire son chemin dans l’esprit de chacun des quatre protagonistes de la scène.

« Quelle est la punition pour une note en dessous de la moyenne ? Pierre, qu’en pensez-vous ? »

D’une voix tremblotante, Pierre répondit :

« La fessée, ma Sœur.

– Etes-vous d’accord, les trois autres ?

– Oui, ma Sœur, lui fut-il répondu à l’unisson.

– Parfait ! Les garçons, baissez votre pantalon et vous, Laura, relevez votre jupe ! »

Bientôt, ce furent quatre culottes blanches qui apparurent, alignées sur l’estrade. Sœur Thérèse passa derrière chacun d’eux et baissa leur culotte jusqu’à hauteur de leurs genoux. Ils montraient leur pubis à toute la classe, un rang de jeunes e n f a n t s attendant leur punition. Ceux de Nicolas et Laura étaient totalement épilé, ce qui les faisait encore plus ressembler à des petits e n f a n t s.

« Nous allons procéder par ordre. Ceux qui ont eu les plus basses notes auront, bien entendu, une fessée plus sévère. »

Sœur Gabrielle attrapa Nicolas par le bras, et lui fit faire deux pas sur le côté. Elle le tourna dos à la classe, montrant maintenant ses fesses à tous ses camarades. Elle le ploya sous son bras sans qu’il oppose la moindre résistance. La fessée commença. Ce fut une avalanche de claques fortes retentissantes, se succédant rapidement, sans pause. Nicolas se mit à gémir presque dès la première claque. Bien vite, il battit faiblement des pieds, ses mouvements limités par son pantalon. Puis ses fesses prirent une teinte rose, puis rouge. Il pleurait maintenant sans discontinuer intercalant des cris quand la main de Sœur Gabrielle trouvait un endroit encore épargné par la fessée. Quand il fut relâché, sans en avoir reçu l’ordre, il se dirigea tout droit vers le piquet, à droite du tableau. Il posa son nez contre le mur et ses mains sur sa tête.

« Laura, à votre tour ! »

Sœur Gabrielle prit Laura sous son bras et la jeune fille reçut une fessée équivalente à celle de Nicolas. Elle n’arrêta pas de demander pardon et de promettre un travail plus assidu. Laura réussit à retenir ses pleurs bien plus longtemps que Nicolas, mais elle finit, elle aussi, par fondre en larmes. Elle était encore en s a n g lots quand elle se plaça au piquet à côté de Nicolas.

La fessée des deux punis suivants fut bien plus rigoureuse. Courbés sous le coude de Sœur Thérèse, ils subirent une première fessée analogue à celle des deux premiers. Sœur Thérèse s’attachait à rougir sérieusement leurs fesses. Pierre, qui était pourtant visiblement l’un des plus âgés de la classe, fondit en larmes à la première claque. Il pleura tout au long de sa fessée. Il haletait quand il fut mis en pénitence à côté de ses deux camarades et il eut des difficultés à reprendre une respiration normale. Alexis poussait un petit cri à chaque fois que la main de Sœur Thérèse claquait ses fesses. Il remuait tellement sous le bras de la religieuse que celle-ci dut le menacer.

« Alexis, vous stoppez tout de suite cette danse de Saint Guy ou je vous administre une autre fessée à la fin du cours. »

Alexis se calma un peu, mais ses jambes s’agitaient encore dans tous les sens, obligeant Sœur Thérèse à supporter régulièrement la totalité de son poids. La fessée de Pierre et Alexis fut prolongée par une longue série de claques sur le haut des cuisses dont la couleur s’harmonisa avec celle de leurs fesses.

En moins de dix minutes, nous avions quatre jeunes gens, mi pleurant, mi reniflant, qui immobiles au piquet, montraient leurs fesses colorées. Sœur Thérèse ne laissait pas paraitre ses émotions. Son visage était grave, mais serein. Elle faisait acte de justice. Cela se voyait.

« Clément et Inès, venez me voir. »

Les deux derniers punis vinrent se placer face à Sœur Thérèse. »

« Tournez-vous pour faire face à vos camarades ! »

Sœur Thérèse prit leur devoir et fit semblant de les lire avec un air navré.

« Si vous n’aviez pas été si éloignés l’un de l’autre, j’aurai parié que vous avez copié l’un sur l’autre. Copié uniquement les erreurs de votre camarade. Il y avait, certes, des exercices difficiles dans ce devoir, mais il y en avait également qui consistaient tout simplement à utiliser ce qui a été vu en classe. Même ceux-là, vous les avez loupés. Zéro, je vous ai mis zéro ! »

Comme souvent, Sœur Thérèse laissa passer un blanc pour laisser sa remontrance faire son effet.

« On pourrait penser avoir affaire à deux e n f a n t s à l’esprit limité. Je sais que ce n’est pas le cas. C’est un manque de travail évident, des leçons non apprises, des révisions négligées. C’est inadmissible et je vous promets que je vais m’occuper de vous faire travailler suffisamment pour que votre prochaine note soit bien au-dessus de la moyenne. »

Je voyais, à la tête qu’ils faisaient tous les deux sur l’estrade que la semonce avait atteint son but. Ils étaient tous deux proches des larmes.

« Pour commencer, vous serez collés tout le week-end prochain. Nous referons ensemble toutes les cours qui vous ont semblé inutiles. Je vous promets que vous saurez tout cela par cœur avant le dimanche soir et que vos fesses s’en souviendront. Mais tout d’abord, la fessée s’impose. Je vous la promets magistrale. »

C’étaient deux e n f a n t s qui se tenaient maintenant sur l’estrade. Tête baissée, des larmes roulant sur leurs joues, ils figuraient le parfait tableau de l’attente de la fessée.

« Clément, votre pantalon, Inès, votre jupe ! »

Bien que ce déculottage ce soit effectué en public, aucun des deux n’hésita. Ils dévoilèrent leur culotte, conscient qu’elle ne resterait pas bien longtemps à la place où elle était. Sœur Thérèse fit glisser le sous-vêtement de chacun deux le long de leurs cuisses.

Alors, elle plaça la chaise au milieu de l’estrade et elle prit la règle sur le bureau. Chacun savait depuis le début à quoi s’attendre. A St Marie, un zéro se finissait toujours par une fessée à la règle. Maintenant, surtout pour les punis, cela devenait concret et imminent.

« Inès, je vous attends ! »

La jeune femme vint se placer à droite de Sœur Thérèse et elle se coucha sur ses genoux quand la religieuse, d’un geste, l’y invita. Il n’y eut pas de préambule. Tout était dit. La règle s’abattit à plat en travers des fesses d’Inès qui ouvrit de grands yeux, manqua de s’étrangler dans un cri silencieux. Tout l’air avait fui ses poumons. Elle ne retrouva suffisamment de souffle qu’après que Sœur Thérèse ait frappé avec la règle une bonne dizaine de fois au même endroit. Alors Inès poussa un long hurlement qui s’effondra en un long s a n g lot. Elle lança ses mains en arrière, mais les retint juste avant qu’elles ne couvrent ses fesses. Elle les ramena devant elle et elle mordit dans son poing. Sœur Thérèse abattait la règle sur les fesses de la jeune femme avec une très grande fréquence. Chaque claquée de la règle suivait de près la précédente et cette vitesse ne laissait pas le temps de se préparer. C’était un long tunnel de douleur, pendant lequel, Inès oublia tout ce qui ne concernait pas la fessée qu’elle recevait.

Elle resta allongée sur les genoux de Sœur Thérèse bien après que la fessée avait cessé. Elle pleurait, le visage enfoui dans la rode de la religieuse.

« Debout Inès, il faut laisser la place à Clément. Lui aussi a besoin d’une sévère punition. »

Clément avait suivi la correction qu’avait reçue sa camarade. Il tenait toujours sa chemise relevée et il exposait son sexe à toute la classe, mais cela ne le souciait pas. Il avait pali au fur et à mesure de la punition qu’avait prise Inès. Il avait maintenant du mal à avaler sa salive.

« Retournez au coin, Inès, vous y resterez jusqu’à la fin de l’heure. »

Les genoux de Sœur Thérèse étaient de nouveau disponibles.

« Clément, c’est votre tour ! »

Je n’aurai pas cru que c’était possible, mais le jeune homme pâlit encore plus. Il avala péniblement sa salive et se dirigea vers le lieu de sa correction. Sœur Thérèse le plaça en travers de ses genoux qu’elle avait écartés. Elle ajusta sa position en le faisant glisser un peu en avant. Il était grand. Ses mains et ses pieds touchaient le sol de chaque côté de la chaise. Puis, sans prévenir, la règle commença sa sarabande folle sur ses fesses. Il se mit à crier tout de suite en arquant son corps sur les genoux de la religieuse. Ses mains tenaient le barreau de la chaise et ses jambes raidies, étaient tenues à l’horizontale. Il ne touchait plus le sol. Puis, comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, il se laissa retomber émettant un grognement continu dans lequel se mélangeaient les pleurs et les cris de détresse.

La fessée achevée, Clément regagna son coin. Les fesses des quatre premiers punis avaient eu le temps de pâlir. Le contraste n’en était que plus saisissant. La règle donnait aux fesses une couleur rouge foncé qui persistait. J’avais l’impression, rien qu’en les regardant de sentir la chaleur qu’elles rayonnaient.

Sœur Thérèse ramena tout son petit monde à des préoccupations plus terre à terre. Elle laissa les quatre premiers punis au piquet un petit moment, puis elle les appela un par un pour une caresse et un câlin dans ses bras. Enfin ils retournèrent à leur place pour reprendre le déroulement du cours.

Clément et Hélène restèrent au coin jusqu’à la fin de l’heure. Sœur Thérèse s’occupa d’eux une fois tous les élèves sortis de la classe. Tous deux nous rejoignirent juste à temps pour le cours suivant. Ils avaient encore des larmes dans les yeux, mais ils semblaient apaisés. Le câlin de Sœur Thérèse avait fait son effet.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 9

Ma nouvelle position dans la classe changea rapidement mes relations avec les élèves. Dans les premiers jours, j’étais un objet difficile à cataloguer : ni professeur, ni membre de la direction ou de l’administration de l’établissement, je n’étais pas non plus un élève. Savoir quelles relations mettre en place était mission impossible. Fallait-il me traiter comme un adulte ? Je ne semblais pas en avoir les attributs, et en particulier pas le droit d’administrer la fessée. Pouvais-je être considéré comme un élève ? Pas plus puisque je disposais d’une liberté avec les règles de St Marie, ce dont les élèves ne bénéficiaient pas. Plusieurs de mes manquements auraient valu une sévère déculottée à n’importe lequel d’entre eux.

Ma présence constante dans la classe et ma plus grande assiduité à suivre les règles de St Marie m’avaient rapproché du statut des élèves. Nous cohabitions plus régulièrement, en particulier pendant les récréations et c’est tout naturellement que sont venues les questions sur ce que je faisais exactement.

Ils sont restés perplexes quand ils ont compris que je devais faire un rapport sur les méthodes éducatives de leur établissement. Cela a pris un peu de temps avant qu’ils posent les questions qui les taraudaient.

« Tu regardes quand on nous donne la fessée ? »

« Tu veux savoir si c’est grâce à la fessée que St Marie est un très bon lycée ? »

Il fallut un ou deux jours pour que les plus hardis reviennent à la charge.

« Tu vas faire un rapport ? »

Comme je répondais par l’affirmative ils continuèrent.

« Ce rapport peut changer des choses ?

– C’est pour cela qu’il est écrit, dis-je en m’avançant un peu.

– Quand auras-tu fini de l’écrire ?

La fin du trimestre leur parut une échéance toute proche.

Le lendemain, ce fut une véritable délégation qui m’entreprit.

« Tu dois écrire dans ton rapport qu’il faut supprimer la fessée !

– Non, répliqua-t-on, pas pour tout le monde, seulement pour les grands ! »

Un débat s’engagea entre eux pour savoir s’il fallait abolir la fessée seulement pour les grands ou pour tout le monde. Ils furent vite d’accord pour dire que la fessée était très utile pour les petits. Une fois ce point acquis, restait à déterminer jusqu’à quel âge on était « petit » à St Marie. Chacun y alla de son anecdote montrant que recevoir la fessée avait été profitable à l’un ou l’autre des élèves. Certains n’hésitaient pas à utiliser leur propre cas. Le consensus se fit : la fessée était une punition appropriée, sauf pour les terminales.

« Je ne peux pas l’écrire comme cela, répondis-je, il faudrait que je démontre en quoi donner la fessée aux grands provoque plus d’inconvénients que d’avantages. »

Cela relança un autre débat sur les avantages et inconvénients de la fessée. La plupart d’entre eux avaient parfaitement intégré en quoi l’utilisation de la fessée permettait de faire de St Marie un établissement de haut niveau. Il n’y eut pas d’accord sur la décision à prendre. Certains acceptaient la fessée pour les terminales, mais dans certains cas seulement.

« OK pour la fessée, dit une voix, mais pas déculottée ! »

Cette proposition fut âprement discutée. D’autres idées fusèrent :

« Si on baisse la culotte, pas devant tout le monde ! »

Les intransigeants, ceux qui étaient pour l’abolition totale, reprirent de l’ascendant sur leurs camarades. Ils finirent par convenir qu’abolir la fessée pour les terminales, était ce qui devait figurer dans mon rapport.

« Si je l’écris comme cela, tentais-je d’argumenter, cela ne passera pas. »

Ils étaient maintenant insensibles à la logique. Ils avaient un espoir, irréaliste certes, mais un espoir tout de même d’être bientôt épargnés par la fessée.

« Ça se voit que ce ne sont pas tes fesses qui sont concernées ! »

Je faillis démentir, mais je me retins juste à temps.

« S’ils savaient, pensais-je. »

La cloche de la récréation mit fin à ce conciliabule et nous allâmes nous mettre en rang en attendant le professeur du cours suivant. Je sentis tout de suite que ma popularité avait chuté. En refusant de dénoncer la fessée, je m’étais replacé pas vraiemnt du côté des adultes mais dans un entre-deux indiféni.

Afin de rompre la monotonie des cours, j’apportais du travail à faire : je remettais mes notes au propre, j’avançais dans la rédaction de mon rapport. Evidemment, tout cela n’avait rien à voir avec le contenu de ce que les élèves apprenaient en classe. Cela se voyait. Une classe à St Marie, c’est une petite trentaine de personnes qui effectuent les mêmes gestes en même temps sous les ordres de leur professeur : ouvrir un livre, prendre leur stylo, écouter, prendre en note, lever la tête, la baisser, … J’étais décalé par rapport à ce ballet et certaines de mes actions, arrivant à contretemps, troublaient l’ordre bien établi de la classe : quand j’ouvrais un livre alors que tous les autres écoutaient silencieusement le professeur, quand je posais mon crayon dans le silence total de la classe, … toutes ces petites actions s’entendaient et se voyaient. Dans cet univers d’obéissance absolu, un geste qui n’était pas effectué dans le même tempo que le reste de la classe, se remarquait immédiatement.

Un élève qui aurait pris cette liberté se serait fait reprendre. Nul doute qu’en cas de récidive, ses fesses en auraient payé le prix. Ma seule présence créait un petit espace de désobéissance discrète qui agaçait la plupart des professeurs et que les élèves avaient parfaitement repéré. J’étais celui qui osait faire ce dont chacun rêvait mais dont personne ne prenait le risque. Pour parfaire le tout, je n’étais pas sanctionné. Une espèce d’espace de non-droit, ou ce qui s’en rapprochait le plus à St Marie.

J’avais l’impression de prendre une petite revanche sur cette institution si bien réglée qui m’impressionnait tant. Je me faisais la démonstration qu’il m’était possible de mettre quelques modestes grains de sable qui n’empêchaient pas la machine de tourner, mais me permettaient de marquer mon indépendance.

J’ai sans doute été enivré par ce premier succès. Je suis allé plus loin. Pendant les cours, j’ai apporté de quoi occuper mon désœuvrement et n’ayant plus rien à voir avec un quelconque travail. J’ai commencé par un magazine. Je l’ouvrais ostensiblement sur la table de classe devant moi. Puis, tapotant sur mon téléphone, je répondais à mon courrier par SMS ou par courriel. Ces activités ne passaient pas inaperçues. Sœur Marie Véronique, la professeure de sciences, s’en offusqua à la fin du premier cours où j’avais pianoté sur mon téléphone.

« Les téléphones sont interdits à St Marie, me dit-elle.

– Excusez-moi, ma Sœur, mais il s’agit d’un outil de travail. J’en ai besoin pour rester en contact avec mes collègues du labo. Je ne fais pas de bruit, je reste discret mais je dois avancer pour rendre mon rapport à la fin du trimestre. Il me semble que certains professeurs en possèdent un. Je comprends qu’ils en aient besoin. C’est exactement la même chose pour moi. »

Sœur Marie Véronique n’était pas satisfaite de ma réponse, mais elle n’alla pas plus loin. Je pris donc le pli de venir en classe avec mon propre matériel qui n’avait rien à voir avec ce qui était abordé en cours, tout en prenant des libertés avec les règles de St Marie. Les sœurs m’avaient contraint à être présent à tous les cours, mais j’y faisais ce que je voulais.

Ma popularité remonta parmi les élèves. J’étais objet d’admiration et d’envie. D’un côté ils m’admiraient pour avoir réussi à introduire un peu de transgression des règles dans leur vie d’obéissance. Ils la vivaient par procuration. De l’autre ils m’enviaient parce que je faisais des actes qui étaient inatteignables pour eux. Pendant une récréation je surpris un groupe d’élèves de ma classe qui échangeaient sur ma situation. Ils se mirent vite d’accord sur le fait que je ne me permettais ces écarts graves uniquement parce que je ne risquais pas de prendre la fessée. Ils parlèrent de privilèges, d’avantages dont ils devraient, eux aussi, bénéficier. Ils évoquèrent l’injustice de la situation.

Le mercredi matin, pendant la récréation, je découvris une nouvelle facette du système de punition de St Marie. Alors que nous sortions tous des cours, une des rares enseignantes qui n’était pas une religieuse amena une jeune fille au piquet sous le préau. Elle la tenait par l’oreille et l’élève tordait son cou pour tenter de soulager son oreille.

« C’est Virginie ! souffla l’un des garçons qui me précédaient. »

L’enseignante plaça la jeune fille, une élève de sa classe de première, le nez contre le mur. Elle releva sa jupe et la glissa sous la ceinture, puis elle baissa la culotte qu’elle venait de mettre à la vue de tout le monde. Enfin, pour faire bonne mesure, elle asséna une dizaine de claques sur les fesses de la jeune fille qui étaient pourtant déjà bien rouges. Enfin, elle la laissa là.

Un murmure parcourut les rangs de la classe. Il se confirma vite que cette élève avait été surprise à tricher pendant un devoir surveillé. Tous les élèves étaient à la fois indignés de cette faute inexcusable, et compatissants avec ce qui était promis à la jeune fille. Je ne comprenais pas pourquoi cette fessée, somme toute assez légère, même si, au regard de la couleur des fesses de la jeune fille, elle faisait suite à une première reçue en classe, apparaissait comme un événement exceptionnel. Certes, placée au piquet sous le préau, la culotte baissée, elle offrait la vue de ses fesses à tous, mais le nombre de spectateurs ne faisait pas une différence si essentielle.

Je compris assez vite ce que signifiait être puni d’une « fessée de récréation ». Sœur Marie Hortense, qui était la Préfète de discipline arriva bien vite. Je ne l’avais pas encore vu officier. Elle tenait à la main un instrument qui semblait redoutable. C’était un manche en bois au bout duquel était fixée une épaisse lanière de cuir.

Sans plus de commentaire, elle attrapa la jeune fille par l’oreille et l’emmena vers le centre du préau. Là, elle la fourra sous son coude, réajusta la jupe afin qu’elle ne couvre plus rien des fesses de la Virginie.

« Pardon ma Sœur, pardon, je ne recommencerai plus, pardon »

Sœur Marie Hortense semblait indifférente à la litanie de la jeune fille. Elle leva son bras et, donnant le maximum de vitesse à la lanière de son instrument punitif, elle l’abattit sur les fesses de la jeune fille. Le claquement ne fut pas impressionnant. La réaction de Virginie, par contre, le fut.

L’ensemble de ses muscles se tétanisa. Elle se raidit des pieds à ma tête et ses jambes montèrent à l’horizontal. Virginie émit un hoquet étranglé. Sœur Marie Hortense supportait le poids de la jeune fille sans broncher. Cet effort ne perturba pas le rythme de la punition. Une deuxième fois, elle appliqua la lanière sur les fesses de Virginie. Cette fois-ci, ce fut une longue plainte qui répondit à la douleur. Le postérieur de Virginie étaient barré par deux longues traces rouges parallèles. Il y en eut bientôt une troisième, puis une quatrième.

La lanière de cuir s’abattait régulièrement. Sœur Marie Hortense avait adopté un rythme lent qui détachait bien chaque coup de lanière l’un de l’autre. Compte tenu de la souplesse de l’instrument punitif, il fallait qu’elle prenne son élan pour que la lanière prenant de la vitesse, accumule de l’énergie qu’elle dissipait sur les fesses de la punie qu’elle tenait sous son bras. Le résultat était ravageur.

Virginie criait, s a n g lotait, tentait de supplier sa correctrice et promettait tout ce qu’elle pouvait. Cela donnait un résultat incompréhensible tellement ses phrases étaient hachées par les interruptions que provoquait la lanière à chaque fois qu’elle marquait les fesses de la jeune fille. Elle trépignait sur place au rythme de la fessée.

Finalement, les marques rouges sur les fesses de Virginie couvrirent toute la surface de son postérieur. Elles se croisèrent, se chevauchèrent jusqu’à obtenir un rouge sombre uniforme. Sœur Marie Hortense s’en tint là. Elle relâcha la jeune fille. Les jambes de Virginie de dérobèrent sous son poids. Elle serait tombée si sœur Marie Hortense ne l’avait pas soutenue. Cette défaillance ne dura pas. Sœur Véronique remit la jeune fille au piquet. Celle-ci reprit la pose, nez contre le mur et mains sur la tête. Ses s a n g lots peu à peu s’espacèrent. Le rouge de ses fesses pâlit doucement, mais à la fin de la récréation, elles étaient encore bien enflammées.

Sœur Marie Hortense revint inspecter son travail à la fin de la récréation. Elle passa sa main sur les fesses de la jeune fille et elle eut un hochement de tête approbateur.

« Vous êtes punie pendant deux jours. Je vous donnerai la fessée à chaque récréation. Vous reviendrez me voir après le déjeuner. Je m’occuperai alors du haut de vos cuisses. N’oubliez pas ! »

La jeune fille hocha la tête pour montrer son acceptation, tout en réprimant un s a n g lot. Ses yeux étaient encore remplis de larmes. Elle reçut alors l’autorisation de remonter sa culotte, ce qu’elle fit avec précaution et quelques grimaces de douleur, notamment quand l’élastique de sa culotte passa le gras de ses fesses. Je pensais avec compassion au moment où elle devrait s’assoir sur sa chaise. Les deux prochains jours promettaient d’être inconfortables.

La semaine d’école tirait sur sa fin. Nous finissions par une heure d’éducation physique sous la houlette de Sœur Gabrielle. J’avais participé aux activités des autres garçons sans chercher à me dérober. Habillé dans la même tenue de sport que les autres, je passais inaperçu. Les deux premières séquences de la semaine s’étaient passées sans anicroche, du moins en ce qui me concerne.

Sœur Gabrielle avait donné quelques fessées qui se limitaient à quelques tapes bien senties sur les fesses des contrevenants, essentiellement pour réprimer ceux qui flemmardaient pendant les déshabillages ou pour exiger une propreté plus nette de l’une ou l’autre partie du corps d’un de ces jeunes gens. L’une d’elles avait été plus sérieuse. Pour une propreté approximative, un garçon avait fini en pleurs, courbé sous le bras de la religieuse.

Ces jours-là, j’avais fait attention à prendre une douche méticuleuse et à avoir une culotte bien propre. A la fin des deux cours, j’avais pris ma douche sans discuter, même si j’étais toujours aussi mal à l’aise de me montrer nu devant les autres garçons. Sœur Gabrielle me surveillait, comme elle le faisait pour les autres garçons. Elle ne faisait pas particulièrement attention à moi, mais j’avais l’impression d’être en permanence sous son regard. J’avais le sentiment qu’elle voyait tout ce qui se passait autour d’elle, y compris quand elle avait le dos tourné. Nul, et surtout pas moi, ne se serait risqué à commettre une infraction rien que pour vérifier si elle avait effectivement des yeux dans le dos, comme la rumeur le laissait croire.

Dans le vestiaire, ce vendredi-là, je me déshabillais, pour passer ma tenue de sport. J’étais en sous-vêtement, ce qui n’outrageait pas ma pudeur. Comme à son habitude, Sœur Gabrielle passait entre les garçons qui se préparaient pour son cours. Elle s’arrêta devant moi. Elle me prit pas la main et m’amena vers un lieu plus éclairé de la pièce. Elle me ceintura et me courba sous son bras. Je ne pus retenir une supplication :

« Non, ma sœur, pas la fessée ! »

– Auriez-vous commis une bêtise qui m’ait échappée ? Je n’ai pas trouvé que vous en ayez mérité une pour l’instant. »

Sœur Gabrielle baissa alors ma culotte. Elle passa sa main sur mes fesses et elle m’avertit :

« Attention, laissez-moi faire ! »

Elle écarta alors mes globes fessiers et passa, au fond de la raie de mes fesses, une feuille de papier hygiénique qu’elle avait sorti de sa poche. Elle tendit la peau du pli de l’aine et en éprouva la propreté en y passant sa main. Alors, en me remettant debout, elle vérifia la propreté de la zone autour de mon pubis en soulevant mon sexe, puis en le décalottant.

C’était la deuxième inspection que je subissais pour vérifier ma propreté. Je ressentais, à leur propos, un sentiment ambivalent. Je savais à quoi m’attendre, j’en avais une certaine habitude, quoique récente, ce qui en atténuait le caractère exotique. Je ne pourrais pas dire que je m’y habituais, tant était fort le sentiment de honte de devoir être soumis à ce traitement comme un petit garçon, tout en sachant qu’il était parfaitement justifié compte tenu de mes négligences.

Celle-ci s’était déroulée en public. Je sentais le rouge me monter au front. Elle m’avait déculotté comme elle le faisait avec ses élèves. Son attention maternelle à mes parties intimes révélait publiquement combien elle me contrôlait y compris jusqu’aux aspects les plus privés de ma vie. Ma soumission confirmait son droit à vérifier mon hygiène. Nos quelques paroles échangées que certains de mes condisciples avaient sûrement entendues, expliquaient qu’elle pouvait, si nécessaire, me soumettre à la fessée.

Sœur Gabrielle m’autorisa à me reculotter, ce que je fis avec le plus de célérité possible. Je jetais un œil autour de moi et je ne remarquais pas une effervescence particulière suite à mon déculottage. C’était, à St Marie une scène assez banale qui pouvait arriver n’importe quand à n’importe quel élève, surtout avec Sœur Gabrielle à proximité. Cela ne méritait pas qu’on y accordât une attention particulière. Nul ne semblait noter que le consultant qui venait d’être soumis à ce traitement commun pour les élèves, n’était pas l’un deux.

En finissant d’enfiler ma tenue de sport, je soufflais intérieurement. Cela ne s’était pas achevé par une fessée que Sœur Gabrielle n’aurait sans doute pas hésité à m’administrer en présence de tous les élèves. Je songeais à ce qu’il aurait pu en être si, comme j’avais failli le faire ce matin, j’avais cédé à ma tendance à la paresse en sautant la douche pour gagner quinze minutes dans mon lit.

J’avais supposé qu’après deux cours sans examen particulier de ma propreté, Sœur Gabrielle considérait maintenant que mon attention à mon hygiène corporelle était acquise. Je venais d’avoir la preuve qu’il n’en était rien. Je devais me faire à l’idée que ses contrôles seraient aléatoires. Cela signifiait que je ne pouvais pas me relâcher sur mes prises de douches, du moins les jours où j’avais un cours d’éducation physique.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 10

Mon étude avançait comme prévu. Le professeur Girard, la directrice de mon laboratoire, me félicitait de la matière recueillie et nous commencions à envisager le plan du rapport. La routine avait repris à St Marie. Je suivais tous les cours de la classe de terminale et j’avais mes habitudes vaquant à mes occupations propres dans le fond de la classe.

Je sentais bien que plus j’étais indifférent à ce qui se passait dans la classe, plus les enseignantes étaient agacées d’avoir un parasite dans leur pré carré. Cependant, elles faisaient avec. Nous étions arrivés à un équilibre, certes pas f o r c é ment immuable car je sentais bien qu’il faudrait peu de chose pour le déstabiliser. Ces petites choses s’accumulèrent peu à peu.

Dès le lundi, un incident aurait dû attirer mon attention. Nous étions en cours de physique avec Sœur Marie Véronique. Je suivais peu le contenu de ce qui était abordé, c’est dans cette matière que j’avais été le plus réfractaire durant mes études. C’est pourquoi je m’étais plutôt orienté vers des matières littéraires. Je fus tiré du magazine que je lisais par un changement de ton dans la voix de la professeure. La tension monta dans la classe jusqu’à devenir palpable. C’était le signe d’une fessée proche et tous le ressentaient. Fabrice, l’un des plus jeunes de la classe, le perçut bien plus fortement que les autres quand il fut interpellé directement par Sœur Marie Véronique.

« Pouvez-vous m’apporter, Fabrice, ce que vous lisez actuellement ? »

Fabrice rougit, il ouvrit la bouche pour parler, hésita une petite seconde et se leva. Il se dirigea vers l’estrade et remit un document constitué de quelques feuillets à Sœur Marie Véronique. Celle-ci prit le temps d’en prendre connaissance.

« Expliquez-moi, s’il vous plait, le rapport entre ce que vous lisiez et notre cours sur les ondes et la matière ?

– Non, ma Sœur.

– Non, … c'est-à-dire que vous ne savez pas, que vous ne pouvez pas, que vous ne voulez pas ?

– Oui, … enfin, non … euh, je veux dire …

– Votre propos n’est pas des plus limpides. Y a-t-il un rapport entre ce que vous lisiez et le cours d’aujourd’hui ? »

Fabrice laissa passer un petit moment, puis il baissa la tête et finit par dire d’une petite voix :

« Non, ma Sœur. »

Son sort était scellé. C’était une fessée assurée. Sœur Marie Véronique continua son interrogatoire afin de bien mettre en évidence la culpabilité de l’élève déjà accablé qu’elle avait devant elle.

« Vous vous permettez, Fabrice, de faire autre chose que de suivre le cours ! Depuis quand cela fait-il partie des habitudes dans cet établissement ? Je vais vous faire passer cette envie. »

Moins d’une minute plus tard, Fabrice était allongé sur les genoux de Sœur Marie Véronique, le pantalon et la culotte à hauteur des mollets. La main nue de la religieuse suffit à rougir rapidement ses fesses et à le transformer en un petit garçon s a n g lotant. Sœur Marie Véronique utilisa la règle pour parfaire la correction qu’elle lui administrait.

« Puisque le cours ne vous intéresse pas, mon garçon, vous allez passer le reste de l’heure, au coin, à nous montrer combien de temps vos fesses vont rester colorées. Je suis certaine qu’au prochain cours vous trouverez plus d’intérêt à son contenu. »

Quand, au début du cours qui suivait, Fabrice rejoignit la classe, il me jetait des regards de travers. Certains de ses camarades ne se gênèrent pas pour dire assez fort pour que je l’entende, ce que tous ou presque pensaient tout bas : Fabrice avait reçu une fessée pour avoir fait la même chose que moi. Lui en avait été sanctionné, pas moi. Où était l’équité légendaire de St Marie ? Mon impunité était sérieusement remise en cause par les élèves qui maintenant faisaient bloc.

En fin d’après-midi, nous fûmes informés par Sœur Thérèse qui nous faisait cours à ce moment-là, que nous étions attendus dans l’auditorium. Sœur Thérèse nous fit mettre en rang à la sortie de la classe et comme j’hésitais à suivre elle m’apostropha :

« Vous également Axel, vous êtes attendu comme tous les élèves. »

Je n’osais pas argumenter de mon statut différent, d’autant plus que j’étais curieux de savoir ce qui pouvait y être annoncé avec un aussi grand mystère. En rang bien aligné, nous suivîmes Sœur Thérèse. Nous fûmes vite rejoins par les autres classes qui prenaient le même chemin que nous. Les professeurs nous firent asseoir par classe sur les rangs de l’auditorium.

Chaque professeur s’installa en bout de rang. Sœur Thérèse nous prévint qu’elle ne tolèrerait pas le plus petit bavardage ni le moindre murmure. Apparemment, les autres professeurs avaient fait la même chose, car c’était un auditorium parfaitement silencieux qui attendait la suite des événements. La dernière classe entrée et installé, les portes furent fermées.

Sœur Marie Joseph monta sur la scène de cette salle qui était agencée en salle de conférence. Il y avait une tribune et des gradins en demi-cercle et en espalier. Nous avions tous une bonne vue sur la scène sur laquelle se tenait maintenant la directrice. Celle-ci fit lentement du regard le tour de l’assemblée. Lorsque son regard passa sur moi, ou que je crus que son regard passait sur moi, j’eus un frisson dans le dos. Son regard était glacial.

« Cette semaine, il s’est passé un événement unique dans l’histoire de notre grande maison. Avec le Conseil des Professeurs, nous nous sommes dit que nous ne pouvions traiter la question que cela pose sans une certaine solennité. C’est pourquoi nous avons décidé de réunir l’ensemble des élèves et des professeurs ce soir. »

Sœur Marie Joseph avait capté l’attention de chacune des personnes présentes dans la salle. De quel événement pouvait-il s’agir ? Je vis quelques élèves des classes de terminales jeter quelques regards inquiets à certains de leurs camarades.

« Ce matin, en entrant dans mon bureau, j’ai trouvé une enveloppe glissée sous la porte. Cette enveloppe. »

Sœur Marie Joseph brandissait une enveloppe banale qui, visiblement, contenait des feuillets. Je vis pâlir Sylvie qui était à côté de moi.

« Je l’ai donc ouverte, curieuse de connaitre la contenu d’une enveloppe qui m’avait été remise d’une si singulière façon. J’y ai trouvé les feuilles que voici. »

Sœur Marie Joseph, théâtralement, sortit le contenu de l’enveloppe.

« Je vous en lit le contenu : »

Nous, élèves des terminales de St Marie, revendiquons que dorénavant, qu’il soit interdit de donner la fessée aux élèves de terminale. Dans le cas où une punition s’impose, qu’elle ne soit pas donnée la culotte baissée, mais seulement la jupe relevée ou le pantalon baissé. Mais s’il est estimé, qu’il faut baisser la culotte, que cela se fasse en privé.

« S’en suit, continua Sœur Marie Joseph, une liste de noms et de signatures. »

Elle ménageait ses effets, laissant bien pénétrer toutes ces paroles dans les cerveaux qu’elle avait en face d’elle.

« Ce sont les élèves de terminale, des six terminales de St Marie, qui ont porté leur signature sur cette … pétition, puisqu’il s’agit bien d’une pétition. Dans certaines classes, tous les élèves ont signé, il n’en manque pas un. Dans d’autres il en manque quelques-uns. Certains étaient sans doute absents au moment où il s’est agi de porter son paraphe sur la pétition. Ceux-là ont eu de la chance. D’autres n’ont pas voulu signer, ceux-là ont eu du flair. »

Sœur Marie Joseph regardait vers nos rangs et la plupart de mes voisins n’en menait pas large.

« Vous noterez, jeunes gens des autres classes, que la suppression de la fessée ne vous concernait pas. C’est, en quelque sorte, une revendication corporatiste. »

Il y eut quelques murmures dans la salle que les professeurs réprimèrent d’un simple claquement des mains.

« Nous avons donc là un groupe d’élèves qui considère qu’il peut exiger des choses de la part des adultes encadrant notre établissement. C’est inadmissible ! »

Sœur Marie Joseph avait fait monter le ton de sa voix, faisant sursauter un grand nombre d’entre nous.

« Nous n’accepterons jamais, à St Marie, que des élèves s’occupent de ce qui ne les regarde pas et qu’ils veuillent donner des leçons à leurs aînés. C’est une insolence que nous ne laisserons pas impunie. »

Il commençait à être question de punition. Les élèves qui avaient commis cette imprudence voyaient de plus en plus nettement là où elle les conduisait.

« Demain, chaque signataire de la pétition sera donc fessé. Par groupe de trois ou quatre, à chaque début de cours, il leur sera administré une magistrale correction. Nous irons ainsi jusqu’à ce tous y soient passés. Cela devrait être fait dans la journée. »

Des grimaces accompagnèrent cette déclaration. Chacun sentait déjà sur ses fesses, la morsure de la règle.

« Toutefois, nous avons décidé de donner un caractère solennel pour clore cet événement, afin que dans la mémoire de St Marie, il soit clair que ce genre de chose ne puisse plus se produire. »

Accoler les notions de punition et de solennel faisait craindre le pire.

« Deux élèves de chaque classe concernée vont être fessés dès ce soir. Ils recevront ensuite une fessée pendant chaque récréation pendant une semaine. Vous savez que dans ces cas-là, c’est Sœur Marie Hortense qui s’en charge munie de sa lanière de cuir. Vous avez tous pu en voir les effets. »

Autour de moi, chaque pétitionnaire priait pour qu’il ne soit pas de ceux-là.

« Reste à déterminer qui va faire partie des heureux élus. Nous avons deux façons de la faire. Soit deux des meneurs de chaque classe se dénoncent. C’est alors eux qui recevront la punition, soit nous tirons au sort. Je vais laisser trente secondes aux meneurs pour ce dénoncer, après nous laisserons le hasard décider. »

Sœur Marie Joseph prit une montre sur une petite table et la regarda fixement. Ces trente secondes à attendre dans le silence de l’auditorium parurent une heure. Tous les élèves pétitionnaires baissaient la tête pour éviter de croise le regard de leur voisin.

« Trente secondes, annonça la directrice. Nous sommes au bout. Alors ? Pas de responsable qui se dénonce ? »

Elle laissa un court moment de réflexion.

« Nous procéderons donc à un tirage au sort. Sœur Marie Madeleine, s’il vous plait, pouvez-vous installer ce dont nous avons besoin ? »

Aidée de quelques professeurs, Sœur Marie Madeleine plaça douze chaises alignées sur l’estrade. Elle y posa douze règles plates en bois.

« Chaque professeur principal de chaque terminale dispose d’une boite dans laquelle il y a les noms de tous les pétitionnaires. Il va tirer deux noms au hasard. Mes Sœurs, si vous voulez bien procéder. »

Sœur Thérèse et cinq autres professeurs montèrent sur l’estrade. Ils y récupérèrent une boite au nom de leur classe. Sœur Thérèse fut la première à tirer deux papiers. Elle les déplia et annonça :

« Pauline et Antony !

– Pauline et Antony, veuillez rejoindre l’estrade, s’il vous plait, ordonna Sœur Marie Joseph. »

Les deux élèves désignés se levèrent, blancs comme un linge, et se dirigèrent lentement vers le devant de la salle.

« Venez ici, Pauline, commanda Sœur Thérèse.

– Et vous ici, Antony, poursuivit Sœur Marie Véronique qui s’était assise sur la chaise qui jouxtait celle de Sœur Thérèse. »

Les deux élèves se placèrent debout devant leur futures correctrices. Il fut procédé ainsi pour chacune des six classes. Il fallut quelques minutes pour que soient alignées douze professeures assises sur leur chaise et tenant en main chacun une règle. Devant elles se tenaient douze élèves dont certains pleuraient déjà.

« Jeunes gens, préparez-vous ! »

Les garçons baissèrent leur pantalon, les filles soulevèrent leur jupe. Les culottes de coton blanc des uniformes de St Marie apparurent presque toutes en même temps.

« Approchez-vous de vos professeures ! »

Chacun fit le pas qui le séparait encore du lieu de sa fessée.

« Je crois qu’il est temps, mes Sœurs, de déculotter ces vauriens ! »

Dans un bel ensemble, les douze culottes furent abaissées en même temps.

« En position ! »

Chaque enseignante coucha sur ses genoux l’élève dont elle devait s’occuper. Elles ajustèrent leur positon.

« Mes Sœurs, il est temps de corriger ces jeunes gens ! Faites en sorte que ce soit la plus belle fessée de leur vie ! »

Les douze règles se levèrent en même temps et retombèrent sur les fesses nues en un bel ensemble. Il y eut douze cris presque simultanés. Là s’arrêta la synchronisation. Les enseignantes s’étaient probablement concertées pour faire pleuvoir une grêle de coups très rapides sur les postérieurs des punis. Cette avalanche dura un bon moment. C’était à qui appliquerait le plus rapidement possible la règle sur les fesses offertes à la punition. Chacune des religieuse prit son rythme propre et bientôt les bruits que faisaient chaque règle sur les fesses des punis su chevauchèrent, se répondirent, se décalèrent. C’était un véritable orage de coups de règle sur les fesses qui tombait à St Marie.

Je n’avais jamais vu de fesses rougir aussi vite. Quelques instants suffirent pour que les douze postérieurs soient écarlates. De là où j’étais, j’avais l’impression de sentir la chaleur qui en émanait. En tout premier, ce fut le sommet des fesses de chaque élève qui fut la cible de son professeur. Puis, les enseignantes descendirent méthodiquement pour finir sur le haut des cuisses.

Chaque élève réagit avec son tempérament, indépendamment d’être une fille ou un garçon. Certains se mirent à pleurer tout de suite, d’autres supplièrent et crièrent longtemps avec de rejoindre les premiers. Tous tressaillaient quand la règle frappait leurs fesses, mais certains restaient plutôt passifs, tandis que d’autres remuaient dans tous les sens sur les genoux de leur fesseuse. Pas un d’entre eux ne chercha à interposer sa main, pas un d’entre eux ne tenta de quitter la position allongée dans laquelle on l’avait placé.

Enfin, Sœur Marie Joseph donna le signal de fin de la fessée.

Pas un des élèves n’essaya de se lever. Les religieuses les laissèrent sur leurs genoux en attendant que les flots de larmes se tarissent un peu. Puis, un par un, ils se levèrent. Chaque enseignante accompagna jusqu’au mur où chacun dut y placer son nez et mettre ses mains sur la tête. Le contraste entre la couleur du bas de leurs cuisses qui n’avait pas été fessé, et le haut des cuisses ainsi que des fesses, était saisissant. L’alignement des douze derrières nus en renf o r ç a i t encore l’impression.

« J’espère, reprit Sœur Marie Joseph, que cette leçon sera profitable pour tout le monde. »

Elle fit encore une fois, de son regard, le tour de la salle. Elle ne lut aucune volonté de rébellion dans les yeux des e n f a n t s qui lui faisaient face, particulièrement dans les rangs des terminales.

« Je crois que le message que nous voulions faire passer a été compris. Mes Sœurs, pouvez-vous faire sortir chaque classe, sauf les terminales ! »

Aucun élève, quel que soit son âge, n’avait envie de se faire remarquer après une telle séance de fessée. La sortie de fit dans un silence total. Nous restâmes, nous les terminales, seuls face à Sœur Marie Joseph et nos deux professeures. Pas un d’entre nous ne bougeait, pas un d’entre nous de faisait le moindre bruit. Chacun retenait sa respiration au maximum.

« Ce genre de plaisanteries, dit Sœur Marie Joseph en brandissant la pétition, c’est terminé. Par contre, votre punition ne l’est pas. Demain, vous recevrez chacun une correction équivalente à celles que viennent de recevoir vos camarades. Rappelez-vous que la semaine de fessée pendant la récréation qu’ils vont endurer, ils la recevront par procuration. Ces fessées vous sont également destinées. Je veux tous vous voir, à chaque récréation, assister à la fessée de vos condisciples. Et je tiens à ce que vous n’en perdiez pas une miette, vos professeures et moi y veilleront. Gare à celui qui oserait s’y soustraire ! »

Sœur Marie Joseph n’était pas une personne avec qui on aurait plaisanté spontanément, du moins quand on était élève à St Marie. Ses colères étaient impressionnantes. J’espérais ne pas avoir à en subir d’autres et encore moins en être le destinataire direct. Nous étions tous des e n f a n t s grondés par une grande personne dont l’autorité ne se contestait pas.

« Le premier qui fera de nouveau allusion à cette pétition aura affaire à moi. Et si j’entends un seul d’entre vous se plaindre de la correction qu’il va recevoir demain, je double la punition pour tout le monde. »

Elle balaya de ses yeux le groupe d’élèves devant elle.

« Les punis, reculottez-vous ! Sortez tous, je ne veux plus vous voir ! »

Une fessée promise est une fessée due. Cela aurait pu être la maxime de St Marie. Nous avions cours avec Sœur Thérèse pour la première heure de classe du lendemain. Elle choisit quatre élèves parmi ceux dont le nom était sur la pétition. Ils furent déculottés et fessés avec la règle, jusqu’à ce que leur postérieur soit aussi cramoisi que ceux de leurs camarades la veille. Les quatre punis passèrent la totalité de l’heure au piquet. Même au bout de tout ce temps, leurs fesses n’avaient pas repris leur couleur d’origine.

La même scène se reproduisit avec notre professeure d’Anglais en deuxième heure. Quatre autres élèves exposèrent leurs fesses à l’ensemble de la classe toute une heure durant, d’abord pour recevoir la fessée et ensuite en se tenant le nez contre le mur.

Il y eut ensuite la récréation. Pauline et Antony s’alignèrent au piquet sous le préau à côté des six autres élèves qui étaient déjà installés. Les quatre derniers les suivirent de près. Tous les élèves des terminales s’alignèrent contemplant leurs camarades. Sœur Marie Hortense fit son apparition.

« Préparez-vous ! »

Chacun dégagea la vue sur sa culotte, qui en baissant son pantalon, qui en soulevant sa jupe. Sœur Marie Hortense fit le tour des punis pour les déculotter. Alors, elle alla quérir son instrument punitif. Elle courba sous son bras l’élève le plus proche d’elle et la lanière entra en jeu. Elle claqua les fesses du garçon qu’elle ceinturait de son bras gauche, jusqu’à ce que ses fesses reprennent la couleur qu’elles avaient en sortant de l’auditorium le soir d’avant. Le jeune adulte qui devait avoir bien plus de vingt ans trépignait sur place et pleurait tant que dura la punition. Son empressement à retourner au piquet montrait son soulagement d’avoir passé cette première phase de son long châtiment.

Sœur Marie Hortense immobilisa sous son bras chacun des onze autres punis. Elle appliqua la lanière de cuir sur leurs fesses avec un sens de l’équité assez remarquable. Chacun finit en larmes, les fesses écarlates.

Il y eut beaucoup de grimaces de commisération parmi les spectateurs dont la plupart avaient pâlis au spectacle des fessées. Certains portaient la main à leurs fesses en un geste dérisoire de protection.

La récréation était proche de sa fin lorsque la fessée du dernier élève prit fin. C’était ce qui nous attendait à chaque récréation pendant une semaine. Les professeurs qui donnaient cours pendant l’heure qui suivait, vinrent récupérer les punis. Ils passèrent leur main sur les fesses de leurs élèves pour en estimer la cuisson, avant de les autoriser à se reculotter.

A la fin de la troisième récréation, donc après la troisième fouettée qu’avaient reçue les douze punis, les enseignantes qui vinrent les récupérer, les courbèrent sous leur bras. J’ai cru un instant qu’elles avaient l’intention de les fesser de nouveau. Chaque professeur sorti de sa poche un tube de crème et l’étala sur les fesses qui étaient à sa disposition. Au contact de la main, la grande majorité des punis se remit à pleurer. Le massage adoucit la brûlure ressentie sur les fesses et les s a n g lots s’éteignirent assez vite.

La journée terminée, chacun avait reçu une fessée, une fessée magistrale si on excepte Pauline et Antony qui avait été fessés trois fois. Dans ma classe tout le monde avait signé la pétition en un élan de solidarité que certains devaient regretter maintenant, surtout qu’il faudrait d’ici le lendemain faire signer son carnet à ses parents, à son tuteur ou à la maîtresse d’internat. Cette punition collective servirait de leçon à chacun et je n'imaginais pas, avant longtemps, une nouvelle tentative de contestation des méthodes de St Marie. Je me sentais solidaire de tous ces jeunes gens qui avaient été copieusement corrigés.

C’était ainsi que je voyais la situation. Mes condisciples me mirent devant une toute autre réalité dès la sortie du dernier cours.

« On a tous eu la fessée, sauf lui ! »

Laura qui venait de parler suffisamment fort pour être entendue de toute la classe, me montrait du doigt.

« Alors que c’est à cause de lui que nous avons fait la pétition ! »

Je m’apprêtais à protester mais je fus devancé par une autre voix.

« Laissons-le, il n’en vaut pas la peine. Il n’a même pas le courage d’écrire qu’il faut supprimer la fessée. Il n’a pas non plus protesté contre cette punition. Il aurait pu, c’était le seul qui ne risquait rien. »

Tous me tournèrent le dos, me laissant seul dans le couloir.

Axel, consultant à St Marie - chapitre 11

Le lendemain, les fessées administrées pendant les récréations aux douze punis continuèrent. Au moment de retourner en cours, chaque professeur, avant de les autoriser à se reculotter, leur passait une crème sur les fesses. Malgré cela, leur postérieur portait maintenant des traces d’une récréation à l’autre.

Les cours se tenaient dans une ambiance tendue. Les enseignantes avaient la main leste et le moindre écart était un prétexte suffisant pour une punition. Pauline et Antony furent épargnés mais leurs camarades furent fessés pour des motifs qui auraient pu ne leur valoir qu’une sévère réprimande en d’autres circonstances. Pourtant, tous les élèves faisaient profil bas, cherchant à se faire oublier.

Tout le monde me battait froid. J’avais indisposé les professeurs avec mon attitude et ils ne me parlaient que lorsque c’était absolument nécessaire. Les élèves faisaient maintenant la même chose. Je me sentais un peu isolé et j’hésitais entre faire contre mauvaise fortune bon cœur en finissant cette étude au plus vite et passer à autre chose, ou regagner l’estime de tous. La deuxième solution avait ma préférence.

Je n’osais pas me l’avouer ouvertement, mais je n’envisageais pas, sans un sentiment désagréable, de tourner le dos à l’attention dont je bénéficiais de la part de Sœur Gabrielle. La proximité de ma professeure d’éducation physique pouvait se révéler douloureuse, mais elle m’obligeait à faire des efforts dont je me savais incapable seul, sans une autorité ferme.

Je préférai donc rester à St Marie, mais il me fallait retrouver l’estime d’au moins quelques personnes. Je ne me voyais pas vivre deux mois encore dans une hostilité générale ou encore pire dans de l’indifférence.

J’en étais là dans mon introspection quand je regagnais ma chambre à St Marie, juste après le dîner que j’avais passé, isolé en bout de la table des professeurs. Aucun d'entre eux ne m’avait adressé la parole. Je me préparais à passer une soirée à m’apitoyer sur mon sort. Je n’avais pas l’envie de travailler.

Soudain je sentis une présence derrière moi. Allongé sur mon lit, sans même avoir ôté mes souliers, je tournais le dos à la porte. Surpris par cette intrusion, je sursautais. C’était Sœur Gabrielle qui était entrée dans ma chambre sans frapper. Je m’apprêtais à protester mais je me rappelais à temps qui elle était.

« C’est pire que ce que l’on m’avait dit ! »

Tout en m’ignorant, elle faisait des yeux le tour de ma chambre. Elle se baissa et ramassa, entre deux doigts, une culotte sale qui trainait par terre.

« Elégant ! fit-elle. »

Elle avança un peu plus dans ma chambre et ouvrit l’armoire. Je n’avais pas vraiment pris le temps d’y ranger mes vêtements. Ils y étaient entassés dans un désordre évident.

« Je vois ! rajouta-t-elle. »

Je ne savais pas quelle contenance prendre. Seul dans ma chambre, ce capharnaüm ne me posait aucun problème. Maintenant qu’une autre personne y était entré, il semblait déplacé, tout à fait décalé avec ce qu’aurait dû être la chambre d’un adulte dans un établissement aussi structuré que St Marie. Ma chambre devait être le seul espace de désordre de toute l’école. J’avais bien songé à la ranger plus d’une fois, mais je n’étais jamais passé à l’acte.

Face à Sœur Gabrielle et conscient de l’autorité dont elle disposait à mon égard, je me sentis immédiatement coupable de ce manquement. Son attitude m’y aidait. Elle se livrait à un examen de tous les recoins de ma chambre, inspectant ce qui se trouvait dans tous les tiroirs et dans chaque placard, sans me demander l’autorisation de pénétrer ainsi dans dans mon espace intime.

Cela me ramenait vingt ans en arrière quand ma mère se décidait à m’imposer un minimum d’ordre, ce qui arrivait après une longue période de laisser-faire. Ma chambre d’alors ressemblait à s’y méprendre à celle d’aujourd’hui. Ma mère s’immisçait alors dans mon espace intime. C’était l’une de ses rares intrusions dans mon espace privé. Je les subissais comme un mal nécessaire. Afin de faire taire ses jérémiades, je remettais le minimum d’ordre nécessaire. Une semaine plus tard, ma chambre était de nouveau dans son état habituel.

Sœur Gabrielle avait pris des postures qui me rappelait ce temps de mon e n f a n c e , comme une sorte de figure maternelle qui avait le droit et le devoir de contrôler ce que faisait son petit garçon, y compris dans ses espaces les plus personnels. A la différence de la mienne, Sœur Gabrielle savait sévir. Cela me rendait prudent quant à l’attitude à adopter.

« Sœur Marie Madeleine est venue vérifier comment vous entreteniez votre chambre. Vous vous y étiez engagé auprès de Sœur Marie Joseph quand elle vous a permis d’occuper cette chambre. En fait, plusieurs professeurs qui résident à côté de vous avaient émis des doutes quant à votre assiduité aux tâches ménagères nécessaires pour que votre chambre ressemble à un espace civilisé. »

Son ton ne laissait aucun doute. Elle me grondait pour mon irresponsabilité et pour mon incapacité à tenir mes engagements.

« Je ne vous laisserais pas transformer cette chambre en porcherie ! »

Elle s’était approchée de moi et j’étais tétanisé par les conséquences de mon insouciance. Sœur Gabrielle me prit l’oreille dans un pinçon qui ne me laissa pas le choix. Je la suivis dans la salle de bain attenante à ma chambre.

« Evidemment ici ce n’est pas mieux ! »

Je devais reconnaitre qu’elle avait raison.

« Depuis combien de temps n’avez-vous pas fait le ménage dans cette salle de bain ?

– Aïe, je ne sais pas, je ne me rappelle plus.

– Vous ne vous rappelez plus alors que cela ne fait que trois semaines que vous occupez cette chambre. »

Je n’y attendais, mais cela me prit malgré tout par surprise. Sœur Gabrielle me donna une claque sur les fesses. Mon pantalon protégeait mon postérieur, cela ne me fit pas grand mal. Je sentis tout de même sa main à travers le tissu qui recouvrait mes fesses. Je pris cela comme le prélude à quelque chose de plus sérieux.

« Ne serait-ce pas plutôt que vous ne vous en êtes jamais occupé ? »

Toujours tenu par l’oreille, Sœur Gabrielle me ramena dans ma chambre. Elle s’assit sur mon lit et me rapprocha d’elle entre ses jambes. Elle déboucla ma ceinture.

« Non, non, pardon, je vais ranger, je vais nettoyer.

– Je n’en doute pas. Après la fessée que je vais vous donner, vous allez me remettre cette chambre en état, mais d’abord vous avez mérité une bonne punition. »

Elle s’attaqua au bouton de mon pantalon. Je mis mes mains pour l’en empêcher.

« Non, s’il vous plait. »

Sœur Gabrielle tendit son doigt vers moi en une menace qu’il ne fallait pas négliger.

« Vous me laissez vous déculotter. Il est hors de question que vous vous y opposiez. Si je vous donne la fessée, c’est pour votre bien, afin que vous compreniez que votre comportement de petit garçon n’est pas admissible. Regardez-moi l’état dans lequel vous avez mis votre chambre en moins de trois semaines. C’est une honte. Vous avez besoin de cette punition pour vous souvenir de garder votre chambre rangée et propre. Si je vous baisse la culotte, c’est parce que vous vous êtes comporté comme un petit garçon. Vous devez donc être puni comme le petit e n f a n t que vous êtes dans votre tête. »

Sœur Gabrielle parlait avec fermeté plus qu’avec colère. Son ton devint subitement plus menaçant :

« A St Marie, empêcher un professeur de vous déculotter, cela entraîne automatiquement une autre fessée. Je ne le répéterai pas une autre fois : enlevez vos mains ! »

Je ne pus pas faire autrement. J’écartais mes mains. Sœur Gabrielle déboutonna mon pantalon et le descendit sur mes chevilles. Puis ma culotte prit le même chemin. Alors elle me courba sur sa cuisse gauche et elle me plaqua conte sa hanche. Ses genoux se refermèrent sur mes jambes. Je n’avais plus que le bras droit qui était encore libre de ses mouvements.

« Je vais vous fesser très sérieusement. A la fin, vous aurez les fesses toutes brûlantes. C’est normal, c’est le but de toute fessée. Vous pouvez pleurer, supplier, crier, gigoter sur mon genou tant que vous voudrez. N’essayez pas de rester stoïque, vous n’y arriverez pas. Laissez-vous aller, profitez de la punition pour prendre conscience que vous ne devez plus faire la bêtise qui l’a provoquée. »

Je gisais sans bouger, sans chercher à me défaire de l’emprise de Sœur Gabrielle. J’avais déjà renoncé. Je savais que quoi que je fasse, je recevrai cette fessée. Je l’attendais, la peur au ventre, tout en sachant qu’elle était méritée et que Sœur Gabrielle me punissait fort justement.

« Je ne veux pas vous voir essayer de me gêner dans l’administration de votre correction. Je vais vous y aider en vous maintenant en position. Vous avez cependant une main de libre, elle ne doit pas venir protéger vos fesses ? Est-ce compris ?

– Oui, ma Sœur.

– Vous recevrez d’autres fessées. Je ne crois pas qu’une seule suffira pour rectifier toutes vos mauvaises habitudes. Dorénavant, je veux vous voir obéir durant ces corrections, autrement, je sévirai de façon beaucoup plus sévère. Avez-vous entendu ?

– Oui, ma Sœur.

– Bon, alors allons-y ! »

Le nez dans la couverture de mon lit, je ne vis pas venir la première fessée. Je l’attendais, les fesses crispées. La douleur explosa sur mon postérieur. Je lâchais un cri. Je n’eus pas le temps de me rassembler ma volonté pour résister à la seconde, elle arriva trop vite avec sa déflagration provoquant une brûlure sur mes fesses. Mon cri finit en un premier s a n g lot. Après, je ne me souviens plus, ou plutôt je ne me souviens que de la cuisson grandissante sur mes fesses. Je crois que j’ai pleuré tout au long de la fessée. Je ne sais plus si j’ai supplié, si j’ai battu l’air de mes pieds. Je sais que je n’ai même pas songé un seul instant à couvrir mes fesses avec ma main libre.

Quand je repris le contrôle de ce que je faisais, la fessée avait cessé. Sœur Gabrielle passait sa main doucement sur mes fesses.

« Là, là, … c’est bien, tu as pris ta fessée comme un grand garçon. Continue de pleurer, jusqu’au bout. Ça fait du bien de pleurer après avoir reçu une bonne fessée. »

La main de Sœur Gabrielle, celle qui m’avait si rudement châtié, se faisait maintenant toute douce pour caresser mes fesses. Le contraste entre la cuisson vive de ma peau et la douceur de la main me donnait des frissons. Je ne notais pas clairement qu’elle était passée au tutoiement. Elle parlait maintenant au petit e n f a n t qu’elle venait de punir. Cela donnait un caractère familial à la correction que je venais de subir.

Sœur Gabrielle ne me maintenait plus en place. Ses genoux avaient relâché leur pression sur mes jambes et son bras était posé contre mon flanc, me serrant tranquillement contre elle. Elle me laissa ainsi un petit moment, le temps que mes s a n g lots s’apaisent. Je ne bougeais pas de la position dans laquelle elle m’avait mis, bien que mes fesses nues soient sous son regard et mes fesses toujours à portée de sa main.

Plus de bouffées de pudeur comme quand Sœur Gabrielle m’avait déculotté. En me fessant, elle s’était frayé un chemin au cœur même de mon intimité. Je n’étais plus préoccupé par son regard se posant sur les parties habituellement cachées de mon corps. Je concentrais mon énergie à absorber la cuisson qui émanait de mes fesses et à obéir le plus attentivement possible à ses ordres. Elle ne m’avait pas autorisé à me lever, il était donc normal que je reste à plat ventre sur son genou aussi longtemps qu’elle le déciderait.

« Voilà une bonne fessée qui va te faire beaucoup de bien, n’est-ce pas ? »

Je ne savais pas quoi répondre. Je ne voulais pas contrarier Sœur Gabrielle mais la fessée qu’elle m’avait donnée n’avait pas fait de bien à mon postérieur.

« La fessée t’a-t-elle rendu muet ? »

Elle tapota mes fesses un peu plus sèchement. Sur la peau enflammée, cela se sentit aussitôt. Il était temps de répondre avant d’avoir mérité une nouvelle correction.

« Non, ma Sœur. »

Se tapotements se transformèrent en caresses.

« A St Marie, quand un professeur pose une question à un élève, c’est qu’il attend une réponse. C’est très impoli de faire comme si on n’avait pas entendu. Cela mérite une fessée. Je ne te la donnerai pas cette fois-ci, mais tu as encore beaucoup de choses à apprendre sur les règles à St Marie.

– Mais, je ne suis pas un élève !

– Pas très loin. Ton comportement se rapproche le plus souvent de celui de nos pensionnaires. Regarde comment je suis obligé de vérifier que tu te laves ou que tu ranges ta chambre. Ce ne sont pas des façons de faire d’adulte. »

Que pouvais-je répondre à cela ? La position disciplinaire dans laquelle j’étais et la couleur de mes fesses confirmaient les dires de la religieuse.

« Pour ma part, je te considère comme un gamin insouciant des conséquences de ses actes et incapable de se contraindre à respecter les règles élémentaires de la vie d’adulte. Je pense que tu vas bénéficier grandement d’être traité comme un e n f a n t . Je me demande même s’il ne faudrait pas qu’officiellement ton statut change. Ce serait plus clair pour tout le monde, y compris pour toi. »

Je frissonnais à cette perspective, mais je reconnaissais la pertinence du raisonnement de Sœur Gabrielle.

« Dorénavant, je vais te surveiller. Je sévirai à chaque fois que ce sera nécessaire. Sache bien que si cela s’impose, je n’hésiterai pas à te déculotter et à te fesser en public. Est-ce bien compris ?

–Oui, ma Sœur. »

Je ne voulais pas être de nouveau taxé d’impolitesse, ma réponse avait fusé. J’étais maintenant sous le contrôle vigilant de Sœur Gabrielle et j’en connaissais les conséquences. Bien qu’elle ne m’ait pas vraiment demandé mon accord, j’avais admis la pertinence de la situation.

« Reprenons où nous en étions ! Je te disais que cette fessée te fera beaucoup de bien, qu’en penses-tu ?

– Je ne sais pas ma Sœur.

– Bien sûr, je serai surprise que cela ait fait du bien à tes fesses. Par contre, dans ta tête, je pense que tu as appris une chose importante. »

De son doigt, elle toquait sur l’arrière de ma tête.

« Désormais, plutôt que de laisser traîner une culotte sale ou de jeter un papier par terre, tu préféreras faire l’effort de ranger tout cela plutôt que de risquer une fessée. D’autant plus que si, une autre fois, je retrouve ta chambre dans le même état qu’aujourd’hui, tu recevras une fessée, mais bien plus sévère que celle que je viens de te donner. »

La menace de Sœur Gabrielle donnait à réfléchir.

« En parlant de l’état de ta chambre, il est temps que tu t’y mettes ! Ce soir tu vas la ranger correctement. Comme je ne veux pas que tu te couches trop tard, nous en resterons là pour ce soir. Demain, tu t’occuperas de faire le ménage. »

Elle me fit glisser de sur sa cuisse et je tombais à genoux entre ses pieds. Elle prit mon menton dans sa main et le releva jusqu’à ce que je la regarde droit dans les yeux.

Sœur Gabrielle passa en revue ce qu’elle attendait de moi pour ce soir : où mettre mes vêtements sales, l’ordre à remettre dans mon armoire, ce qu’il fallait suspendre sur des cintres, l’attention à porter à mon bureau, aux livres qui s’y trouvaient, mes affaires de toilette à réorganiser, … tout y passa.

« Jusqu’à ce que le rangement soit parfait, ta punition n’est pas terminée. Je veux que tu le gardes en mémoire. »

« Quand tu auras fini le rangement tu iras de mettre au coin. Je veux t’y trouver, immobile, bien sage, quand je reviendrai. »

Elle désigna du doigt un angle vide de la pièce.

« Je te donne une heure. Si à ce moment-là, le travail n’est pas parfaitement effectué, tu auras une autre fessée avant que je ne te mette au lit. »

Elle me donna une dernière claque appuyée sur les fesses.

« Reculotte-toi et au travail ! »

Je me retrouvais seul dans ma chambre un peu hébété. Tout d’abord, j’allais fermer la porte que Sœur Gabrielle avait laissée ouverte. Il valait mieux garder un peu de privauté. Je me rhabillais.

Je commençais par trouver un sac qui pouvait servir pour y stocker le linge sale. Je le remplis avec tous les vêtements que j’avais laissés un peu partout. Je fis le tour de ma chambre et de ma salle de bain pour ramasser tous les papiers. Ensuite mon armoire : trier, plier, ranger, suspendre. Mon bureau suivi : jeter ce qui devait l’être, aligner les livres sur l’étagère, classer par dossiers, ranger les tiroirs. J’y étais presque. L’armoire de toilette, suspendre le pyjama, étendre les serviettes …

Je fis une nouvelle fois le tour du petit espace qui m’était alloué, tout semblait en ordre. Je jetais un œil sous mon lit : plus rien ne trainait. Pris d’un doute, je vérifiais de nouveau mon armoire : tout était bien aligné.

« Bon, je ne vois plus quoi faire de plus. »

Il me restait vingt minutes. Les consignes de Sœur Gabrielle étaient claires : le coin. J’hésitais un instant à m’y mettre tout de suite : j’avais le temps.

J’entendis alors la voix de Sœur Gabrielle qui grondait dans la chambre d’à côté. Le son était étouffé par la cloison, mais il n’y avait pas de doute. C’est Mathilde qui l’occupait. Elle était professeure de mathématique pour les quatrièmes et les troisièmes. Elle faisait partie de la poignée de professeurs qui n’était pas des religieuses. Nous avions échangé rapidement les premiers jours de mon arrivée et elle m’avait expliqué qu’elle avait fait toute sa scolarité à St Marie. C’était donc tout naturellement qu’elle y avait postulé comme enseignante, cela faisait trois ans. Elle n’avait pas encore trente ans et elle m’expliqua qu’elle avait une grande autorité sur ses élèves qui l’adoraient. Nous n’avions pas abordé la question de la fessée, mais je ne voyais pas comment elle aurait pu se dispenser de l’administrer à ses élèves. Sœur Marie Joseph ne l’aurait certainement pas admis.

Bientôt, la voix de Sœur Gabrielle fut accompagnée par un bruit cadencé. Je reconnus le bruit que faisait une main nue sur des fesses nues. Cela me fut confirmé par des cris et des pleurs qui provenaient du même endroit. Ils étaient atténués, mais il n’y avait pas à se tromper. Mathilde recevait une fessée déculottée.

Je réalisais alors que si je pouvais entendre la fessée de Mathilde, elle avait f o r c é ment entendu la mienne, d’autant plus que je ne m’étais pas privé d’extérioriser ma douleur. Qui d’autre était maintenant au courant du traitement que me réservait Sœur Gabrielle ? Les autres professeurs ? Nous partagions l’étage avec cinq autres enseignants. Certes, seule la chambre Mathilde avait une cloison contigüe à la mienne, mais je ne mesurais pas jusqu’où le bruit d’une fessée pouvait être entendu. De plus, s’il était habituel que Sœur Gabrielle fesse certains professeurs comme elle le faisait pour Mathilde ou moi, chacun devait savoir ce qui se passait quand elle entrait dans la chambre de l’un d’eux. Le son de la fessée à travers les cloisons ne servait qu’à le confirmer.

Qui d’autre était soumis à cette discipline ? Certainement pas Madame Renard, le professeur de musique de toutes les classes du collège. Son âge et son rigorisme la mettaient certainement à l’abri des punitions de Sœur Gabrielle. Son double, Madame Leroy, professeure d’éducation physique des filles du lycée, bien qu’un peu plus jeune, ne devait pas non plus être soumise à un tel traitement. J’avais des doutes concernant deux professeures qui avaient environ quarante ans. Etaient-elles trop âgées pour recevoir la fessée ? Ici, à St Marie, tout était possible. Mathieu, le jeune professeur de français des petites classes qui était arrivé à la dernière rentrée et qui occupait la chambre en face de la mienne faisait un candidat potentiel à la fessée. Il semblait sérieux, ordonné, mais cela suffisait-il à lui épargner la fessée ? En tant que membre du groupe peu nombreux des professeurs masculin, il devait être surveillé par toutes ces religieuses.

La proximité de Sœur Gabrielle me décida. Elle pouvait surgir à tout moment et je devais alors être au coin. Je me dirigeais vers l’angle de la pièce tout en essayant de m’imaginer comment il fallait que je m’y prenne.

Devais-je baisser mon pantalon et ma culotte ? Tous les élèves de St Marie que j’avais vus au coin, y montraient leurs fesses nues. Devais-je faire pareil ? Je tergiversais, mais je n’arrivais pas à m’imaginer me déculotter moi-même pour me mettre au coin. Sœur Gabrielle ne l’avait pas demandé. En gardant mon pantalon et ma culotte à leur place, je ne désobéissais pas. Je résolus d’en prendre le risque, confiant dans le sens de la justice de Sœur Gabrielle.

Je plaçais donc mon nez dans le coin comme j’avais vu tant d’autres élèves le faire. Je n’avais plus aucune idée de ce qui se passait derrière moi. Je ne pouvais plus le deviner qu’en interprétant les bruits que je pouvais entendre. Le silence était presque complet. J’eus immédiatement un sentiment de solitude qui ne me quitta pas jusqu’à ce que je puisse quitter le lieu de ma pénitence.

Mes mains ne trouvaient pas non plus leur place. Devant moi ? Pas assez d’espace. Plaquées contre mes flancs de chaque côté de mon corps ? Je fis un effort de remémoration de ce que faisaient les élèves quand ils étaient au coin. Leurs bras étaient croisés dans leur dos. J’essayais cette position et elle me sembla la plus naturelle. Je l’adoptais.

Au début, rester immobile, me sembla facile. Je perdis rapidement la notion du temps. Depuis combien de temps étais-je là ? Combien de temps devais-je encore y rester. J’aurais pu regarder ma montre, mais cela voulait dire abandonner l’immobilité sans savoir si Sœur Gabrielle risquait de surgir dans l’instant. Je ne pouvais prendre ce risque. Bientôt, mes bras s’engourdirent. J’avais du mal à les garder dans mon dos.

« Encore combien de temps ? »

Je me mis à compter les secondes.

« Soixante, à peu près une minute. Cent-vingt. Deux minutes. Ne comptais-je pas trop vite ? Cela devait faire moins de temps. Je dois compter plus lentement. Cent-quatre-vingts, trois-cents. Cinq minutes de passées, on devait maintenant être près de la fin. Sœur Gabrielle devrait faire son apparition sous peu. Cinq-cents, plus de huit minutes. Ce n’est pas possible que cela dure autant de temps. Sœur Gabrielle m’a-t-elle oublié ? Six-cents. Dix minutes. Plus ce que je n’avais pas compté au début, ce n’était pas possible qu’il y faille encore attendre. »

Je commençais à avoir des crampes dans les cuisses. J’avais trop serré mes jambes. Doucement, discrètement, je les écartais en faisant glisser mes pieds sur le sol. Cela allait mieux.

« Zut ! J’avais perdu le compte. Combien de temps depuis six-cents ? Trente secondes ? Une minute ? Mettons trente secondes. Je recommence à compter. Cela fait six-cents-trente-et-un. »

Les crampes reprenaient. J’agrippais mes mains à ma chemise pour qu’elles ne tombassent pas.

« Neuf-cents ! Cela ne peut plus durer encore longtemps. »

Je devais contracter tous mes muscles pour rester en place. Au bout d’une minute, c’est pire. Je tentais alors de me détendre. C’était difficile, peu efficace.

« Il faut que je bouge, je ne peux plus tenir Non, je vais encore tenir une minute ! Vingt, vingt-et-un, … quarante-deux, quarante-trois, … cinquante-cinq, cinquante-six, cinquante-sept, cinquante-huit, cinquante-neuf, soixante ! »

Je m’apprêtais à renoncer quand j’entendis la porte s’ouvrir. Une personne que je ne voyais pas pénétra dans la pièce. Elle se déplaçait silencieusement mais j’entendais un glissement furtif de temps en temps. Puis le silence se fit. Un nouveau frôlement. J’entendis alors des pas se diriger vers moi.

Je fus saisi par l’oreille.

« Viens avec moi ! »

C’était bien Sœur Gabrielle, mais la façon dont elle m’entrainait avec elle n’était pas un bon signe. En quelques pas, nous fûmes dans la salle de bain.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Sœur Gabrielle me montrait le placard en dessous du lavabo. Elle l’avait ouvert, moi pas. Là j’avais mis ma poubelle de salle de bain. J’y jetais des papiers sales, des cotons usagés et différents emballages. En fait, ils atterrissaient bien souvent à côté de la poubelle, celle-ci n’ayant pas été vidée depuis que j’occupais la chambre. Il y avait donc sur le sol un entassement de déchets divers, à côté d’une poubelle pleine.

« Alors, répéta-t-elle ?

– Je … je … je …, pardon, ma Sœur, je n’ai pas vu, j’ai oublié. »

Sœur Gabrielle déboucla ma ceinture, puis déboutonna mon pantalon. Elle me courba sous son bras qui entourait ma taille. Elle fit descendre mon pantalon, puis ma culotte. Je la laissais faire, consterné d’avoir oublié de ranger un endroit aussi évident. J’avais bien mérité cette punition.

« Je n’accepterai jamais que tu fasses un travail à peu près. J’exige de toi un travail impeccable dans tous les domaines, y compris pour le rangement de ta chambre. Toute approximation se traduira par une fessée. »

Elle administra une grêle de claque sur mes fesses. Mon postérieur n’avait pas encore récupéré de la précédente punition. Si les rougeurs avaient disparues, il était encore sensible. La fessée se prolongea. J’avais renoncé depuis son début à rester stoïque. Les punitions de Sœur Gabrielle m’affectaient autant psychologiquement que physiquement. Il était plus simple de se rendre à l’évidence. La honte et la douleur combinées ne pouvaient que me conduire aux s a n g lots. Je ne sais pas si la fessée fut longue. Je ne sais pas si elle fut sévère. Mais elle raviva la cuisson qui avait embrasé mais fesses il y a une heure. Sœur Gabrielle eut rapidement un petit garçon sous son bras qui se soumettait à la fessée d’une grande personne et qui exprimait bruyamment l’efficacité de la punition.

Quand elle me relâcha, elle m’ordonna de remplir la poubelle avec tout ce que j’avais mis à côté, puis d’aller vider la poubelle dans le grand sac poubelle situé dans le placard à poubelles. Ce placard était au bout du couloir. Je devais donc passer devant toutes les chambres des professeurs pour y aller.

Je pris la poubelle et je commençais à remonter ma culotte.

« Je ne crois pas t’avoir autorisé à te reculotter.

– Mais, Sœur Gabrielle, le placard est dehors. Ma culotte est baissée, je ne peux pas y aller. On pourrait me voir.

– C’est exact. Je n’ai pas l’intention de garder secrètes les fessées que tu reçois. Tu es encore puni. Ce sera donc la culotte baissée. »

J’avançais jusqu’à la porte de ma chambre. J’hésitais à l’ouvrir sans savoir s’il y avait quelqu’un dans le couloir.

« Ça suffit toutes ces grimaces, gronda Sœur Gabrielle. »

Elle ouvrit la porte et je fus propulsé dans le couloir à l’aide d’une claque sur les fesses.

« Tu as besoin d’apprendre à obéir ! »

Je marchais le plus vite possible, ce qui n’est pas simple avec un pantalon et une culotte qui entoure vos chevilles. Je revenais aussi vite quand Sœur Gabrielle m’arrêta devant un placard.

« C’est là que se trouve tous les produits d’entretien dont tu auras besoin demain. Ouvre-le ! »

J’obéis, et je jetais un œil par-dessus mon épaule pour vérifier que personne n’empruntait le couloir. Cela me valut une autre série de claques sur les fesses.

« Pour l’instant, c’est le placard que tu regardes ! »

Nous passâmes là une bonne minute pendant que Sœur Gabrielle me montrait quels étaient les produits dont j’aurai à me servir.

« Rentre dans ta chambre ! »

Je retrouvais la relative sécurité de ma chambre. Je soufflais de soulagement. Nul ne m’avait vu dans une aussi indécente tenue. Sœur Gabrielle s’était assise sur mon lit et elle m’avait placé debout devant elle.

« Demain soir, expliqua-t-elle, dès que tu auras dîné, tu monteras dans ta chambre. Tu y feras le ménage à fond. Je ne veux plus y voir une seule poussière. Dès que tu auras fini, tu te mettras au coin comme ce soir et tu attendras que je vienne vérifier si le travail a été bien fait. Tu sais ce que tu risques si ce n’est pas le cas.

– Oui, ma Sœur.

– Bien, il est l’heure d’aller au lit ! »

Sœur Gabrielle se pencha et délaça mes chaussures, puis d’une petite claque sur la cuisse elle m’ordonna de lever le pied pour pouvoir me déchausser. Elle en profita pour ôter ma chaussette. Elle recommença alors avec l’autre pied. Elle s’accroupit alors devant moi.

« Lève le pied ! m’ordonna-t-elle en me donnant une petite tape sur la cuisse nue. »

J’obéis, mais je dus prendre appui sur son épaule pour maintenir mon équilibre. Elle m’ôta alors le pantalon et la culotte.

« L’autre ! »

Une petite tape sur l’autre cuisse et je fus débarrassé du pantalon et de la culotte. Elle déboutonna ma chemise et me l’enleva. Une petite claque sur les fesses et

« Va faire ta toilette : les dents, le visage et les mains. »

J’étais dans la salle de nains quand elle ajouta :

« N’oublie pas les oreilles ! »

Toujours nu comme un ver, je revins vers elle incertain de ce que je devais faire.

« Montre-moi ! »

Je me penchais pour qu’elle puisse examiner la propreté de mes oreilles.

« Ouvre la bouche ! »

Sœur Gabrielle fut satisfaite de mon brossage de dents.

« Tes mains ! »

Je les lui tendis.

« Il y a encore une trace de stylo-bille. Retourne les laver ! »

Je m’attendais à quelques claques sur les fesses, je ne fus pas déçu. Mes mains passèrent la deuxième inspection avec satisfecit. Sœur Gabrielle m’enfila mon pyjama, le haut en premier, puis le bas.

« Au lit ! ordonna-t-elle en ouvrant mes draps. »

J’eus une petite grimace en m’asseyant sur mon lit. Mes fesses étaient encore très sensibles.

« Tu peux dormir sur le ventre. C’est sans doute mieux pour ce soir »

J’obéis à Sœur Gabrielle qui me borda. Elle se pencha et déposa un bisou sur mon front.

« Dors bien, mon grand garçon ! Oh, ce soir pas de lecture ou d’autres activités au lit ! Je viendrai vérifier. »

Elle me fit une caresse sur la joue, essuya une larme sur ma joue, éteignit la lumière et me laissa dans la sécurité de mon lit. Étonnamment, j’étais détendu. Je m’endormis presque tout de suite.

Je ne sais pas si Sœur Gabrielle est revenue vérifier que je lui avais bien obéi. J’eus cependant la sensation d’un bisou et d’une caresse dans mon demi-sommeil.

JLG

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Publié il y a 7 mois
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